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10 mars 2008

Dies und das.

Pas de grandes nouvelles à raconter. Je mène une vie relativement calme en ce moment.

Je continue à peupler une bibliothèque qui se vide de ses étudiants en vacances.
Le printemps arrive.
Je lis beaucoup - les journaux, et "Bittersüsse Schokolade" ("Como agua para chocolate") de Laura Esquivel.
Je vois des films avec mon pote Conor.
Le SPD est en train de se prendre une sacrée claque en Hesse. La débâcle d'Andrea Ypsilanti, incapable de monter une coalition qui puisse la soutenir pour son élection en tant que Ministerpräsidentin (Le ministre-président d'un Land n'est pas élu au suffrage direct).

Les journaux allemands se désintéressent lentement d'une France dirigée par un petit Napoléon qui agace de plus en plus outre-Rhin.
Entre son union de la Méditerranée qu'il cherche à imposer à tout prix à une Merkel très sceptique, et les annulations de rendez-vous franco-allemands sous le léger prétexte d'un "calendrier chargé", sa popularité chute ici aussi.
Quand au légendaire "casse-toi, pauvre con!", croyez bien qu'il n'est pas passé inaperçu...

J'intensifie mon travail pour rencontres avec un mini-article pour la série "vieille chaussette", qui s'appellera "amour, sexe et bataille des nations". Je me lance également dans la périlleuse aventure de la traduction.

Les municipales ne font aucun bruit ici. On en parle rapidement, mais on préfère évoquer le SPD ou les élections espagnoles. Moi je préfère penser à mon frérot, qui commence depuis hier soir sa carrière politique en tant que conseiller municipal de Sevran.

Pierro est venu avec sa copine et une bouteille de rouge délicieux.
J'ai découvert la musique de Beirut, et les concerts à emporter.
L'envie de faire joujou avec une caméra me démange toujours.
Je vois bientôt Suzanne et Julian, anciens membre du jury, et m'en réjouis.
Beaucoup de gens me manquent en ce moment. Mon amoureux. Le Boulloche crew et les pique-nique à l'arrache aux Buttes Chaumont, par exemple.

06 mars 2008

Dernières photos

Parce que je n'ai pas tellement envie de me mettre à écrire maintenant, j'envoie quelque photos de Markus (collègue du jury de la Berlinale), qui sont franchement super je trouve...


Séance privée! Normalement nous assistions aux avant-premières publiques des films de notre section. Mais les dernières avaient lieu après notre remise des prix. Voilà donc le jury assis confortablement dans l'une des salles des bureaux de la Berlinale... luxe inoui!


La soirée d'ouverture de Perspektive Deutsches Kino, dans le sous-sol du Berlinale Palast.


Le jury s'apprête à défiler sur le tapis rouge... ça méritait bien une photo souvenir.

Le théâtre des opérations, là où se déroulent toutes les avant-premières des films en compétition.

De l'intérieur, pendant la grande remise des prix.

Fou rire pendant le gala de clôture... Les choses à manger étaient tellement rares que tout le monde se ruait sur les pauvres serveurs à la sortie de la cuisine. Certains ont choisi une méthode plus radicale, qui contrastait étrangement avec les tenues de soirée...

24 février 2008

Das Leben geht weiter

Une semaine est passée depuis mon retour de Berlin. J'avais vite perdu certaines habitudes, je les ai vite retrouvées. Parmi elles: faire la queue au cinéma pour acheter bravement mon billet.

Je suis allée voir "into the wild", j'ai bien aimé. Sean Penn filme des paysages incroyables sans jamais en faire trop. La solitude de son héros, bien que parfois justifiée un peu à la va-comme-je-te-pousse, est touchante grâce au lien incroyable et tenace qu'il entretient avec la nature. Quelques passages m'ont un peu agacée (essentiellement la description de la famille du héros, que je trouve assez bancale), mais c'est un bon film.

Oui je sais, les français l'ont déjà vu depuis des plombes et je les entends déjà me demander, étonnés: "quoi, tu viens seulement de le voir??".
C'est l'un des mystères qui me rend dingue: énormément de films américains (mais curieusement, pas tous) sortent en Allemagne un à deux mois plus tard qu'en France, sans que j'arrive à savoir précisément pourquoi. Une question de distributeur et d'achat de droits, sans doute. A moins que le doublage (systématique en Allemagne, autre sujet qui me tape sur les nerfs) demande lui aussi un peu plus de temps? Keine Ahnung. J'ai posé vaguement la question à Berlin, et j'ai eu droit à des réponses toutes aussi vagues.

En tout cas, lorsqu'on a des cinéphiles en France qui vous répètent à chaque coup de fil "ah oui c'est vrai, t'as pas encore vu le dernier film des frères Coen" ou encore "comment, le dernier Cronenberg vient seulement de sortir??", c'est frustrant. Mais bon, l'essentiel, au fond, c'est qu'ils arrivent! Or ils finissent toujours par sortir ici. Mais je regrette en permanence de ne pas pouvoir être à Berlin pour voir les films en VO... parfois les doublages sont corrects, parfois ils sont atroces et peuvent foutre un film en l'air. Encore un gros point d'interrogation: pourquoi la VO est-elle si rare en Allemagne, dès qu'on s'éloigne de Berlin-Hambourg-Münich?

