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22 janvier 2008

Le jour le plus long

Aujourd'hui, la France et l'Allemagne fêtent la 5ème journée franco-allemande. Créée par Chirac et Schröder à l'occasion des 40 ans du Traité de l'Elysée, elle est sensée faire parler du pays voisin, de sa langue et de sa culture, et promouvoir les institutions franco-allemandes. Baignant de plus en plus dans le monde franco-allemand, j'ai cette année participé plein pot à cette longue, très longue journée.
Qui a commencé ce matin à 7h à l'école, pour préparer avec les élèves de 12ème une vente de spécialités françaises - crèpes, mousse au chocolat, gâteaux... Le tout accompagné de nappes et serviettes bleues blanches et rouges, sur un air d'accordéon. Un succès! Mais surtout un gros boulot...


Les héroïnes du jour, mes deux collègues prof de français: à gauche Katrin, à droite ma tutrice Annett.

... et les 12ème en plein travail.

La dernière heure de cours enfin terminée, je file direction l'institut français à Dresde. A 16h a lieu le vernissage de l'expo France-Saxe, préparée par des étudiants en français de la fac de Dresde. Une partie de l'expo était consacrée aux francophones vivant en Saxe, et, la communauté française n'étant pas grande, j'avais été contactée avant Noël par une étudiante pour une petite interview concernant l'expo. L'entretien s'était super bien passé et m'a permis de sympathiser avec Carola, l'étudiante en question. Elle m'avait donc logiquement invitée au vernissage, qui accueillait en gros toute la communauté franco-allemande de Dresde. Le moyen de revoir des visages un peu perdus de vue, et d'en rencontrer des nouveaux.

Le résultat de l'interview, que l'on pouvait aussi écouter...


En tout cas une super initiative, venant de deux profs de la fac de Dresde qui en ont eu assez des blablas et des propositions en l'air balancées chaque année depuis cinq ans à l'occasion. Ils ont eu envie de développer un vrai projet concret avec les étudiants... qui en ont bien bavé je crois, mais qui au final avaient l'air ravis du résultat. L'institut était plein à craquer et l'ambiance très sympa... chapeau Carola et les autres!

Enfin, dernier évènement sympa de la journée, l'édition spéciale de rencontres.de - notamment un extrait très drôle des meilleures bourdes commises en allemand ou en français par les membres de la rédaction... Vous voulez connaître la mienne?
Alors bonne lecture!

16 janvier 2008

Berlinale!

C'est officiel donc j'ai le droit de le crier partout:
Je suis membre du jury "Dialogues en perspective / Perspektiv deutsches Kino" du festival du film de Berlin!!
C'est un jeune jury composé de 4 français et 3 allemands, ou l'inverse, qui récompense le film d'un jeune réalisateur à la fin du festival.
Après m'être arraché les cheveux sur une liste de questions du style "racontez un moment franco-allemand personnel", "rédigez une critique de "la vie des autres" ou encore "quel est votre scénariste favori?", j'ai passé un petit entretien téléphonique en allemand avec une jeune femme de TV5, qui co-organise le concours avec l'OFAJ.
Et qui m'a écrit aujourd'hui pour m'annoncer la bonne nouvelle.

Le coup de bol c'est que le festival tombe pendant les vacances de la Saxe, donc je n'ai pas besoin de m'absenter de l'école. Du 6 au 17 février, je serai donc à Berlin, certainement chez le p'tit Lü.
Est-il nécessaire d'ajouter que je suis surexcitée?

En attendant j'ai un boulot énorme qui m'attend, notamment à cause de la journée franco-allemande qui arrive: on organise à l'école une dégustation "typisch französisch" qui s'annonce délicieuse mais qui demande une organisation dingue. Et si je dois reconnaitre que la classe avec qui nous organisons ça n'est ni la meilleure ni la plus sympa, ils ont au moins le mérite d'adorer les spécialités françaises... et donc d'être super-motivés pour organiser la journée.
On les attrape comme on peut!

01 novembre 2007

Expérience.

Aujourd'hui dans le genre sensations fortes, j'ai été servie.

Passons la grosse frayeur en ne voyant plus, ce matin à 6h30 (vous avez bien lu - inhumain non?) mon fidèle vélo dans la cour ce matin... Bon ok, selber schuld, je l'avais laissé garé ailleurs. Mais déjà l'adrénaline se rassemblait dans mes cordes vocales, prètes à insulter la terre entière...

