29 mai 2007

"Ernst ist das Leben, heiter ist die Kunst"

La journée de dimanche a été assez extrême en son genre.

Je suis partie à Berlin pour aller voir la trilogie "Wallenstein" de Schiller, mise en scène par Peter Stein, interprétée entre autres par Klaus Maria Brandauer. L'idée venait de Florian, qui m'avait prévenu qu'il s'agissait d'un vrai marathon: la trilogie est représentée en intégralité, et dure... 10 heures.

En y réfléchissant, je me dis que certes, 10 heures ça paraît très long, mais que ce genre d'expérience peut être unique en son genre. Entre-temps je tombe sur de bonnes critiques dans la presse, je me renseigne rapidement sur la pièce... et me rend compte qu'on en parle beaucoup, et que ça a l'air assez exceptionnel. Tope la, je suis partante.

La pièce est jouée dans une ancienne brasserie de bière, à Neukölln. Heureux hasard, un ami de Florian habite à 5 minutes à pied et nous accueille chez lui. Il habite en WG... avec 13 autres personnes. La plus grande coloc' que j'aie jamais vue, avec des coloc âgés de 21 à 60 ans. Presque une sorte de petite communauté, très organisée, qui tient à ce mode de vie bien particulier. Etonnant!

A peine arrivés, nous voici partis pour le théâtre.
Quel choc! Les mots manquent pour décrire dix heures d'une pièce magistrale, en tous points: le texte, la mise en scène, les comédiens...


Quand au temps, il joue lui aussi un rôle essentiel parce qu'on en ressent les effets physiquement. Heureusement il y a quatre pauses, qui permettent de se ressourcer exactement comme on reprendrait des forces après une course de deux-trois heures. Donc au début c'est un peu fatiguant, ça demande une grosse concentration (surtout lorsqu'on n'est pas germanophone), parfois on perd le fil, et peu à peu le corps s'habitue à ce nouveau rythme. A la fin on en deviendrait prsque süchtig - plus aucune envie que ça s'arrête, même s'il est minuit...


Je ne me lancerai pas dans un résumé de la pièce, bien trop complexe. En tout cas c'était incroyable, et je suis vraiment heureuse d'y être allée...

26 mai 2007

J'ai testé pour vous... la piscine en plein air

J'ai eu aujourd'hui l'occasion de tester la nouvelle piscine en plein air qui a ouvert tout près de chez moi. En arrivant, j'avais déjà les premiers mots de mon post en tête.
Aaaah les joies de la piscine en plein air, un samedi après-midi, pendant les vacances (mais qu'est-ce qui m'a pris?!). Tout ça c'est de la faute de Benoît (si si, tout à fait), c'est en en parlant avec lui que j'ai eu subitement envie d'aller nager. Et puis, il fait si chaud...

Donc me voilà arrivée devant deux bassins et une grande pelouse grouillants de leipzigois, petits et grands. "Oh Mann", pensai-je, "mais comment je vais pouvoir enchaîner deux brasses dans un tel boxon?".
Tant pis, j'y suis j'y reste. Pas question de rebrousser chemin. Au contraire, c'est aussi le moyen d'observer les gens, chose que j'adore faire quand je suis seule - au point de devenir complètement indiscrète en lançant mes regards de taupe au premier venu (vous avez le droit de confirmer).
Je pose mes affaires et file vers le bassin où, officiellement, on peut nager.
Ha ha.
C'est en entrant dans l'eau que je réalise que je vais avoir 21 ans.
Pourquoi?
Parce que la moyenne d'âge dans le bassin était de 10 ans. Ca criait et ça sautait partout, et "ça" empéchait surtout la (presque) vieille Ariane (aigrie) de nager tranquillement.
Cette Ariane, donc, au moment où un garçon de 10 ans lui lance un regard effronté avant de lui montrer fièrement les superbes plats qu'il fait en sautant dans l'eau, pense pendant un quart de seconde à lui faire passer toute envie de remonter à la surface.
Et là...
"Mensch", pense-je, "serais-je devenue vieille et ignoble au point de ne pas comprendre qu'à 10 ans on va aussi à la piscine pour s'amuser, barboter, éclabousser et se marrer un peu?".
Bon, soit. Le garçon remonte à la surface et repart montrer fièrement à la foule sa façon d'arroser toutes les pelouses de la ville rien qu'en sautant dans l'eau...