Des différences techniques, il y en a donc un paquet entre la France et l'Allemagne. Mais il en existe d'autres qui sont moins visibles. Je les avais déjà senties, et plusieurs discussions avec les autres membres du jury ont confirmé cette impression: la façon d'appréhender le cinéma change entre la France et l'Allemagne. Bon, avant de tomber dans l'écueil de la généralisation: des passionnés et des indifférents, il y en a dans les deux pays, c'est certain. Mais ce qu'on a remarqué, c'est par exemple la vision qu'on avait de la séance de 11 heures.
Pour moi et pour pas mal de gens de mon âge je pense, c'est la séance pratique qui me permet d'aller régulièrement au cinéma sans me ruiner, puisqu'elle est à prix réduit. D'accord, on perd le côté sympa du cinéma le soir, mais perso j'y renonce avec plaisir si cela me permet d'aller plus souvent au ciné.
Markus et Julian nous confiaient qu'en Allemagne, la séance de 11h c'est -pour beaucoup- la séance des "freaks", des types un peu louches qui ont le nez collé à l'écran et des lunettes double foyers.
Markus nous racontait que ça a dû lui arriver une ou deux fois dans sa vie... jusqu'à la Berlinale bien sûr. Julian, après un an Erasmus en fac de ciné à Paris, s'y est habitué. En une année, il est allé 110 fois au cinéma... ce qui ne lui est jamais arrivé en Allemagne.
A quoi ça tient? A différents critères: des solutions relativement avantageuses pour les étudiants, l'énorme diversité des films proposés, les ciné d'art et essai qui font le pari de contourner l'actualité. Et quelque chose dans l'air, sans doute.
Ce qui existe aussi en Allemagne ça ne fait aucun doute - mais différemment. Avec le succès des oeuvres grand public comme "Good-Bye Lenin" ou "La vie des autres", avec des réalisateurs tels Fatih Akin ou encore ceux de la "Berliner Schule", qui proposent un cinéma plus intimiste qu'on a souvent rapproché de la nouvelle vague, les regards se tournent de plus en plus outre-Rhin. J'ai senti à Berlin une émulation incroyable qui a fait vraiment plaisir.
Maintenant, j'ai hâte de voir si "drifter", notre gagnant, va faire son chemin... Parisiens et Nantais, ouvrez l'oeil, il passera au prochain festival du cinéma allemand!

19 février 2008

Je suis dans un drôle d'état, qui pourrait rappeler le retour de colo des enfants ou la fin de la tournée d'un chanteur. Après dix jours très intensifs et passionnants, je me sens vide et n'ai qu'une envie: me planquer pour toujours dans une salle obscure.

Mais avant cela je vous raconte brièvement les derniers jours, riches en émotion. Je pourrais citer par exemple notre dernière grosse discussion avant de prendre une décision finale. Peter Sehr (cf photo) et Katja qui nous félicitent pour la qualité de nos débats. La rencontre fantastique avec Uli Hanisch, membre du jury international et l'un des meilleurs chef décorateur allemands, tout heureux de rencontrer des jeunes "Jurykollegen". Nos discussions sans fin sur, devinez quoi, le cinéma. Deux minutes après notre décision, le fatidique coup de téléphone commençant par "Die Jury hat sich entschieden". La remise des prix, où nous arrivons les nerfs en compote.

Markus (à gauche) annonce notre mention spéciale, qui va au très bon court-métrage "Lostage" de Bettina Eberhard.

Et moi qui ai le droit de d'annoncer devant toute la presse que notre vrai gagnant est le film documentaire "Drifter" de Sebastian Heidinger (petit reportage d'arte à voir ici ). Enfin nous avons le droit de nous exprimer sur ce film qui nous a tous beaucoup touché. Le dialogue avec Sebastian et son équipe est super intéressant, le second visionnage du film ne fait que confirmer notre décision. En espérant que le film, dont le sujet très dur fait fuir les professionnels, trouve rapidement un distributeur.
Il s'agit du quotidien de trois ados qui traînent autour de la gare Zoo à Berlin, en se débrouillant pour vivre. Leur vie est faite de ventes de journaux, de drogue et de prostitution. Le film montre une relation exceptionnelle bâtie entre l'équipe du film et les protagonistes, entre confiance et absence totale de jugement. Leurs petites manies, leurs corps, ce contraste flagrant entre l'angélisme de ces jeunes et la dureté de leur quotidien, l'innocence qu'ils dégagent parfois sans même s'en apercevoir, tous ces thèmes font de "Drifter" un film touchant et très réussi, dont on espère tous qu'il fera un bout de chemin en Allemagne - voire même en France, puisque le gagnant de dialogue en perspective passe automatiquement au festival du film allemand de Paris et de Nantes.

Pour Perspektive deutsches Kino, notre section, c'est terminé. Il nous restait la partie glamour et paillettes: la grande remise des prix, le film de clôture "Be kind rewind" de Gondry, et l'énorme soirée au Berlinale Palast. Le champagne coule, les larmes aussi. C'est notre dernière soirée ensemble, et ces dix jours nous ont sacrément rapprochés. Personne, je crois, ne peut vraiment comprendre ce qui s'est passé dans nos têtes.

