23 janvier 2008

Elle avait des bagues à chaque doigt...

Parce que j'ai terminé la bio de Truffaut il y a quelques jours. Parce que grâce à Arte j'ai enfin pu voir "Jules et Jim". Parce que Jeanne Moreau fête aujourd'hui son 80ème anniversaire.
Parce que je ne me lasserai jamais d'écouter cette chanson...

22 janvier 2008

Le jour le plus long

Aujourd'hui, la France et l'Allemagne fêtent la 5ème journée franco-allemande. Créée par Chirac et Schröder à l'occasion des 40 ans du Traité de l'Elysée, elle est sensée faire parler du pays voisin, de sa langue et de sa culture, et promouvoir les institutions franco-allemandes. Baignant de plus en plus dans le monde franco-allemand, j'ai cette année participé plein pot à cette longue, très longue journée.
Qui a commencé ce matin à 7h à l'école, pour préparer avec les élèves de 12ème une vente de spécialités françaises - crèpes, mousse au chocolat, gâteaux... Le tout accompagné de nappes et serviettes bleues blanches et rouges, sur un air d'accordéon. Un succès! Mais surtout un gros boulot...


Les héroïnes du jour, mes deux collègues prof de français: à gauche Katrin, à droite ma tutrice Annett.

... et les 12ème en plein travail.

La dernière heure de cours enfin terminée, je file direction l'institut français à Dresde. A 16h a lieu le vernissage de l'expo France-Saxe, préparée par des étudiants en français de la fac de Dresde. Une partie de l'expo était consacrée aux francophones vivant en Saxe, et, la communauté française n'étant pas grande, j'avais été contactée avant Noël par une étudiante pour une petite interview concernant l'expo. L'entretien s'était super bien passé et m'a permis de sympathiser avec Carola, l'étudiante en question. Elle m'avait donc logiquement invitée au vernissage, qui accueillait en gros toute la communauté franco-allemande de Dresde. Le moyen de revoir des visages un peu perdus de vue, et d'en rencontrer des nouveaux.

Le résultat de l'interview, que l'on pouvait aussi écouter...


En tout cas une super initiative, venant de deux profs de la fac de Dresde qui en ont eu assez des blablas et des propositions en l'air balancées chaque année depuis cinq ans à l'occasion. Ils ont eu envie de développer un vrai projet concret avec les étudiants... qui en ont bien bavé je crois, mais qui au final avaient l'air ravis du résultat. L'institut était plein à craquer et l'ambiance très sympa... chapeau Carola et les autres!

Enfin, dernier évènement sympa de la journée, l'édition spéciale de rencontres.de - notamment un extrait très drôle des meilleures bourdes commises en allemand ou en français par les membres de la rédaction... Vous voulez connaître la mienne?
Alors bonne lecture!

18 janvier 2008

Mach kein Fisimatenten!

Je viens de lire sur spiegelonline que les Instituts Goethe ont décidé de lancer un concours des meilleurs mots étrangers germanisés. Visiblement c'est la mode en ce moment de s'intéresser aux dérivations de la langue allemande (cf le prix de Duden décerné au pire mot allemand de l'année)... Et le Spiegel en a trouvé un que j'adore: l'expression "fisimatenten". Ca ne vous dit rien, et c'est normal.


Pourtant ce mot a une histoire assez marrante: lorsque ce cher petit Napoléon s'est mis en tête de conquérir l'Europe, il n'était pas tout seul: une armée de français était là pour combattre à ses côtés. Arrivés en Allemagne, beaucoup de soldats ressentirent le besoin d'assouvir quelques pulsions, leurs femmes étant bien loin d'eux. Les jeunes filles leipzigoises étaient donc pour eux une proie rêvée, que les soldats attiraient en leur proposant de "visiter ma tente". Les jeunes filles honteuses rentraient à la maison et se faisaient gronder par leurs mères, qui leur répétaient ensuite "Mach keine Fisimatenten!", en gros "ne fais pas de bétises!".

Voilà comment "visiter ma tente" est devenu "Fisimatenten": faire une grosse bétise...

16 janvier 2008

Berlinale!

C'est officiel donc j'ai le droit de le crier partout:
Je suis membre du jury "Dialogues en perspective / Perspektiv deutsches Kino" du festival du film de Berlin!!
C'est un jeune jury composé de 4 français et 3 allemands, ou l'inverse, qui récompense le film d'un jeune réalisateur à la fin du festival.
Après m'être arraché les cheveux sur une liste de questions du style "racontez un moment franco-allemand personnel", "rédigez une critique de "la vie des autres" ou encore "quel est votre scénariste favori?", j'ai passé un petit entretien téléphonique en allemand avec une jeune femme de TV5, qui co-organise le concours avec l'OFAJ.
Et qui m'a écrit aujourd'hui pour m'annoncer la bonne nouvelle.

Le coup de bol c'est que le festival tombe pendant les vacances de la Saxe, donc je n'ai pas besoin de m'absenter de l'école. Du 6 au 17 février, je serai donc à Berlin, certainement chez le p'tit Lü.
Est-il nécessaire d'ajouter que je suis surexcitée?

En attendant j'ai un boulot énorme qui m'attend, notamment à cause de la journée franco-allemande qui arrive: on organise à l'école une dégustation "typisch französisch" qui s'annonce délicieuse mais qui demande une organisation dingue. Et si je dois reconnaitre que la classe avec qui nous organisons ça n'est ni la meilleure ni la plus sympa, ils ont au moins le mérite d'adorer les spécialités françaises... et donc d'être super-motivés pour organiser la journée.
On les attrape comme on peut!