Deux longueurs plus tard, je redécouvre une autre espèce que j'avais oubliée: le préado. Souvenez-vous: les garçons boutonneux, voix à peines graves, enchaînent les plongeons ratés pour impressionner des petites nanas gloussant à tout va, assises au bord du bassin. Là aussi ça crie pas mal, ça parle fort. Il s'agit de montrer qu'on est une bande de potes super cool.
Mes envies de meurtre reviennent. Et puis même refrain: j'en ai fait partie, moi aussi, de ces fillettes en bikini. Le printemps c'est la saison idéale pour se rapprocher de ces bêtes étranges que sont les garçons.
Reprend-toi, Ariane!

Rassurez-vous, je suis repartie de la piscine comme j'y étais rentrée: les mains et la conscience propre.
Mais un léger soupçon s'est emparé de moi.
Aurais-je vieilli?

24 mai 2007

Full Metal Village

Un documentaire vu hier soir. Une réalisatrice coréenne est allée observer l'arrivée d'un festival de métal dans un petit village, au fin fond du Schleswig-Holstein.
Un film dans la lignée des reportages de strip-tease: bien filmé, très drôle et forcément féroce, voire cruel.
Hier soir, la salle était comble et pliée de rire...
Voilà la bande-annonce (sous-titrée en anglais, pour ceux qui ne parlent pas allemand).
A ne pas louper!


21 mai 2007

Munich

Je suis rentrée hier soir d'un week-end prolongé à Munich, chez Camille. Trois jours et demi bien intensifs, qui m'ont vraiment fait du bien. Je suis revenue pas vraiment reposée, mais bien dans mes baskets.

Arrivée jeudi aprèm, Camille vient me chercher à la gare direction la Studenten Stadt, une des cités U au nord de la ville. On se pose rapidement pour manger un morceau; il y a beaucoup de temps à rattraper depuis la dernière fois qu'on s'est vues, en janvier à Paris.

Et puis on repart direction le centre, rejoindre un ami de Camille motivé pour se faire une expo avec nous. Le temps était absolument éxécrable, donc idéal pour un musée (Munich et le National-socialisme) puis un café et une immense part de gâteau dans un café du centre (quand je dis immense: elle faisait 4 fois la taille habituelle... le sens de la mesure aurait-il quitté les bavarois?!). Je rencontre les amis de C., très sympa, ça papote dans tous les coins.
Puis nous partons pour l'immense complexe sportif construit pour les JO, où nous allons faire... du kick boxing.
Oui, vous avez bien lu!
Bon, disons qu'il s'agit plutôt d'un cours de fitness hyper intense, avec des mouvements de boxe. Au début on se sent totalement ridicule- imaginez Camille et moi devant la glace, en train de faire semblant de boxer... surréaliste. Donc on frôle forcément le fou rire, et au bout de quelques minutes on n'a plus l'énergie pour ça, donc on souffre en silence!

Deux heures plus tard nous voilà sorties de la piscine. Il est 22h, on rentre à la Stusta mais pas question d'y rester. Camille a connu la veille une française organisant le soir une Scheissaussehenparty (= le but, être le plus mal habillé possible), et nous sommes dabei!! Craignant que le thème de la soirée soit annulé, on se la fait soft avec superpositions ridicules, et nous voilà parties. La WG est assez grande et remplie de gens tous aussi kitsch, c'est parfait. Retour vers 3, 4h.



Vendredi, le soleil est au RDV et nous permet de partir nous balader dans la ville en partant de Marienplatz. On décide d'aller voir La Traviata le soir-même - pratiques les places debout à 6 euros, surtout quand, lumières éteintes, on squatte tranquillement les places assises. Après une bonne balade, un pique-nique à l'arrache (maïs et Ritter Sport... si ça, c'est pas gesund!) et une glace, Camille va au sport et moi je finis ma nuit dans le superbe jardin anglais (immense parc qui longe tout le centre ville), au soleil.


Un peu plus tard je repars: l'opéra nous attend, d'ailleurs on est tellement à la bourre qu'on nous fait poireauter en attendant la première pause. Mise en scène très décevante... au moins on était bien placés.


En sortant, les ventres vides se font sentir, Camille et moi partons vers Schwabing (le quartier un peu moins chic et plus détendu que le reste de la ville) pour dîner chez Jonathan, où le repas à base de noix de coco fraîche et la discussion s'éternisent.


Samedi, c'est reparti pour une grande balade dans la ville.