Je quitte Berlin le cœur gros, mais certaine de continuer sur cette voie là. Cette expérience m'a fait comprendre que le cinéma devient pour moi plus qu'une passion. C'est charnel, physique, intellectuel, c'est une drogue qui ne me quittera jamais. Elle m'a permis de connaitre des gens géniaux, et ça n'est que le début.
A propos de gens géniaux: voici le cadeau qu'on a fait pour Katja, notre grande soeur qui nous a toujours présenté à ses amis sous le doux nom de "meine Jury"...

13 février 2008

Voyage voyages

Le nord de la France avec Doillon. Paris vu par des Coréens grâce à Sangsoo. New-York par Patti Smith. L'Autriche grâce à Spielmann. L'Espagne populaire de Bunuel. Le Mexique via Zonca. Téhéran par Assmann. Oswice par Thalheim.

etc, etc.

De Berlin, je vois le monde entier. Le monde entier est à Berlin. Wir sind auch dabei.


10 février 2008

Boulimie cinématographique.

Les films s'enchaînent de plus en plus. Ceux de notre sélection, un ou deux par jour, et tous les autres que nous réussissont à voir. Nous procurer des billets est d'une telle facilité que c'en est presque insolent.
Vu hier les courts métrages "Robin" et "Teenage Angst", l'interminable "fabrique des sentiments" et le formidable "There will be blood" qui devrait rafler un gros nombre d'ours.

Dans une heure je vais voir "Julia", le dernier Zonca, ensuite "Am Ende kommen Touristen" - par le gagnant de "dialogues en perspective" d'il y a deux ans - puis, après le documentaire de notre section "Football under cover", on ira voir le film sur Patti Smith. Notre moyenne pour l'instant est d'environ 3 à 4 films par jour. Et c'est un sentiment magique à chaque fois que les lumières s'éteignent.

L'ouverture de notre sélection "dialogues en perspective" s'est faite vendredi soir, sur le film "Berlin, 1. Mai". Une salle bondée, une rangée réservée pour nous, et le directeur de la section qui nous présente... et nous réclame sur scène. Voilà les 7 jeunots du jury alignées en rang d'oignons devant 500 personnes, dont la moitié étaient les équipes des films de la sélection. Impressionnant.
Le plus impressionnant étant sans doute notre premier dialogue après le film. Mais là-dessus, secret défense!

Après ce travail intellectuel, place à la détente. Une soirée était organisée pour notre sélection, dans une énorme salle du cinéma VIP de la Berlinale, où se déroulent toutes les avant-premières officielles. Une fête incroyable qui nous a permis de rencontrer pas mal de gens, et de mieux nous connaître aussi.

Bref, beaucoup à raconter, tellement que nous nous forçons chaque jour à mettre les grandes lignes par écrit, de peur d'oublier certains moments importants.

Et maintenant je dois vous laisser, le premier film de la journée m'attend.

08 février 2008

Jour 0

Premier jour chargé, comme tous ceux qui vont arriver. Ne m'en voulez pas de tout raconter en style télégraphique...

10h, les membres se retrouvent dans le hall de l'hôtel et font connaissance. Jury assez jeune, de 18 à 23 ans, mais super intéressant. Certains sont étudiants en cinéma, d'autres en cursus LLCE allemand ou franco-allemand. Des personnalités super différentes, mais l'ambiance est bonne.
Notre "grande soeur" s'appelle Katja. Etudiante en école de cinéma, elle bosse pour la Berlinale, coordine notre programme, et nous accompagne partout, toujours un grand sourire aux lèvres.

Après un passage au siège de l'OFAJ et un super repas dans le Nikolaiviertel, nous sommes partis nous balader, profiter de ces dernières heures de liberté pour boire un verre et mieux nous connaître.

(tous les membres du jury n'y sont pas. En haut, les deux "doyens" du jury, Julian et Markus, en bas Julian et Susanne, la cadette)


Après avoir constaté qu'en fait nous aurons peu de temps pour voir les autres films des autres sélections, nous nous sommes quand même concoctés un programme archi-chargé, mais enthousiasmant.
Un café plus tard il est déjà l'heure de repartir pour l'hôtel. Nous sommes présentés au président de notre jury, qui vient d'arriver. Après une présentation et quelques questions, on replonge dans le U-bahn direction le Zoo Palast, où nous assistons à l'avant-première de "Shine a light", un documentaire de Scorcese sur les Rolling Stones.


Malheureusement nous n'étions pas dans le cinéma où les Stones et Scorcese présentaient le film... dommage, mais on ne peut pas tout avoir. Et on s'est vite rendu compte, vu les queues interminables devant notre ciné, qu'on était quand même super privilégiés d'avoir des billets pour l'avant-première.
La salle est immense, et l'ambiance quasi aussi chaude que si les Stones étaient là. Ça applaudit, ça boit du champagne et ça se bouscule pour les meilleures places - pas nous, heureux détenteurs des billets, installés tranquillement avec les autres privilégiés 15 min avant tout le monde.