10 janvier 2008

Raclure Télévisuelle Lamentable

Tout a commencé il y a quelques semaines, dans le métro de Munich. Deux jeunes fument dans un wagon, un retraité leur demande d'éteindre leur cigarette. (Désolée, la version du lecteur mp3 est celle d'un fait divers du même genre qui a eu lieu récemment en Allemagne). Les deux jeunes refusent d'obéir, deviennent agressifs et tabassent le vieil homme.
Scandale en Allemagne, la vidéo de la scène passe en boucle sur toutes les chaines de télévision, le débat sur la criminalité des jeunes remonte tout de suite à la surface.
Roland Koch, ministre conservateur de Hesse (Land de Francfort sur le Main), en profite pour rappeler aux médias son idée d'enfermer les jeunes délinquants dans des camps "à la dure" - mais si vous savez, ceux qu'on voit une fois par semaine dans "envoyé spécial" ou "zone interdite", avec ces gamins dont on prétend que la discipline militaire les réconciliera avec la vie.
Et Koch d'ajouter la petite phrase de trop: "nous avons trop de délinquants étrangers".
Car les deux jeunes criminels sont turc et grec.

Une semaine plus tard je tombe sur un reportage de RTL sur le sujet. Et là, j'hallucine complètement. Deux fois de suite, il est clairement affirmé que les "adolescents issus de familles immigrées sont trois fois plus criminels que les adolescents allemands". Et vas-y que pour me la jouer journaliste consciencieux je balance des chiffres, mais surtout - et c'est le meilleur - un criminologue, sorti d'on ne sait où, qui appuie fermement ces propos, reprenant les chiffres et étayant la thèse.
Il nous est ensuite montré un exemple de camp comme il en existe déjà. Les trois jeunes ex-délinquants interviewés sont tous d'origine étrangère, alors que l'on aperçoit des allemands derrière eux. Ils ont tous les trois les gueules cassées de ces jeunes qui ont connu la rue bien trop tôt. Ils ont du mal à s'exprimer; la caméra s'attarde sur leurs défauts physiques. Le contenu de leur discours ne compte plus.

Après l'aimable visionnage de ce camp sinistre, comme si ça ne suffisait pas, les journalistes en remettent une couche. Mêmes chiffres, même tartignole en guise de criminologue: la même affirmation est balancée une seconde fois en toute gratuité: les jeunes issus de familles immigrées posent trois fois plus de problèmes que les jeunes allemands.

Les chiffres sont certainement vrais. Mais pourquoi enfoncer si bêtement le bouchon, sans même se demander une seconde comment ces jeunes ont pu en arriver là? Se demande-t-on peut-être si ces jeunes, dès le départ, ont eu les mêmes chances que les jeunes allemands? Rien de cela.
Au lieu de ça, un constat froid est jeté une fois, puis deux. Là-dessus, un visage grave de la présentatrice, une bonne page de pub et hop, les consciences sont fraichement imprégnées. Une aubaine pour certains partis, à l'heure où la Hesse et la Basse-Saxe sont en pleine campagne électorale pour élire leurs parlements.

Bravo, RTL. En cinq minutes vous avez réussi à donner un joli pourcentage au parti national allemand. Et à me faire zapper définitivement.

06 janvier 2008

Ah, Paris

Oui, il y a toujours un truc étrange dans l'air parisien. Quelque chose d'inconnu, qui rend fébrile, avide. Envie de tout faire, de tout voir - les gens, les films, les livres, les expos, les concerts. Sensation de manque à combler, parce que cette ville a l'art de vous rappeler tout ce que vous avez loupé ces derniers mois. Ça en devient forcément frustrant, parce que bien sûr on ne peut pas tout faire en un temps limité. Mais on essaye d'en faire le maximum, sans que ça en devienne une course forcée.
Pour ma part, vu "La visite de la fanfare" que j'ai trouvé superbe, "La nuit nous appartient" pas mal du tout, "Actrices" sympathiquement déjanté et sur le tard "Les promesses de l'ombre", thriller déroutant, entre ce calme londonien rappelant les prises de vue de "match point" et des scènes ultra violentes. Mais bon, Viggo Mortensen. Ça veut tout dire.

Découvert la biographie de Truffaut par Antoine de Baecque et Serge Toubiana, que je ne lâche plus. Bien écrit, passionnant, encore un livre qui donne envie de le fermer pour se plonger dans la filmographie de Truffaut - sans doute le meilleur moyen de le connaître, quand on y pense.

Vu "Allemagne, années noires", très bonne expo sur l'expressionisme allemand.

Ecouté le dernier "hocus pocus", qui en jette.

Vu autant de gens que j'ai pu. Mangé une bavette avec les uns, bu des mojitos avec les autres, etc. C'est toujours trop court et jamais assez, mais c'est mieux que rien. Ils me manquent tous ces zigotos, souvent.

Je rentre en Allemagne la tête pleine, les poches vides.

Paris est une putain qui vous prend tout votre argent, c'est connu depuis si longtemps. Mais ça valait tellement le coup que je ne lui en tiens pas rigueur.

Longue vie à elle.

EDIT en photos: sur mon chemin, j'ai croisé...

... un moscovite d'adoption au regard de fier pionnier...


... un studio photo tapissé de livres, le pied...


... une amatrice de galettes des rois...


... Carla Bru... heu non pardon. Les lunettes de mouche de Caro, après le quatrième mojto.