Camille me montre la fac - où il y a des années Hans et Sophie Scholl ont dispersés des prospectus anti-nazis - et la petite expo consacrée à la rose blanche, on se promène beaucoup... Munich est une ville incroyablement riche et bourgeoise, c'est parfois super oppressant. Tout pousse à la consommation, ça ne s'arrête jamais!

Puis on retourne du côté de Schwabing, où je quitte Camille quelques heures le temps de me balader un peu seule. D'ailleurs, en y réfléchissant, c'est l'étape essentielle quand on visite une ville: s'y retrouver seul.



Je prends mon temps, me balade, me perd, me pose dans un café le temps de lire (libé version papier, ô bonheur) et d'écrire rapidement... et il est presque déjà l'heure de rejoindre les autres à Olydorf, pour un barbecue organisé par l'assoc' erasmus de Munich.
L'ancien village olympique de Munich a été reconverti en cité U. Les étudiants vivent seuls ou à deux dans des minis bungalows de 20m2 répartis sur deux étages. C'est petit mais assez sympa, et chacun peut peindre sa façade...







Le barbecue était très sympa... Nous partons ensuite boire un verre chez des copains de Camille, puis vers 1h direction le Cord, un club vraiment super: musique parfaite et endroit très sympa... malgré l'ambiance un peu branchouille. On chope un bus de nuit vers 4h. Erika, amie finlandaise de Camille, vient grignoter et quatschen avec nous. On parle beaucoup, de nos expériences et de nos contacts avec les allemands, de cette langue géniale qui permet à une finlandaise et à une française de devenir inséparables... Au lever du jour Erika va se coucher, Camille et moi poursuivons la conversation... et observons le soleil qui se lève du 17ème étage.



Le lendemain, le réveil est difficile mais on se motive car le temps est toujours aussi magnifique. On commence par le jüdisches Museum qui vient d'ouvrir... et qui est très décevant. Petit, pas du tout pédagogique, tentant de se la jouer hyper moderne, il n'arrive pas à la cheville de celui de Berlin.

Qu'importe, on rejoint rejoindre les autres qui font un petit pique-nique pas très loin. Avec eux, on se balade sous le soleil cuisant et finissons par nous écrouler à la terrasse d'un glacier. Ô heureux hasard, il y a une piscine en plein air juste à côté... On y passe trois bonnes heures à barboter- c'est trop bon, ça détend, il fait super beau...

Après la piscine Camille et moi repartons nous balader un peu du côté de Schwabing, manger une dernière glace (définitivement le gericht du week-end) et profiter encore un peu du soleil. Puis il est temps de nous séparer... Camille va chanter, et moi je pars rejoindre mon Fahrer qui doit me reconduire à Leipzig. Le temps de revenir à la Stusta et de rassembler mes affaires, et il est déjà l'heure de partir.

J'arrive à Leipzig dimanche vers 1h.

Au final (s'il y a des courageux qui ont tout lu): j'ai bien aimé Munich, c'est une jolie ville qui a beaucoup, beaucoup de moyens. Mais cette richesse est oppressante et frustrante, parce que ceux qui en profitent sont les privilégiés, ceux qui eux-mêmes gagnent très bien leur vie. Et puis c'est une ville très conservatrice... Le vendredi de Pâques, il était interdit de danser dans les discothèques parce que cela "ne correspondait pas à l'état d'esprit de la journée"... Wahnsinn.

Mais aller voir Camille c'était le bon moyen de connaître un aspect différent de la ville, de rencontrer des étudiants ni riches ni conservateurs, de discuter avec eux et de confronter leurs points de vue.

C'est une ville à voir, ne serait-ce que pour se rendre compte des différences gigantesques existants entre certaines villes et certains Länder d'Allemagne.

Mais pour moi, c'est clair. Je n'y habiterais pas...

... ou alors pas longtemps.

15 mai 2007

Pour mon frérot

Les Prinzen ont bien vieillis...


A défaut d'être "Millionär" ils sont devenus moches et bouffis, et assurent leurs vieux jours en posant pour Freiberger.
"Geld, Geld, Geld..."

14 mai 2007

Canular

Un canular de plus reçu aujourd'hui.... je l'aime bien, celui-ci.
Il est encore plus grinçant que les autres, c'est peut-être pour ça.

http://www.delation-gouv.fr

Viel Spass...

13 mai 2007

Stand by

L'incertitude n'a jamais été mon truc.