Le film... est frustrant. C'est à 90% un concert des Stones filmé par Scorcese, à 10% un patchwork d'archives d'interviews, d'images. La Scorcese-touch manque. Le début du film est très drôle, S. se met en scène en train d'organiser le tournage du concert, s'acharnant pour soutirer au groupe une play-list digne de ce nom, groupe qui s'amuse gentiment à faire tourner "Marty" en bourrique en lui refilant la play-list... 1 minute avant l'entrée sur scène.
Cette intro n'est malheureusement qu'une intro... la musique arrive et ne part plus.
Bon, ne crachons pas dans la soupe non plus, il s'agit de véritables bètes de scène dégagant une énergie incroyable. On est quand même transportés et enthousiastes... mais ce qu'on n'a vu n'était pas un vrai film. On s'en va charmés mais frustrés, et surtout pressés d'attaquer la fiction.

Pour nous c'est demain que tout commence. Je ne peux malheureusement pas dire grand chose, étant tenue au plus grand secret! Le film s'appelle "Berlin, 1. mai". Pas encore eu le temps de me renseigner dessus, mais j'ai déjà reçu au moins 100 pages de doc sur tout le festival que je tenterai d'ouvrir un de ces quatre.
Je ne pensais pas qu'on aurait des journées aussi chargées! Mais c'est super excitant... Et les gens qui nous encadrent sont super.

Love from Berlin!

02 février 2008

Le calme avant la tempête.

Je suis en vacances, il ne pouvait rien m'arriver de mieux. Après la journée franco-allemande, la journée porte ouvertes et ce cours désastreux sur la chanson "Paris" de Camille, où mes élèves se sont montrés aussi enthousiastes que des mollusques sous neuroleptiques, j'avoue que je n'avais qu'une envie: oublier le lycée pour un petit bout de temps. C'est chose faite, ouf!

Suis maintenant à Leipzig. Soirée à l'école des beaux-arts, dîner (lecker!) avec Albine et son amoureux, concert au Gewandhaus ce soir, petite virée à Dessau demain, bibliothèque of course... les jours passent agréablement, je respire. Mais surtout, j'attends.

Ben oui, j'attends. J-4 avant mon départ pour Berlin. Entre temps, le jury dont je fais partie a eu droit à son communiqué de presse et je dois avouer que c'est assez excitant de voir mon nom dans la liste. Le programme a été lui aussi publié... pas mal de films français, le nouveau Guédiguian, Laetitia Masson, Jacques Doillon, Gondry etc, une rétrospective Buñuel, le nouveau Scorcese... sans compter la sélection Dialogues en Perspective, qui compte 13 films et qui sera pour moi un passage obligé. Et je suis bien loin de m'en plaindre!

Le président de "mon" jury cette année s'appelle Peter Sehr. Il est réalisateur et producteur, et compte parmi ses quelques succès le film "Kaspar Hauser", pour lequel il a gagné le prix du meilleur film allemand il y a une dizaine d'années. Il a depuis fondé avec son épouse française une maison de production franco-allemande... d'où sa présence dans le jury.

J'ai vu il y a quelques jours le prix de l'an dernier: "Prinzessinenbad". Un documentaire sur cinq copines de 15 ans qui passent leur été autour de la piscine en plein air "Prinzenbad", dans Kreuzberg à Berlin. Elles glandent, picolent, draguent, se marrent, parlent mecs, sexe, école, avenir. Des p'tites nanas au caractère bien trempé, drôles et attachantes, et une réalisatrice qui a su rester en retrait pour les laisser s'exprimer. Un très bon premier film... que tous ceux qui vivent en Allemagne et qui lisent ces lignes n'hésitent pas à le voir! Il est disponible en dvd...

22 janvier 2008

Le jour le plus long

Aujourd'hui, la France et l'Allemagne fêtent la 5ème journée franco-allemande. Créée par Chirac et Schröder à l'occasion des 40 ans du Traité de l'Elysée, elle est sensée faire parler du pays voisin, de sa langue et de sa culture, et promouvoir les institutions franco-allemandes. Baignant de plus en plus dans le monde franco-allemand, j'ai cette année participé plein pot à cette longue, très longue journée.
Qui a commencé ce matin à 7h à l'école, pour préparer avec les élèves de 12ème une vente de spécialités françaises - crèpes, mousse au chocolat, gâteaux... Le tout accompagné de nappes et serviettes bleues blanches et rouges, sur un air d'accordéon. Un succès! Mais surtout un gros boulot...


Les héroïnes du jour, mes deux collègues prof de français: à gauche Katrin, à droite ma tutrice Annett.

... et les 12ème en plein travail.

La dernière heure de cours enfin terminée, je file direction l'institut français à Dresde. A 16h a lieu le vernissage de l'expo France-Saxe, préparée par des étudiants en français de la fac de Dresde. Une partie de l'expo était consacrée aux francophones vivant en Saxe, et, la communauté française n'étant pas grande, j'avais été contactée avant Noël par une étudiante pour une petite interview concernant l'expo. L'entretien s'était super bien passé et m'a permis de sympathiser avec Carola, l'étudiante en question. Elle m'avait donc logiquement invitée au vernissage, qui accueillait en gros toute la communauté franco-allemande de Dresde. Le moyen de revoir des visages un peu perdus de vue, et d'en rencontrer des nouveaux.

Le résultat de l'interview, que l'on pouvait aussi écouter...


En tout cas une super initiative, venant de deux profs de la fac de Dresde qui en ont eu assez des blablas et des propositions en l'air balancées chaque année depuis cinq ans à l'occasion. Ils ont eu envie de développer un vrai projet concret avec les étudiants... qui en ont bien bavé je crois, mais qui au final avaient l'air ravis du résultat. L'institut était plein à craquer et l'ambiance très sympa... chapeau Carola et les autres!