Aujourd'hui à l'école j'étais sensée, après une heure d'histoire sans problème avec les 13ème vus mardi, avoir une heure libre puis deux heures de français.
En réalité, ma tutrice étant toujours absente, tout a été chamboulé... et voilà Frau D., qui me chaperonne en ce moment, se tournant vers moi un peu flippée et me disant combien ça l'arrangerait si je m'occupais des 13ème... maintenant. Seule.
Bon, c'est vrai qu'ils avaient juste à terminer le travail en petit groupe commencé mardi. Je n'aurais qu'à passer dans les rangs pour corriger les fautes et donner un coup de main.
Mais quand même!!! j'ai senti un petit vent de panique me traverser lorsque j'ai hoché la tête en disant "ich mach das". Ma voix intérieure a protesté, mais c'était trop tard.
Deux minutes plus tard c'était parti... et ça s'est très bien passé. Wie gesagt, je n'avais pas grand chose à faire et l'heure a passé bien vite. Et puis les 13ème sont très sympa, et font des efforts.

Frau D. perdue de vue, je regarde la suite de mon emploi du temps chamboulé, et visiblement j'enchaine sur du français avec les 12ème. J'arrive dans la salle, les élèves sont seuls. On me regarde bizarrement, et je comprends vite qu'il va falloir attaquer sans Frau D., qui se débat encore avec ses changements d'emploi du temps...
Tant pis je me lance. Je me présente en français, leur pose des questions. Aucune réaction. C'est vrai, ils ne font du français que depuis un an... je mélange un peu français et allemand, et peu à peu ils se décoincent.
L'ambiance de cette classe (17-18 ans), malgré seulement un an d'écart avec les 13ème, est beaucoup plus ado-con-con. Ca chambre pas mal, et les garçons "ressentent le besoin" de faire les imbéciles devant moi. Mais au bout de quelques minutes ils se calment un peu, essayent de me comprendre et de baragouiner un peu de français. Frau D. finit enfin par arriver, et les encourage à me poser des questions, à "m'utiliser".
Je remarque peu à peu que Frau D. me sollicite beaucoup. Je la comprends, elle est super heureuse d'avoir une native "à disposition" et a des tas d'idées. Et puis elle veut m'intégrer... mais un peu trop vite je trouve. Je n'ai même pas encore observé de classe de français, parce qu'elle me fait faire tout de suite des travaux avec les élèves. Et lorsqu'elle me demande d'improviser un petit exercice avec les 12ème que je connais depuis dix minutes, et ce après 3h de cours sans pause, je lui dis gentiment que c'est un peu tôt. Un peu plus tard je lui explique que cette semaine, à part me présenter, je suis sensée uniquement observer... chose qu'elle avait un peu mise de côté.

Les deux dernières heures ont été vraiment "krass"... spéciales... Ce sont des classes techniques que je n'aurai pas - ils ne font pas de français - mais Frau D, qui leur enseigne l'allemand/communication m'a proposé de venir, juste pr voir. Et voyant l'intérêt de la classe (la première: des BEP vente) pour moi, elle décide de leur apprendre à se présenter en français...
Chose d'un côté un peu stupide je trouve, parce qu'ils n'ont jamais fait de français et ce ne sont pas 45 minutes qui vont changer les choses, et d'un autre côté pas si bête, parce qu'elle a tout de suite voulu exploiter le brin de motivation montrée par les élèves, et ça n'a pas trop mal fonctionné, même s'ils sont loin d'être aussi cool que les classes lycées.