03 janvier 2008

Je vis encore. Mais tout passe tellement vite, verdammt! A peine le temps dire ouf et les vacances à Paris sont déjà terminées, le nouvel an aussi. Et je me retrouve avec des milliards de choses à faire en me demandant, comme d'habitude, par quel bout je pourrais bien commencer.

Donc je ne m'attarderai pas. Je souhaite à tous ceux qui liront ces lignes une excellente année 2008, amour, gloire et beauté comme dirait la meilleure de toutes mes cousines (j'en n'ai qu'une), et longue vie.

Je vous embrasse

A*

ps: à ceux à qui je n'ai pas répondu aux voeux de bonne année... je donne bientôt de mes nouvelles, promis!

19 décembre 2007

Travaux à Dresde et Leipzig: un pont, un tunnel et surtout... un gros bordel

Dimanche à Leipzig, un ami ingénieur de Florian nous a fait visiter un morceau du tunnel, sous la place du marché, en plein centre. Pour ceux qui ne seraient pas au courant: Leipzig va avoir un métro. Son plan géographique, je ne le connais pas, mais je sais que le centre piéton, jusqu'ici pas desservi par les trams (ils circulent autour du centre, sur le "Ring"), sera désormais complètement accessible grâce au u-bahn, qui a pour but de désengorger la circulation automobile.
Ce tunnel coûte un fric absolument monstrueux, et nombreux sont ceux qui doutent de son utilité. J'en fais partie: le réseau de tram est excellent à Leipzig, et le centre est facilement accessible à pieds sauf depuis le début des travaux, sérieusement enquiquinant pour les piétons. Et visiblement une seule ligne de u-bahn est prévue... or elle devrait être terminée seulement en 2009.
L'autre question pour l'instant sans réponse, c'est de savoir si les ICE - les TGV allemands - circuleront également dans le tunnel. C'était l'argument numéro un pour la construction du tunnel grâce au gain de temps sur certains trajets, mais visiblement cela n'est pas si évident que ça. Et pour l'instant, l'affaire est qualifiée d'un gros point d'interrogation.

En tout cas j'étais curieuse de voir à quoi cela ressemblait dans les entrailles de la ville. Je n'ai pas regretté, c'était bluffant.

La gentille machine qui perce le tunnel. Autant vous dire qu'on se sent petit à côté.


Un tunnel à Dresde, voilà ce que réclament à corps et à cris les ennemis du Waldschlösschenbrücke, le pont sur l'Elbe qui va être construit près de chez moi. Un pont sensé lui aussi désengorger la circulation. Mais il sème la discorde, car la circulation automobile va sans doute chasser définitivement une espèce très rare de chauve-souris établie dans le coin. L'argument principal c'est aussi que la construction du pont va faire perdre à Dresde son statut de patrimoine mondial de l'UNESCO. Est-ce que ce statut rapporte de l'argent à la ville? C'est une question à laquelle j'ai eu toutes les réponses imaginables - donc aucune.
Je ne sais pas trop quoi en penser. J'ai vu des images du futur pont et c'est clair qu'il n'embellira pas le quartier, qui est lui très joli- situé sur les hauteurs de Dresde avec vue imprenable sur l'Elbe.
Les acharnés tentent comme ils peuvent d'arrêter la construction du pont, entre occupation du site et flyers "Ja zum Tunnel". Peine perdue, puisque les travaux ont commencé il y a quelques semaines.

Un pont, un tunnel, deux projets décriés et dont l'utilité n'est pas flagrante. Que se passe-t-il en Saxe? Concurrence face à l'ouest, manque d'humilité? Ou bien ces projets ont-ils une vraie valeur? Voici les questions qui animent les débats locaux- questions auxquelles on peine à trouver une vraie réponse...

15 décembre 2007

Première fois

C'est étrange d'être publié pour la première fois. Peu importe dans quel média, c'est une drôle d'impression. On voit ses propres mots affichés, on voit son nom écrit noir sur blanc. On relit le tout, et les mots semblent ne plus vous appartenir. Ils sont là, à la merci du lecteur, prêt à les dévorer un par un. Le produit de vos réflexions personnelles, de ces minutes, heures ou semaines passées devant l'ordinateur à chercher la tournure avec un grand T, le titre qui convient, la conclusion parfaite... tout est exposé, étalé, là devant vous, ça en deviendrait presque indécent.

Puis vient la phase critique: celle de la vraie relecture. Lorsque vous avez l'esprit clair et dégagé, une bonne nuit de sommeil derrière vous. Et là, non seulement les mots vous semblent étrangers, mais en plus vous les trouvez dans l'ensemble... peu excitants. Plats. Chiants.
Pas évident la première fois. Mais comme dirait l'autre, c'est en forgeant qu'on devient forgeron...

Et puis vient l'anecdote marrante. Mon article d'essai pour rencontres parle de l'expérience d'assistante de Marion. Or maintenant c'est moi l'assistante. Et comme les autres je suis abonnée à une liste commune qui permet aux assistants français de rester en contact, et grâce à laquelle on peut envoyer des messages communs.
Or aujourd'hui parmi ces messages il y a une assistante qui recommande de lire... mon article, toute contente qu'"on parle de nous".

Alors on se console en se disant que ce qu'on a écrit ne restera pas dans les annales, mais que ça aura au moins plu à une personne. Et qu'au fond, c'est déjà un début. Oui, je parle de début parce que une chose est sûre: malgré les drôles d'impressions nées de cette première fois, je suis certaine d'une chose:
je suis loin, très loin de m'arrêter d'écrire.