Enfin, dernier évènement sympa de la journée, l'édition spéciale de rencontres.de - notamment un extrait très drôle des meilleures bourdes commises en allemand ou en français par les membres de la rédaction... Vous voulez connaître la mienne?
Alors bonne lecture!

16 janvier 2008

Berlinale!

C'est officiel donc j'ai le droit de le crier partout:
Je suis membre du jury "Dialogues en perspective / Perspektiv deutsches Kino" du festival du film de Berlin!!
C'est un jeune jury composé de 4 français et 3 allemands, ou l'inverse, qui récompense le film d'un jeune réalisateur à la fin du festival.
Après m'être arraché les cheveux sur une liste de questions du style "racontez un moment franco-allemand personnel", "rédigez une critique de "la vie des autres" ou encore "quel est votre scénariste favori?", j'ai passé un petit entretien téléphonique en allemand avec une jeune femme de TV5, qui co-organise le concours avec l'OFAJ.
Et qui m'a écrit aujourd'hui pour m'annoncer la bonne nouvelle.

Le coup de bol c'est que le festival tombe pendant les vacances de la Saxe, donc je n'ai pas besoin de m'absenter de l'école. Du 6 au 17 février, je serai donc à Berlin, certainement chez le p'tit Lü.
Est-il nécessaire d'ajouter que je suis surexcitée?

En attendant j'ai un boulot énorme qui m'attend, notamment à cause de la journée franco-allemande qui arrive: on organise à l'école une dégustation "typisch französisch" qui s'annonce délicieuse mais qui demande une organisation dingue. Et si je dois reconnaitre que la classe avec qui nous organisons ça n'est ni la meilleure ni la plus sympa, ils ont au moins le mérite d'adorer les spécialités françaises... et donc d'être super-motivés pour organiser la journée.
On les attrape comme on peut!

06 janvier 2008

Ah, Paris

Oui, il y a toujours un truc étrange dans l'air parisien. Quelque chose d'inconnu, qui rend fébrile, avide. Envie de tout faire, de tout voir - les gens, les films, les livres, les expos, les concerts. Sensation de manque à combler, parce que cette ville a l'art de vous rappeler tout ce que vous avez loupé ces derniers mois. Ça en devient forcément frustrant, parce que bien sûr on ne peut pas tout faire en un temps limité. Mais on essaye d'en faire le maximum, sans que ça en devienne une course forcée.
Pour ma part, vu "La visite de la fanfare" que j'ai trouvé superbe, "La nuit nous appartient" pas mal du tout, "Actrices" sympathiquement déjanté et sur le tard "Les promesses de l'ombre", thriller déroutant, entre ce calme londonien rappelant les prises de vue de "match point" et des scènes ultra violentes. Mais bon, Viggo Mortensen. Ça veut tout dire.

Découvert la biographie de Truffaut par Antoine de Baecque et Serge Toubiana, que je ne lâche plus. Bien écrit, passionnant, encore un livre qui donne envie de le fermer pour se plonger dans la filmographie de Truffaut - sans doute le meilleur moyen de le connaître, quand on y pense.

Vu "Allemagne, années noires", très bonne expo sur l'expressionisme allemand.

Ecouté le dernier "hocus pocus", qui en jette.

Vu autant de gens que j'ai pu. Mangé une bavette avec les uns, bu des mojitos avec les autres, etc. C'est toujours trop court et jamais assez, mais c'est mieux que rien. Ils me manquent tous ces zigotos, souvent.

Je rentre en Allemagne la tête pleine, les poches vides.

Paris est une putain qui vous prend tout votre argent, c'est connu depuis si longtemps. Mais ça valait tellement le coup que je ne lui en tiens pas rigueur.

Longue vie à elle.

EDIT en photos: sur mon chemin, j'ai croisé...

... un moscovite d'adoption au regard de fier pionnier...


... un studio photo tapissé de livres, le pied...


... une amatrice de galettes des rois...


... Carla Bru... heu non pardon. Les lunettes de mouche de Caro, après le quatrième mojto.

03 janvier 2008

Je vis encore. Mais tout passe tellement vite, verdammt! A peine le temps dire ouf et les vacances à Paris sont déjà terminées, le nouvel an aussi. Et je me retrouve avec des milliards de choses à faire en me demandant, comme d'habitude, par quel bout je pourrais bien commencer.

Donc je ne m'attarderai pas. Je souhaite à tous ceux qui liront ces lignes une excellente année 2008, amour, gloire et beauté comme dirait la meilleure de toutes mes cousines (j'en n'ai qu'une), et longue vie.

Je vous embrasse

A*

ps: à ceux à qui je n'ai pas répondu aux voeux de bonne année... je donne bientôt de mes nouvelles, promis!

15 décembre 2007

Première fois

C'est étrange d'être publié pour la première fois. Peu importe dans quel média, c'est une drôle d'impression. On voit ses propres mots affichés, on voit son nom écrit noir sur blanc. On relit le tout, et les mots semblent ne plus vous appartenir. Ils sont là, à la merci du lecteur, prêt à les dévorer un par un. Le produit de vos réflexions personnelles, de ces minutes, heures ou semaines passées devant l'ordinateur à chercher la tournure avec un grand T, le titre qui convient, la conclusion parfaite... tout est exposé, étalé, là devant vous, ça en deviendrait presque indécent.