Mais le pire était à venir. Là encore, Frau D m'a proposé de venir pour "l'expérience". Eh bien j'ai été servie!!
Il s'agit d'une classe de 8 élèves qui n'ont pas obtenu de place en formation en alternance dans une entreprise - à cause de mauvais bulletins, problèmes de discipline etc. Ils sont donc une fois par semaine à l'école pour prendre des cours sensés les aider à trouver une place.
En rentrant dans la classe, le choc. Physiquement, ils sont presque tous affreux. Ils parlent fort et mal, s'adressent à la prof de façon limite, peuvent à peine se concentrer, remuent en permanence. Pour certains on pourrait presque dire qu'ils ont des problèmes mentaux.
Mais comme tous depuis le début, ils sont très cool avec moi et semblent un minimum intéressés. Du coup rebelote, Frau D. décide de leur inculquer un peu de français, histoire de les valoriser un peu et ravie de les voir montrer de l'intérêt...
Je participe comme je peux mais je laisse Frau D. s'en occuper. En sortant je suis lessivée, et elle aussi. Elle me confie qu'elle est une des seules à bien vouloir s'occuper de ce genre de classe - les autres profs craquent très vite et ça ne m'étonne pas.
Son argument, et il n'est pas faux, c'est que ces élèves ne sont absolument pas méchants. Ils n'ont juste pas été éduqués par leurs parents, et elle trouve injuste de les sanctionner à cause de ça. Mais il faut quand même avoir les nerfs solidement accrochés pour s'occuper d'eux.
En sortant je suis soulagée en pensant à mes lycéens timides, souriants, au pire un peu trop adolescents...

... jusqu'à ce que j'apprenne que ma tutrice vient de passer à l'école, pour dire qu'elle est en congé maladie pendant encore deux semaines. Aaargh! Résultat, je commence la semaine prochaine la transition vers mes premières heures de cours seule - et pour compenser j'observerai un peu moins. Donc moins d'heures passées à l'école mais plus de travail. Maintenant que je connais les classes ça ne me gène pas, j'aurai juste 2 fois une heure à faire seule - à chaque fois introduites par Frau D, et avec des élèves très cool...

... Donc je ne panique pas. Du moins pas encore, ha ha.

[rire nerveux]

30 octobre 2007

Premier jour

Voilà, aujourd'hui c'était mon premier jour, malheureusement pas avec ma tutrice mais avec une autre prof de français-histoire-allemand. Très sympa, elle m'a présentée à tout le monde et j'ai passé la première heure à serrer des pognes- évidemment je n'ai retenu quasiment aucun nom ni matière... Ah ces profs allemands et leur "bi-compétence", ça me fait toujours rire. Quand on m'a dit que le gros moustachu transpirant qui venait de passer n'enseignait pas que le sport mais aussi les arts plastiques, je n'ai pu réprimer un petit rire [discret, il ne s'agissait pas de se faire remarquer dès le début...]

J'ai donc assisté à deux heures d'histoire - au programme, l'Allemagne après 45 et aujourd'hui la Conférence de Potsdam. Cours relativement classique mais qui se démarque d'un cours français par son dynamisme. Les élèves sont tous sollicités, et plus d'une fois, mais prennent aussi la parole volontairement - ô surprise.
Ce dynamisme, il m'avait déjà surpris lorsque j'étais en fac avec les allemands de Leipzig. Il faut croire qu'il est à la base de l'enseignement allemand - la fameuse "Schulorientierung" dont on nous a parlé à Altenberg.

Puis, après une mini-pause et un goulasch avalé en vitesse (ô heure du midi sacrée en France, je t'ai regrettée aujourd'hui), c'est parti pour l'heure de français avec des 13ème (la dernière classe du lycée, ils apprennent le français depuis env. 3 ans).
Leur job: créer par groupe de deux un dialogue mêlant le vocabulaire de l'achat et des vêtements - à présenter jeudi devant la classe.
Mon job: passer dans les groupes, corriger, conseiller, rassurer les angoissés qui prétendent ne pas me comprendre du tout... et continuer à leur parler français...

La première impression est plutôt bonne: le niveau n'est pas terrible mais ça je m'y attendais, mais au moins les élèves sont sympa, se mettent au boulot sans trop broncher et sont plutôt tranquilles. L'aspect un peu délicat, c'est les grosses fautes que je découvre chez la prof avec qui je bosse cette semaine - pas évident de lui glisser devant tout le monde qu'elle vient d'écrire une énormité au tableau...
Mais l'avantage avec les deux profs avec qui je vais travailler cette année, c'est qu'elles sont relativement jeunes, ouvertes et surtout ravies de m'avoir au lycée. Ce qui signifie que j'ai pas mal de liberté de mouvement et que je peux leur dire beaucoup de choses... et puis elles se donnent du mal pour moi.
Entre celle qui n'était pas sensée s'occuper de moi et qui le fait tout de même à fond et de bon cœur et l'autre malade qui m'appelle après mon premier jour, demandant mes premières impressions et se confondant en excuses de ne pas pouvoir être là, je me trouve plutôt bien lotie.