08 décembre 2007

Curieuse semaine que celle qui vient de s'écouler. Tombée malade mardi, j'ai donc été dispensée d'aller travailler mercredi et jeudi. Peu à peu mes cordes vocales se font la belle, et le concert du choeur se rapproche. Ce qui m'agace dans tout ça c'est que j'ai été incapable de faire de mon temps libre quelque chose de constructif. Parce que quand on est malade, on reste au lit, point à la ligne.

Alors, je lis. Les journaux, toujours - et puis je m'acharne sur ce livre étrange qui me suit depuis des semaines sans que j'arrive à le terminer: "die Legende vom Glück ohne Ende", de Ulrich Plenzdorf, citoyen d'ex-DDR et également auteur des "Nouvelles souffrances du jeune Werther". Ce livre a été adapté au cinéma dans les années 80 sous le nom "die Legende von Paul und Paula", je l'avais vu avec ma coloc Tabea lorsqu'elle préparait un exposé sur les Heimatfilme.

Le film nous avait déjà semblé étrange, très daté. Le livre est spécial lui aussi.

Il s'agit de l'histoire d'amour tumultueuse de Paul et Paula, qui se joue dans le Singer, une sorte de cité de Prenzlauerberg à Berlin, à l'époque où le quartier était encore un vrai quartier ouvrier.
Paul et Paula se connaissent depuis l'enfance mais se "loupent" au moment clé de l'adolescence, Paul étant parti étudier en Russie. Chacun se marie et fonde une famille, mais peu à peu l'attirance entre les deux se fait sentir...
Le récit de cette "histoire de bonheur sans fin" est mené par un habitant du Singer, proche des protagonistes, mais dont on ne connait pas le nom. Paul et Paula interviennent rétrospectivement dans le récit pour le ponctuer de petits commentaires confiés au narrateur, qui les insère directement. Le style est simple, les phrases courtes.
Les traces d'une mentalité très DDR sont visibles mais je n'irai pas jusqu'à dire qu'elles sont criantes. Mais l'habitat collectif, le fait que le Singer soit au courant de tous les détails de l'histoire, que chaque étape soit vécue collectivement, que Paul et Paula soient - du moins quand ils sont en forme - des travailleurs exemplaires, tout ça peut être vu comme "preuve de".
Une sorte de conte de fées à la sauce DDR, donc.

Est-ce que le conte en question a droit à une happy end, je ne le sais pas encore. En tout cas, malgré le style très simple, je trouve ce livre sec, voire âpre - quasiment d'un autre temps, et donc pas si facile ni forcément très agréable...
Mais si vous avez l'occasion de voir le film, il reste intéressant - tout comme le livre. Les deux sont très connus en Allemagne et font partie de ces oeuvres embarquées dans la réunification, reconnues à leur juste valeur...

29 novembre 2007

Débordage

"Autant parfois je n'ai aucune envie de poster quelque chose sur ce blog, autant parfois ça me démange, et pas qu'à moitié.
Donc là ça se bouscule un peu.

J'avais envie de vous parler du débat qui a lieu autour de la création du Waldschlösschenbrücke (à vos souhaits), un pont qui risque de faire perdre à Dresde son statut de patrimoine mondial de l'Unesco.

Je voulais également vous parler de la tribune commune des maires de Sevran, Tremblay-en-France et Saint-Denis dans libé aujourd'hui.

Et puis je voulais me faire l'echo de ce que j'entends ici sur les banlieues, sur les grèves, les blocages.

Il devait aussi être question des marchés de Noël qui fleurissent partout en Allemagne en ce moment.

On aurait pu également évoquer mes projets futurs. Rencontres, la berlinale, Cendrillon. Mon départ demain pour Leipzig. La soupe au potiron que mon coloc' est en train de préparer.

Et puis en fait il y a trop de chose à dire et ce soir je suis bien paresseuse..."

... alors je vous laisse chercher vous-même!

1) Quelle est la nature de ce texte? Justifiez.
2) Relevez les mots-clés. En quoi sont-ils la preuve d'un certain désarroi de la part de l'auteur?
3) Rédigez un texte d'une dizaine de ligne, reprenant les mots-clés et le style (hautement littéraire et, disons-le, incomparable) de l'auteur.

(ceci s'appelle la meilleure pirouette du prof pour avoir la paix en cours pendant une heure)

27 novembre 2007

On the road again

Moi qui avait commencé un long post pour raconter ce week-end plus qu'actif, je me rends compte que je n'avais pas enregistré mon brouillon... grrr...
Donc, comme d'hab lorsque j'ai la flemme d'écrire mais l'envie de raconter, voici en vrac le récit de mon petit périple:

Arrivée jeudi soir à Leipzig avec un amoureux certes absent à la gare mais... présent aux fourneaux (il sait me prendre par les sentiments ce garnement), vendredi matin le début de la formation proposée par l'institut français visant à corriger et examiner le DELF, revoir les anciennes collègues de marine, mes nouveaux collègues assistants, échange et partage des premières impressions, puis delf, delf et redelf...
En fin de journée, l'apéro avec les assistants puis concert de mon amoureux à la soirée d'anniv d'un ami, dans un appart' squatté qui comme d'habitude débordait de monde - bonne musique et bière à 1 euro, assez logique au fond.
La vodka coule à flots chez les français...

... qui se pointent le lendemain matin avec une sacrée gueule de bois. Et c'est reparti pour une demi-journée de delf.
A 13h, ouf, nous sommes libres mais surtout morts de faim et épuisés. La troupe des saxons va grignoter quelque chose en ville, puis chacun regagne ses pénates pour se remettre de la soirée d'hier.