Puis vient la phase critique: celle de la vraie relecture. Lorsque vous avez l'esprit clair et dégagé, une bonne nuit de sommeil derrière vous. Et là, non seulement les mots vous semblent étrangers, mais en plus vous les trouvez dans l'ensemble... peu excitants. Plats. Chiants.
Pas évident la première fois. Mais comme dirait l'autre, c'est en forgeant qu'on devient forgeron...

Et puis vient l'anecdote marrante. Mon article d'essai pour rencontres parle de l'expérience d'assistante de Marion. Or maintenant c'est moi l'assistante. Et comme les autres je suis abonnée à une liste commune qui permet aux assistants français de rester en contact, et grâce à laquelle on peut envoyer des messages communs.
Or aujourd'hui parmi ces messages il y a une assistante qui recommande de lire... mon article, toute contente qu'"on parle de nous".

Alors on se console en se disant que ce qu'on a écrit ne restera pas dans les annales, mais que ça aura au moins plu à une personne. Et qu'au fond, c'est déjà un début. Oui, je parle de début parce que une chose est sûre: malgré les drôles d'impressions nées de cette première fois, je suis certaine d'une chose:
je suis loin, très loin de m'arrêter d'écrire.

29 novembre 2007

Débordage

"Autant parfois je n'ai aucune envie de poster quelque chose sur ce blog, autant parfois ça me démange, et pas qu'à moitié.
Donc là ça se bouscule un peu.

J'avais envie de vous parler du débat qui a lieu autour de la création du Waldschlösschenbrücke (à vos souhaits), un pont qui risque de faire perdre à Dresde son statut de patrimoine mondial de l'Unesco.

Je voulais également vous parler de la tribune commune des maires de Sevran, Tremblay-en-France et Saint-Denis dans libé aujourd'hui.

Et puis je voulais me faire l'echo de ce que j'entends ici sur les banlieues, sur les grèves, les blocages.

Il devait aussi être question des marchés de Noël qui fleurissent partout en Allemagne en ce moment.

On aurait pu également évoquer mes projets futurs. Rencontres, la berlinale, Cendrillon. Mon départ demain pour Leipzig. La soupe au potiron que mon coloc' est en train de préparer.

Et puis en fait il y a trop de chose à dire et ce soir je suis bien paresseuse..."

... alors je vous laisse chercher vous-même!

1) Quelle est la nature de ce texte? Justifiez.
2) Relevez les mots-clés. En quoi sont-ils la preuve d'un certain désarroi de la part de l'auteur?
3) Rédigez un texte d'une dizaine de ligne, reprenant les mots-clés et le style (hautement littéraire et, disons-le, incomparable) de l'auteur.

(ceci s'appelle la meilleure pirouette du prof pour avoir la paix en cours pendant une heure)

27 novembre 2007

On the road again

Moi qui avait commencé un long post pour raconter ce week-end plus qu'actif, je me rends compte que je n'avais pas enregistré mon brouillon... grrr...
Donc, comme d'hab lorsque j'ai la flemme d'écrire mais l'envie de raconter, voici en vrac le récit de mon petit périple:

Arrivée jeudi soir à Leipzig avec un amoureux certes absent à la gare mais... présent aux fourneaux (il sait me prendre par les sentiments ce garnement), vendredi matin le début de la formation proposée par l'institut français visant à corriger et examiner le DELF, revoir les anciennes collègues de marine, mes nouveaux collègues assistants, échange et partage des premières impressions, puis delf, delf et redelf...
En fin de journée, l'apéro avec les assistants puis concert de mon amoureux à la soirée d'anniv d'un ami, dans un appart' squatté qui comme d'habitude débordait de monde - bonne musique et bière à 1 euro, assez logique au fond.
La vodka coule à flots chez les français...

... qui se pointent le lendemain matin avec une sacrée gueule de bois. Et c'est reparti pour une demi-journée de delf.
A 13h, ouf, nous sommes libres mais surtout morts de faim et épuisés. La troupe des saxons va grignoter quelque chose en ville, puis chacun regagne ses pénates pour se remettre de la soirée d'hier.



Après avoir vaguement dormi et trainé une mauvaise humeur tenace toute l'aprèm, mon amoureux s'étant exilé à bab-el-oued pour les besoins de son assoc', je décide d'accepter l'invitation à dîner de ses voisins. Repas délicieux et ambiance gemütlich... j'ai bien fait!!

Mais le lendemain, pas question de se tourner les pouces au lit: je pars à 10h30 pour Berlin.
Aaah Berlin... La seule ville où je ressens au bout de trois minutes le besoin pressant d'y passer le reste de mes jours.
Le petit lü m'attend chez lui. On papote, on boit un thé et on décide d'aller au deutsch historisches museum qui propose plusieurs expos intéressantes, dont une de photos sur Berlin des années 90 à nos jours. Complètement fascinant. Dire que j'ai connu la Potsdamer Platz encore vide et que je m'en souviens à peine! Enfin c'est certain que les années 90 ont métamorphosé Berlin à un point difficilement imaginable.
Ceux qui ont vu "les ailes du désir" (der Himmel über Berlin) de Wim Wenders se souviendront de ces images fabuleuses du Berlin des années 80 que l'on aperçoit sous les yeux des deux anges...