Reste à voir le plus important: mes cours, et comment ils seront acceptés par les jeunes monstres du lycée...

25 octobre 2007

3 jours épuisants mais ô combien instructifs!
Compte-rendu dès que j'ai récupéré un peu de sommeil... mon lit m'attend...

23 octobre 2007

Altenberg, Altenberg, 3 jours d'arrêt.
Entre kölnisches Bier, simulations de cours, accents suisses et québecquois, discours à rallonges, lever douloureux, soirées piano-wifi-vin-blanc et travaux de groupe, j'apprends jusqu'à demain soir à devenir une gentille assistante de français.

Retour à Dresde dans la nuit de jeudi à vendredi...
... bis dahin!

17 octobre 2007

On avance...

Première rencontre avec ma tutrice, qui a proposé hier de passer me voir aujourd'hui chez moi.
Je suis plutôt contente... Elle m'a rassurée sur certains points, m'en a expliqué d'autres.

Le résultat c'est que j'aurai principalement des 11ème, 12ème et 13ème (de 15-16 ans à 18-19).
Comme ils n'ont pas suivis le parcours classique (je bosse dans une sorte de lycée qui mélange enseignements techniques et enseignement général - option éco) ils commencent le français en 11ème - j'aurai donc des élèves débutants et d'autres qui font du français depuis un ou deux ans.

Ma tutrice a reconnu que le français n'est pas la priorité des élèves. Ils en ont besoin pour passer le bac, c'est plus un passage obligé qu'autre chose. Pourtant, elle m'assure qu'avec ses classes générales elle n'a aucun problème de discipline, et que ce sont même des élèves sympa et plutôt motivés.
Elle leur a parlé de moi et mon arrivée prochaine: la réaction a été ni de la joie ni de la peine mais plutôt... du désespoir!! Elle ne leur a pas dit que je parlais allemand, donc en gros ils s'attendent à une suite infinie de malentendus et de problèmes de communication... Eh oui, leur prof est allemande et cela représente une certaine sécurité de savoir qu'on peut toujours glisser dans l'autre langue s'il y a un problème.
Elle m'a donc conseillé de ne pas trop leur "dévoiler" mon allemand, pour qu'ils ne soient pas tentés de jouer la sécurité avec moi. Ça tombe bien, c'était bien mon projet...

D'après elle, elle a surtout envie de proposer aux élèves un enseignement motivant... elle compte donc sur moi pour les faire parler de l'actualité en France (par-fait), leur trouver des chansons et des poèmes sympa... mon boulot quoi!
En une heure de conversation avec elle toutes mes idées se sont clarifiées et concrétisées: bosser sur la langue des jeunes à partir d'extraits de "l'esquive", leur faire jouer des petits extraits de Molière (merci Marion!), leur montrer des extraits de journaux -papiers et télévisés - , leur passer "grand corps malade", Bénabar et Prévert, bosser sur Paris (la banlieue, le Vélib'...), sur les nouveaux auteurs de bd français...

Le gros mensonge du jour c'est lorsqu'elle m'a demandé si je n'étais pas déçue de ne pas travailler à Dresde. Ce à quoi j'ai dû répondre un grand "nein, überhaupt nicht!" qui n'était peut-être pas sincère, je l'avoue...

Nous sommes convenues que la première semaine serait pour moi de l'observation, histoire que les deux camps "moi" et "les élèves" s'apprivoisent. Elle en a profité pour me dire qu'elle aimerait parler régulièrement français avec moi, et que je suis libre de lui dire si je trouve que quelque chose cloche dans son cours.

Une femme très ouverte, je pense que le courant va bien passer.

... bon, et maintenant j'ai vraiment hâte de m'y mettre!

Vendredi, départ pour Leipzig où je reste un petit week-end, et lundi matin je pars avec Lucie pour à Altenberg à côté de Cologne, où tous les assistants vont recevoir une formation de trois jours.
(Et pour ceux qui ne seront pas à Altenberg, allez voir la formation "extra" dispensée par Louise sur son blog... Prenez-en de la graine, mesdemoiselles!)