Après avoir vaguement dormi et trainé une mauvaise humeur tenace toute l'aprèm, mon amoureux s'étant exilé à bab-el-oued pour les besoins de son assoc', je décide d'accepter l'invitation à dîner de ses voisins. Repas délicieux et ambiance gemütlich... j'ai bien fait!!

Mais le lendemain, pas question de se tourner les pouces au lit: je pars à 10h30 pour Berlin.
Aaah Berlin... La seule ville où je ressens au bout de trois minutes le besoin pressant d'y passer le reste de mes jours.
Le petit lü m'attend chez lui. On papote, on boit un thé et on décide d'aller au deutsch historisches museum qui propose plusieurs expos intéressantes, dont une de photos sur Berlin des années 90 à nos jours. Complètement fascinant. Dire que j'ai connu la Potsdamer Platz encore vide et que je m'en souviens à peine! Enfin c'est certain que les années 90 ont métamorphosé Berlin à un point difficilement imaginable.
Ceux qui ont vu "les ailes du désir" (der Himmel über Berlin) de Wim Wenders se souviendront de ces images fabuleuses du Berlin des années 80 que l'on aperçoit sous les yeux des deux anges...

Après une balade sur le marché de Noël fraichement ouvert je rejoint le petit lü, déjà aux fourneaux (on peut presque le dire, ce week-end aura d'abord été... gastronomique).
Le 11 novembre en Allemagne on prépare traditionnellement pour la Saint-je-sais-plus-quoi un repas à base d'oie. Personne n'étant dispo le 11, le repas a été décalé, et j'étais donc de la partie. Oie grillée, choux rouge parfumé à la pomme et à la cannelle, knödel et choux de bruxelles... der Hammer!! je ne mange pas typisch deutsch tous les jours, là j'en ai donc bien profité.

Le lendemain je pars me balader dans Kreuzberg, puis dans le centre de Berlin, que je n'avais pas revu depuis avril dernier. Rentrée pour déjeuner, Uwe m'emmène dans un petit resto italien près de chez lui qui fait les meilleurs pâtes du monde. Un délice.

Et au retour, évidemment... l'inévitable séance de photomatons (notez, j'ai appris au petit lü à jouer la caillera. ça lui va comme un gant je trouve)

Il est bientôt l'heure de repartir pour Dresde. J'arrive complètement crevée et me rends compte que j'ai eu un week-end qui ressemblait à tout sauf à un week-end-trankilou-et-reposant...
... et ça continue! A peine arrivée, débarquent deux personnes pour visiter la chambre de mon coloc' qui nous quitte bientôt. Les joies des "WG castings".
Et puis il fallait bien terminer le merlot qui trainait là avec mes coloc'...

Aujourd'hui, à part la rigolote répétition de Cendrillon avec les assistants anglais (je vous raconterai plus tard le pourquoi du comment), la bonne surprise était le retour de ma tutrice à l'école. Et, ô bonheur, elle parle BIEN français. J'ai presque envie de lui parler constamment français, juste pour le plaisir de l'entendre NE PAS faire de fautes.

Je respire!

24 novembre 2007

einfach ein Gruß

Pas trouvé de temps ni de vraie occasion de rédiger un post ces derniers temps. Pourtant il s´est passé plein de choses, certaines ordinaires, d´autres un peu moins - mais comme on dit dans la langue de Goethe (les K. reconnaitront la private joke), ich komme einfach nicht dazu.

J´envoie donc simplement des Grüße à ceux qui passeront par là. Grüße en provenance de Leipzig, puis de Berlin où je serai demain - car toute personne bien informée le sait, il faut etre fou pour décliner une invitation à diner du petit lü...

Des vraies nouvelles arriveront dès lundi, lors de mon retour à Dresde.
Bis dahin!

15 novembre 2007

Ouf.

Il était temps.
Je suis ENFIN étudiante officielle de la TU Dresden - ce qui signifie avant tout que je bénéficie des transports gratuits jusqu'à la frontière tchèque. Adieu les journées à 7 euros pour aller bosser, la fraude dans le tram et la parano à chaque fois que deux types un peu baraqués montaient dans ma rame...
Signe ou pas signe? Au bout de ma première heure "en règle"... j'ai été contrôlée.
Ma carte d'étudiante étant moins glamour que celle de Leipzig, je ne vous gonflerai pas avec à mon retour à Noël - vous êtes déçus, je le sens. Je ferai peut-être un effort, si vous insistez...

Le second ouf c'est mon salaire, qui m'a enfin été versé. Jamais je n'ai été aussi euphorique en voyant l'état de mon compte - ne croyez pas que cela soit dû au montant, il ne dépasse pas trois chiffres. C'est simplement que je vais pouvoir retourner au cinéma, manger un peu moins de pâtes et payer des coups à tous les gens qui m'en payent depuis deux mois.

(et éventuellement m'abonner au "Zeit", m'acheter des bottes, dévaliser tous les magasins de la Pragerstr., inviter les assistants à manger, aller passer quelques jours à Leipzig, Berlin, Prague, Cracovie, Paris, l'Europe et pourquoi pas le monde entier, hein, après tout...)

NB: deux nouveaux venus dans les liens: le blog de Louise, assistante à Bielefeld (ville de Dr Oetker ou ville qui n'existe pas, c'est selon les légendes) , et celui d'Albine, assistante à Leipzig et cuisinière à ses heures perdues- plein de recettes terribles à chiper sur son blog...