Or en ce moment, je baigne dedans. Ca m'agace - je dirais même plus, ça m'éneeeerve.


Je pourrais me lancer dans la liste de ce toutes les situations où je penche, j'oscille, j'hésite, je ne sais pas, j'attends - un signe, une réponse, un coup de fil, un message, une lettre.


Mais à quoi cela m'avancera, sinon à faire de tout ça un problème, alors qu'au fond ce ne sont juste que des situations en stand by, qui attendent dans un coin d'être réglées le moment venu?


Je crois que je souffre d'impatience aigue. Banal, je sais.


Donc, weg damit! Mieux vaut apprécier certains moments qui me réconcilient un peu avec l'ambiance de ma WG... Le p'tit dèj de ce matin par exemple.


Balcon blindé, estomacs également.

Ce genre de dimanche passe à toute vitesse... c'est tellement bon de ne rien faire!

11 mai 2007

La vie est une lutte?

Le jour J est passé, laissant derrière lui une note bien amère...


Dimanche dernier, à l'institut français, deux secondes avant le fatidique "Il est 20h et le président de la République est..."
La tension était palpable, et l'ambiance loin d'être joyeuse...


Les prochains mois vont être houleux, c'est sûr. Pour l'instant je trouve ridicule de commencer à bloquer des facs (Tolbiac entre autres, ai-je appris aujourd'hui) ou de manifester; attendons qu'il nous soumette un projet inacceptable... et attaquons!! En tout cas, ne surtout pas baisser les bras et se dire que tout est joué. Au contraire, tout ne fait que commencer... (dit-elle, de sa lointaine Allemagne, un peu frustrée de ne pas pouvoir se frotter une deuxième fois aux coriaces de Malesherbes - Julien et Caro comprennent de quoi je parle, s'ils lisent ces lignes un jour...)

En attendant, je plonge mon nez dans les exemplaires jaunis de Junge Welt. En soi, c'est aussi un combat! Plus propagandiste que ça, c'est difficile. Sans surprise en même temps, puisque c'était l'organe officiel des jeunesses communistes. Mais, au bout d'une cinquantaine d'exemplaires, on finirait presque par se sentir oppressé.

Mais parfois, certains passages sont d'un tel kitsch que je dois réprimer un fou rire naissant: imaginez les pages "modes" du journal en la douce année 86... C'est tellement énorme que ça me donne envie d'en parler dans mon mémoire. Parfois les rédacteurs sont allés jusqu'à décrire la coupe "in" du moment... "Pour que la coupe soit réussie, les rouflaquettes doivent descendre jusqu'aux lobes des oreilles" et autres bijoux dans ce genre. Accompagnés de photos, bien sûr!

Bref, j'essaye d'être flessig et j'apprécie de plus en plus la grande bibliothèque universitaire de Leipzig. C'est quand même autre chose que le souterrain de Malesherbes ou le hangar de Beaubourg pour lequel on doit systématiquement faire 1h de queue minimum...

... Mais cela a ses inconvénients. J'ai appris aujourd'hui qu'il m'en coûterait environ 300 euros si je voulais photocopier toutes les unes du journal sur 5 ans. J'ai cru m'étouffer, et je crois avoir très mal dissimulé ma colère à la dame de la salle de lecture ("waaaaaaaaaas?"). Laquelle m'a refilée à sa supérieure (comment ça je lui ai fait peur?) qui m'a expliqué de long en large que le format et l'ancienneté du journal font que seuls la Fotostelle de la bibliothèque a le droit de prendre ça en charge, pour 0,40 centimes la copie.
Tout en luttant pour ne pas lui faire manger ses lunettes, je lui ai sussuré qu'il fallait que je réfléchisse et que je repasserai. Promis, il s'agissait bien de la bibliothèque, et non d'H&M.

Bref.

A part ça, je m'amuse à me ridiculiser en courant deux fois par semaine. J'ai l'impression que mes poumons ont bien du mal à se libérer des vapeurs parisiennes, autant dire que je lutte plus que je cours.
Bizarre, depuis quelques jours je n'arrive plus à me débarasser d'un petit air...
"c'est la lutte finaaale"...


06 mai 2007

Parce qu'il faut bien se détendre en attendant 20h...

La tradition des photomatons continue.
Uwe et moi, posant seuls puis avec les courses que nous venions de faire... du grand art!