Après une balade sur le marché de Noël fraichement ouvert je rejoint le petit lü, déjà aux fourneaux (on peut presque le dire, ce week-end aura d'abord été... gastronomique).
Le 11 novembre en Allemagne on prépare traditionnellement pour la Saint-je-sais-plus-quoi un repas à base d'oie. Personne n'étant dispo le 11, le repas a été décalé, et j'étais donc de la partie. Oie grillée, choux rouge parfumé à la pomme et à la cannelle, knödel et choux de bruxelles... der Hammer!! je ne mange pas typisch deutsch tous les jours, là j'en ai donc bien profité.

Le lendemain je pars me balader dans Kreuzberg, puis dans le centre de Berlin, que je n'avais pas revu depuis avril dernier. Rentrée pour déjeuner, Uwe m'emmène dans un petit resto italien près de chez lui qui fait les meilleurs pâtes du monde. Un délice.

Et au retour, évidemment... l'inévitable séance de photomatons (notez, j'ai appris au petit lü à jouer la caillera. ça lui va comme un gant je trouve)

Il est bientôt l'heure de repartir pour Dresde. J'arrive complètement crevée et me rends compte que j'ai eu un week-end qui ressemblait à tout sauf à un week-end-trankilou-et-reposant...
... et ça continue! A peine arrivée, débarquent deux personnes pour visiter la chambre de mon coloc' qui nous quitte bientôt. Les joies des "WG castings".
Et puis il fallait bien terminer le merlot qui trainait là avec mes coloc'...

Aujourd'hui, à part la rigolote répétition de Cendrillon avec les assistants anglais (je vous raconterai plus tard le pourquoi du comment), la bonne surprise était le retour de ma tutrice à l'école. Et, ô bonheur, elle parle BIEN français. J'ai presque envie de lui parler constamment français, juste pour le plaisir de l'entendre NE PAS faire de fautes.

Je respire!

24 novembre 2007

einfach ein Gruß

Pas trouvé de temps ni de vraie occasion de rédiger un post ces derniers temps. Pourtant il s´est passé plein de choses, certaines ordinaires, d´autres un peu moins - mais comme on dit dans la langue de Goethe (les K. reconnaitront la private joke), ich komme einfach nicht dazu.

J´envoie donc simplement des Grüße à ceux qui passeront par là. Grüße en provenance de Leipzig, puis de Berlin où je serai demain - car toute personne bien informée le sait, il faut etre fou pour décliner une invitation à diner du petit lü...

Des vraies nouvelles arriveront dès lundi, lors de mon retour à Dresde.
Bis dahin!

15 novembre 2007

Ouf.

Il était temps.
Je suis ENFIN étudiante officielle de la TU Dresden - ce qui signifie avant tout que je bénéficie des transports gratuits jusqu'à la frontière tchèque. Adieu les journées à 7 euros pour aller bosser, la fraude dans le tram et la parano à chaque fois que deux types un peu baraqués montaient dans ma rame...
Signe ou pas signe? Au bout de ma première heure "en règle"... j'ai été contrôlée.
Ma carte d'étudiante étant moins glamour que celle de Leipzig, je ne vous gonflerai pas avec à mon retour à Noël - vous êtes déçus, je le sens. Je ferai peut-être un effort, si vous insistez...

Le second ouf c'est mon salaire, qui m'a enfin été versé. Jamais je n'ai été aussi euphorique en voyant l'état de mon compte - ne croyez pas que cela soit dû au montant, il ne dépasse pas trois chiffres. C'est simplement que je vais pouvoir retourner au cinéma, manger un peu moins de pâtes et payer des coups à tous les gens qui m'en payent depuis deux mois.

(et éventuellement m'abonner au "Zeit", m'acheter des bottes, dévaliser tous les magasins de la Pragerstr., inviter les assistants à manger, aller passer quelques jours à Leipzig, Berlin, Prague, Cracovie, Paris, l'Europe et pourquoi pas le monde entier, hein, après tout...)

NB: deux nouveaux venus dans les liens: le blog de Louise, assistante à Bielefeld (ville de Dr Oetker ou ville qui n'existe pas, c'est selon les légendes) , et celui d'Albine, assistante à Leipzig et cuisinière à ses heures perdues- plein de recettes terribles à chiper sur son blog...

11 novembre 2007

Quand les K's débarquent

Ils l'avaient promis, ils l'ont fait: les parents K. sont venus passer un week-end à Dresde, chez moi - ravis de s'échapper du quotidien parisien et de découvrir ma nouvelle ville d'adoption.

Ils en repartent ravis... et gelés. Il a fait un temps dégueu, mais ça n'a découragé personne! Entre la Frauenkirche, le Zwinger (grand musée de peinture), la vieille ville, la Neustadt, papoter et dîner avec mon coloc et sa copine, le Stadtmuseum, et les sessions Kaffee-Kuchen, le week-end a été bien rempli.




Mission: trouver un bonnet pour fifille qui a tendance à se peler les miches. Ce qui donne lieu à divers essayages, dont certains un peu fantaisistes...



Voilà, Gilou et Cathoche ont repris l'avion pour Paris, et moi ma petite vie ici - thé brûlant et chauffage à fond.