14 novembre 2007

Auf der anderen Seite: de l'autre côté

Je profite de sa sortie française pour vous parler de ce très beau film...

Tout commence avec la rencontre d'une prostituée turque et d'un vieux à Hambourg qui lui propose de l'entretenir. Mais la relation tourne mal et la femme meurt sous les coups du vieux. Le fils du vieux, rongé par la culpabilité, décide de partir en Turquie retrouver la fille de la prostituée. Mais celle-ci est déjà partie se planquer en Allemagne suite à des activités politiques obscures...



Ce film montre le destin de six personnages qui se rencontrent ou se croisent entre Hambourg et Istanbul, et dont le destin est lié plus ou moins directement...
Avec ce film on sent que Fatih Akin a mûri. Le côté trash et violent de Head-on est très peu présent, mais le thème de l'intégration des turcs en Allemagne est lui récurrent. Cette fois, il est traité de façon beaucoup plus douce et poétique. Les paysages n'engloutissent plus l'individu comme dans Head-on, ils sont ici une source de découverte ou de redécouverte d'un pays étranger et familier à la fois. Le tout est accompagné par une superbe musique - là-dessus on peut toujours compter sur Akin - et des acteurs géniaux.
Une réussite que je ne peux que recommander...

11 novembre 2007

Quand les K's débarquent

Ils l'avaient promis, ils l'ont fait: les parents K. sont venus passer un week-end à Dresde, chez moi - ravis de s'échapper du quotidien parisien et de découvrir ma nouvelle ville d'adoption.

Ils en repartent ravis... et gelés. Il a fait un temps dégueu, mais ça n'a découragé personne! Entre la Frauenkirche, le Zwinger (grand musée de peinture), la vieille ville, la Neustadt, papoter et dîner avec mon coloc et sa copine, le Stadtmuseum, et les sessions Kaffee-Kuchen, le week-end a été bien rempli.




Mission: trouver un bonnet pour fifille qui a tendance à se peler les miches. Ce qui donne lieu à divers essayages, dont certains un peu fantaisistes...



Voilà, Gilou et Cathoche ont repris l'avion pour Paris, et moi ma petite vie ici - thé brûlant et chauffage à fond.

Et comme ce week-end était 90% K.'s (les 10% étant restés à Paris), une petite dédicace... (à regarder jusqu'à la fin)

08 novembre 2007

Flemme.

J'ai une flemme immense. Intense.

D'accord, je n'aurais pas dû acepter le "Weinchen" proposé par mon coloc' hier soir. Mais après tout on a tous été très occupés ces derniers jours, et l'instant était propice pour un petit verre de rouge entre nous...
Dangereux, très dangereux. J'ai atterri dans mon lit à une heure plus qu'indéterminée, l'esprit plus tout à fait clair. Le détail qui pimente le tout: ce matin à 8h50 je donnais mon premier cours seule...
Le Dieu des assistants a certainement assisté à cette fin de soirée décadente. Ce matin, je l'ai soupçonné d'avoir voulu m'envoyer un signe en retardant mon train d'une grosse demi-heure. Ha ha, me dis-je en essayant de refouler le stress qui commence à monter. Ha ha. Mais qu'est-ce qui m'a pris d'accepter ce (premier) verre de vin hier soir, bon dieu?!

Après une arrivée essoufflée-décoiffée-haletante, j'ai enchainé mon premier cours qui s'est très bien passé. Je me sens de mieux en mieux avec les élèves, et peu à peu j'ai envie de m'attaquer à l'année qui arrive et sinon de les faire progresser, au moins leur ôter leurs complexes et les faire parler...

La journée du jeudi est sacrément épuisante. 4h de cours sans pause ou presque, et me voilà à plat. La cinquième heure, une classe de 27 débutants âgés de 15 ans, m'achève. Mais c'était une journée satisfaisante dans le sens où je me sens de mieux en mieux à l'école et en cours.

Seulement voilà, maintenant j'ai la flemme.
De faire le ménage (rassurez-vous chers parents, il sera fait d'ici demain), de terminer mon deuxième article pour Rencontres (à propos: le premier va enfin paraître! Il sera en ligne le 1er décembre dans la rubrique vécu/erlebtes sur www.rencontres.de), de planifier les cours de la semaine prochaine comme les visites de Dresde à faire ce week-end, bref je me laisse envahir par la paresse...

PS: pour certains qui m'ont demandé ce que je chante avec le chœur franco-allemand, voilà un exemple. Jamais je n'aurais pensé chanter quelque chose de ce genre... et maintenant je suis accro!

07 novembre 2007

Schnell

Vous connaissez tous ce mot. Eh bien il qualifie parfaitement ma vie depuis quelques jours.

Après un week-end en amoureux et une superbe répet' avec le choeur, il a fallu reprendre le chemin de l'école... Où tout va vite, très vite.
Les cours, qui ne durent que 45 minutes.
Frau D, quand elle parle.
La pause de midi, qui dure 30 minutes si tout se passe comme prévu (or des imprévus il y en a presque tout le temps).

Au moins les élèves, eux, sont plutôt tranquilles et je leur en suis reconnaissante!

Hier après les cours, grosse réunion avec tous les profs de l'école. Au moment où je cherchais un endroit pour me planquer et dormir tranquillement, sont apparues quatre personnes membres de l'association "Zivil Courage" - une assoc' luttant contre la montée de l'extrême droite, particulièrement en Saxe où le phénomène est assez affolant. Le topo consistait à nous montrer des signes et symboles généralement arborés par les jeunes sympathisants, et à nous indiquer la marche à suivre si jamais l'un de nous repérait l'un de ces symboles ou un comportement anormal chez les élèves.
Très instructif et un peu effrayant quand même - la liste des symboles et des groupuscules saxons est très longue...