Et comme ce week-end était 90% K.'s (les 10% étant restés à Paris), une petite dédicace... (à regarder jusqu'à la fin)

08 novembre 2007

Flemme.

J'ai une flemme immense. Intense.

D'accord, je n'aurais pas dû acepter le "Weinchen" proposé par mon coloc' hier soir. Mais après tout on a tous été très occupés ces derniers jours, et l'instant était propice pour un petit verre de rouge entre nous...
Dangereux, très dangereux. J'ai atterri dans mon lit à une heure plus qu'indéterminée, l'esprit plus tout à fait clair. Le détail qui pimente le tout: ce matin à 8h50 je donnais mon premier cours seule...
Le Dieu des assistants a certainement assisté à cette fin de soirée décadente. Ce matin, je l'ai soupçonné d'avoir voulu m'envoyer un signe en retardant mon train d'une grosse demi-heure. Ha ha, me dis-je en essayant de refouler le stress qui commence à monter. Ha ha. Mais qu'est-ce qui m'a pris d'accepter ce (premier) verre de vin hier soir, bon dieu?!

Après une arrivée essoufflée-décoiffée-haletante, j'ai enchainé mon premier cours qui s'est très bien passé. Je me sens de mieux en mieux avec les élèves, et peu à peu j'ai envie de m'attaquer à l'année qui arrive et sinon de les faire progresser, au moins leur ôter leurs complexes et les faire parler...

La journée du jeudi est sacrément épuisante. 4h de cours sans pause ou presque, et me voilà à plat. La cinquième heure, une classe de 27 débutants âgés de 15 ans, m'achève. Mais c'était une journée satisfaisante dans le sens où je me sens de mieux en mieux à l'école et en cours.

Seulement voilà, maintenant j'ai la flemme.
De faire le ménage (rassurez-vous chers parents, il sera fait d'ici demain), de terminer mon deuxième article pour Rencontres (à propos: le premier va enfin paraître! Il sera en ligne le 1er décembre dans la rubrique vécu/erlebtes sur www.rencontres.de), de planifier les cours de la semaine prochaine comme les visites de Dresde à faire ce week-end, bref je me laisse envahir par la paresse...

PS: pour certains qui m'ont demandé ce que je chante avec le chœur franco-allemand, voilà un exemple. Jamais je n'aurais pensé chanter quelque chose de ce genre... et maintenant je suis accro!

07 novembre 2007

Schnell

Vous connaissez tous ce mot. Eh bien il qualifie parfaitement ma vie depuis quelques jours.

Après un week-end en amoureux et une superbe répet' avec le choeur, il a fallu reprendre le chemin de l'école... Où tout va vite, très vite.
Les cours, qui ne durent que 45 minutes.
Frau D, quand elle parle.
La pause de midi, qui dure 30 minutes si tout se passe comme prévu (or des imprévus il y en a presque tout le temps).

Au moins les élèves, eux, sont plutôt tranquilles et je leur en suis reconnaissante!

Hier après les cours, grosse réunion avec tous les profs de l'école. Au moment où je cherchais un endroit pour me planquer et dormir tranquillement, sont apparues quatre personnes membres de l'association "Zivil Courage" - une assoc' luttant contre la montée de l'extrême droite, particulièrement en Saxe où le phénomène est assez affolant. Le topo consistait à nous montrer des signes et symboles généralement arborés par les jeunes sympathisants, et à nous indiquer la marche à suivre si jamais l'un de nous repérait l'un de ces symboles ou un comportement anormal chez les élèves.
Très instructif et un peu effrayant quand même - la liste des symboles et des groupuscules saxons est très longue...

Retour nach Hause. Ma coloc' m'attend pour prendre son premier cours de français - à sa demande. On reprend tout depuis le début, la prononciation, les pronoms personnels... C'est assez drôle de lui faire cours, elle est très motivée et répète sagement ce que je lui demande. Bien contentes toutes les deux, on a décidé de remettre ça jeudi.

Après le cours, j'ai poursuivi sur le même thème: soirée française au "count down", préparée par les erasmus français de Dresde. Gros succès pour les mangeurs de grenouilles, le club était bourré à craquer et le buffet a disparu en deux minutes chrono. Et la bonne surprise dans tout ça c'était les allemands très sympa que j'ai rencontré...

... le tout a rendu le réveil de ce matin bien difficile - et puis andouille que je suis, j'avais oublié de démaquiller le drapeau français colorié sur ma joue... na ja.
Journée assez speed à l'école, mais cette fois j'ai enfin pu observer un peu et prendre quelques notes pour moi. Peu à peu j'ai bien l'intention de faire ma vie et mes cours de mon côté. Ma tutrice risque d'être absente encore longtemps, Frau D jongle entre remplacements et la grippe de ses enfants... Je pense que j'ai tout intérêt à prendre mon indépendance, histoire de ne pas souffrir des absences des uns et des autres. Et après bientôt deux semaines, ça me parait plutôt faisable.

Il faut que j'abrège ces quelques nouvelles. Je rejoins Dorothee dans 10 minutes pour assister à une conf' sur les banlieues françaises... et il faut que je prépare l'arrivée de Gillou et Cathoche, qui débarquent vendredi... et que j'attends de pied ferme!