Retour nach Hause. Ma coloc' m'attend pour prendre son premier cours de français - à sa demande. On reprend tout depuis le début, la prononciation, les pronoms personnels... C'est assez drôle de lui faire cours, elle est très motivée et répète sagement ce que je lui demande. Bien contentes toutes les deux, on a décidé de remettre ça jeudi.

Après le cours, j'ai poursuivi sur le même thème: soirée française au "count down", préparée par les erasmus français de Dresde. Gros succès pour les mangeurs de grenouilles, le club était bourré à craquer et le buffet a disparu en deux minutes chrono. Et la bonne surprise dans tout ça c'était les allemands très sympa que j'ai rencontré...

... le tout a rendu le réveil de ce matin bien difficile - et puis andouille que je suis, j'avais oublié de démaquiller le drapeau français colorié sur ma joue... na ja.
Journée assez speed à l'école, mais cette fois j'ai enfin pu observer un peu et prendre quelques notes pour moi. Peu à peu j'ai bien l'intention de faire ma vie et mes cours de mon côté. Ma tutrice risque d'être absente encore longtemps, Frau D jongle entre remplacements et la grippe de ses enfants... Je pense que j'ai tout intérêt à prendre mon indépendance, histoire de ne pas souffrir des absences des uns et des autres. Et après bientôt deux semaines, ça me parait plutôt faisable.

Il faut que j'abrège ces quelques nouvelles. Je rejoins Dorothee dans 10 minutes pour assister à une conf' sur les banlieues françaises... et il faut que je prépare l'arrivée de Gillou et Cathoche, qui débarquent vendredi... et que j'attends de pied ferme!

01 novembre 2007

Expérience.

Aujourd'hui dans le genre sensations fortes, j'ai été servie.

Passons la grosse frayeur en ne voyant plus, ce matin à 6h30 (vous avez bien lu - inhumain non?) mon fidèle vélo dans la cour ce matin... Bon ok, selber schuld, je l'avais laissé garé ailleurs. Mais déjà l'adrénaline se rassemblait dans mes cordes vocales, prètes à insulter la terre entière...

Aujourd'hui à l'école j'étais sensée, après une heure d'histoire sans problème avec les 13ème vus mardi, avoir une heure libre puis deux heures de français.
En réalité, ma tutrice étant toujours absente, tout a été chamboulé... et voilà Frau D., qui me chaperonne en ce moment, se tournant vers moi un peu flippée et me disant combien ça l'arrangerait si je m'occupais des 13ème... maintenant. Seule.
Bon, c'est vrai qu'ils avaient juste à terminer le travail en petit groupe commencé mardi. Je n'aurais qu'à passer dans les rangs pour corriger les fautes et donner un coup de main.
Mais quand même!!! j'ai senti un petit vent de panique me traverser lorsque j'ai hoché la tête en disant "ich mach das". Ma voix intérieure a protesté, mais c'était trop tard.
Deux minutes plus tard c'était parti... et ça s'est très bien passé. Wie gesagt, je n'avais pas grand chose à faire et l'heure a passé bien vite. Et puis les 13ème sont très sympa, et font des efforts.

Frau D. perdue de vue, je regarde la suite de mon emploi du temps chamboulé, et visiblement j'enchaine sur du français avec les 12ème. J'arrive dans la salle, les élèves sont seuls. On me regarde bizarrement, et je comprends vite qu'il va falloir attaquer sans Frau D., qui se débat encore avec ses changements d'emploi du temps...
Tant pis je me lance. Je me présente en français, leur pose des questions. Aucune réaction. C'est vrai, ils ne font du français que depuis un an... je mélange un peu français et allemand, et peu à peu ils se décoincent.
L'ambiance de cette classe (17-18 ans), malgré seulement un an d'écart avec les 13ème, est beaucoup plus ado-con-con. Ca chambre pas mal, et les garçons "ressentent le besoin" de faire les imbéciles devant moi. Mais au bout de quelques minutes ils se calment un peu, essayent de me comprendre et de baragouiner un peu de français. Frau D. finit enfin par arriver, et les encourage à me poser des questions, à "m'utiliser".
Je remarque peu à peu que Frau D. me sollicite beaucoup. Je la comprends, elle est super heureuse d'avoir une native "à disposition" et a des tas d'idées. Et puis elle veut m'intégrer... mais un peu trop vite je trouve. Je n'ai même pas encore observé de classe de français, parce qu'elle me fait faire tout de suite des travaux avec les élèves. Et lorsqu'elle me demande d'improviser un petit exercice avec les 12ème que je connais depuis dix minutes, et ce après 3h de cours sans pause, je lui dis gentiment que c'est un peu tôt. Un peu plus tard je lui explique que cette semaine, à part me présenter, je suis sensée uniquement observer... chose qu'elle avait un peu mise de côté.

Les deux dernières heures ont été vraiment "krass"... spéciales... Ce sont des classes techniques que je n'aurai pas - ils ne font pas de français - mais Frau D, qui leur enseigne l'allemand/communication m'a proposé de venir, juste pr voir. Et voyant l'intérêt de la classe (la première: des BEP vente) pour moi, elle décide de leur apprendre à se présenter en français...
Chose d'un côté un peu stupide je trouve, parce qu'ils n'ont jamais fait de français et ce ne sont pas 45 minutes qui vont changer les choses, et d'un autre côté pas si bête, parce qu'elle a tout de suite voulu exploiter le brin de motivation montrée par les élèves, et ça n'a pas trop mal fonctionné, même s'ils sont loin d'être aussi cool que les classes lycées.

Mais le pire était à venir. Là encore, Frau D m'a proposé de venir pour "l'expérience". Eh bien j'ai été servie!!
Il s'agit d'une classe de 8 élèves qui n'ont pas obtenu de place en formation en alternance dans une entreprise - à cause de mauvais bulletins, problèmes de discipline etc. Ils sont donc une fois par semaine à l'école pour prendre des cours sensés les aider à trouver une place.
En rentrant dans la classe, le choc. Physiquement, ils sont presque tous affreux. Ils parlent fort et mal, s'adressent à la prof de façon limite, peuvent à peine se concentrer, remuent en permanence. Pour certains on pourrait presque dire qu'ils ont des problèmes mentaux.
Mais comme tous depuis le début, ils sont très cool avec moi et semblent un minimum intéressés. Du coup rebelote, Frau D. décide de leur inculquer un peu de français, histoire de les valoriser un peu et ravie de les voir montrer de l'intérêt...
Je participe comme je peux mais je laisse Frau D. s'en occuper. En sortant je suis lessivée, et elle aussi. Elle me confie qu'elle est une des seules à bien vouloir s'occuper de ce genre de classe - les autres profs craquent très vite et ça ne m'étonne pas.
Son argument, et il n'est pas faux, c'est que ces élèves ne sont absolument pas méchants. Ils n'ont juste pas été éduqués par leurs parents, et elle trouve injuste de les sanctionner à cause de ça. Mais il faut quand même avoir les nerfs solidement accrochés pour s'occuper d'eux.
En sortant je suis soulagée en pensant à mes lycéens timides, souriants, au pire un peu trop adolescents...

... jusqu'à ce que j'apprenne que ma tutrice vient de passer à l'école, pour dire qu'elle est en congé maladie pendant encore deux semaines. Aaargh! Résultat, je commence la semaine prochaine la transition vers mes premières heures de cours seule - et pour compenser j'observerai un peu moins. Donc moins d'heures passées à l'école mais plus de travail. Maintenant que je connais les classes ça ne me gène pas, j'aurai juste 2 fois une heure à faire seule - à chaque fois introduites par Frau D, et avec des élèves très cool...

... Donc je ne panique pas. Du moins pas encore, ha ha.

[rire nerveux]

30 octobre 2007

Premier jour

Voilà, aujourd'hui c'était mon premier jour, malheureusement pas avec ma tutrice mais avec une autre prof de français-histoire-allemand. Très sympa, elle m'a présentée à tout le monde et j'ai passé la première heure à serrer des pognes- évidemment je n'ai retenu quasiment aucun nom ni matière... Ah ces profs allemands et leur "bi-compétence", ça me fait toujours rire. Quand on m'a dit que le gros moustachu transpirant qui venait de passer n'enseignait pas que le sport mais aussi les arts plastiques, je n'ai pu réprimer un petit rire [discret, il ne s'agissait pas de se faire remarquer dès le début...]

J'ai donc assisté à deux heures d'histoire - au programme, l'Allemagne après 45 et aujourd'hui la Conférence de Potsdam. Cours relativement classique mais qui se démarque d'un cours français par son dynamisme. Les élèves sont tous sollicités, et plus d'une fois, mais prennent aussi la parole volontairement - ô surprise.
Ce dynamisme, il m'avait déjà surpris lorsque j'étais en fac avec les allemands de Leipzig. Il faut croire qu'il est à la base de l'enseignement allemand - la fameuse "Schulorientierung" dont on nous a parlé à Altenberg.

Puis, après une mini-pause et un goulasch avalé en vitesse (ô heure du midi sacrée en France, je t'ai regrettée aujourd'hui), c'est parti pour l'heure de français avec des 13ème (la dernière classe du lycée, ils apprennent le français depuis env. 3 ans).
Leur job: créer par groupe de deux un dialogue mêlant le vocabulaire de l'achat et des vêtements - à présenter jeudi devant la classe.
Mon job: passer dans les groupes, corriger, conseiller, rassurer les angoissés qui prétendent ne pas me comprendre du tout... et continuer à leur parler français...

La première impression est plutôt bonne: le niveau n'est pas terrible mais ça je m'y attendais, mais au moins les élèves sont sympa, se mettent au boulot sans trop broncher et sont plutôt tranquilles. L'aspect un peu délicat, c'est les grosses fautes que je découvre chez la prof avec qui je bosse cette semaine - pas évident de lui glisser devant tout le monde qu'elle vient d'écrire une énormité au tableau...
Mais l'avantage avec les deux profs avec qui je vais travailler cette année, c'est qu'elles sont relativement jeunes, ouvertes et surtout ravies de m'avoir au lycée. Ce qui signifie que j'ai pas mal de liberté de mouvement et que je peux leur dire beaucoup de choses... et puis elles se donnent du mal pour moi.
Entre celle qui n'était pas sensée s'occuper de moi et qui le fait tout de même à fond et de bon cœur et l'autre malade qui m'appelle après mon premier jour, demandant mes premières impressions et se confondant en excuses de ne pas pouvoir être là, je me trouve plutôt bien lotie.

Reste à voir le plus important: mes cours, et comment ils seront acceptés par les jeunes monstres du lycée...