04 mai 2007

Des hauts et débats

Lorsque l'on reçoit quotidiennement ça:



Ou encore ça... (cliquez sur l'image)


... et puis ce genre de lien... (j'en oublie des centaines)

http://dmuringer.free.fr/upload/fichiers/test_subconscient.htm

... eh bien on a du mal à croire que 31% des électeurs ont choisir Sarkozy. On a du mal à croire que ce politicien si habile rassure. Et pourtant, ça a l'air d'être le cas. Personnellement il m'inquiète beaucoup; et plus le temps passe, plus l'inquiétude monte.

C'est dans cet état d'esprit que je suis allée regarder le débat officiel à l'institut français de Leipzig. Moi qui n'ai jamais été très emballée par le ton maîtresse d'école de Royal, par cette élocution exaspérante, par ses maladresses pas toujours pardonnables et des idées parfois semblant sortir de nulle part, j'étais pourtant jeudi soir sans doute aussi nerveuse qu'elle.
J'avoue que, comme beaucoup, je redoutais la grosse bourde qui allait tout faire basculer. On n'y a pas eu droit, tant mieux.
Mais qu'a-t-il y eu à la place?
Un débat parfois houleux, que Royal a tenté de s'approprier à tout prix pour pouvoir enfin imposer à la fois sa personne et ses idées. Mais les moyens ne m'ont pas toujours semblé être les bons: une façon constante de ne jamais répondre directement aux questions posées - que ce soit par les journalistes ou par Sarkozy, ou alors vraiment lorsque le contraire n'est plus possible, et une certaine agressivité. Cela consistait à couvrir la voix de l'adversaire, à l'interrompre, à commenter ses propositions en ne le laissant pas terminer ses phrases. Bien sûr, tout cela fait partie du jeu, mais j'en arrivais à être agacée, au bout d'un moment. On en a tellement fait sur le fait que Sarkozy puisse se montrer agressif et macho, or voilà que Royal en faisait presque trop. Le monde à l'envers.
Où est-ce moi qui ait toujours cette verdammte tendance à vouloir apaiser un débat et à éviter les échanges trop houleux?
Possible, mais c'est là un autre problème.

Le "Höhepunkt" de tout ça étant naturellement la question des enfants handicapés. Là-dessus, j'ai trouvé Royal plutôt bien. Son agressivité était justifiée, et elle a contourné l'attaque classique de Sarkozy ("ne vous énervez pas madame" "un futur président ne doit pas se mettre dans des états pareils" etc) en qualifiant sa colère de "saine", une colère qui demeurera "tant qu'il y aura des injustices", et cela même lorsqu'elle sera présidente.
Belle pichenette. Et un petit clin d'oeil à la gauche en passant ne fait jamais de mal, même s'il est plus symbolique qu'autre chose.

A ma grande surprise nous avons tenu 2h40, sans penser à la liste de courses à faire demain, ou au sujet de la prochaine Vorlesung. Ce qui montre bien que ce débat a tout de même été spannend, même si au fond il n'a pas été révolutionnaire. Pas de grande nouveauté, pas de petites phrases. Mais de l'humeur et du caractère. Du changement, tout de même.

La petite salle de l'institut français était comble, pour la plupart de jeunes, plus ou moins enthousiastes. La petite clique avec qui j'étais a mis un semblant d'ambiance, et a surtout tenu après à aller se détendre autour d'un verre - car mine de rien, chacun pressentait en silence une catastrophe prochaine. Ca n'a pas été le cas. Même si rien n'était gagné, il nous fallait déjà fêter cette première étape.

La bière vidée, rendez-vous fut pris pour dimanche aux alentour de 20h.
Consigne collective: apporter des kleenex et... à boire.
Beaucoup, beaucoup de choses à boire....




01 mai 2007

Haste mal 'ne Grillwurst?

http://www.rtl.de/news/rtl_aktuell_videoplayer.php?article=9359

Voilà le lien vers la vidéo du traquenard dont nous avons été l'objet samedi (nous sommes le dernier groupe)
Conclusion : j'ai l'air complètement stupide, mais bon, c'était plutôt drôle comme situation...

Enjoy!

29 avril 2007

D'une vie à l'autre

Voilà, ma vie allemande a repris tranquillement ses droits. Tout naturellement.

A mon arrivée à Leipzig, tout le monde était là.
Ah oui, "tout le monde", il faut que je précise: De la WG que j'ai quittée en février, seuls Nale et Micha sont restés. Après des semaines de recherches, après avoir vu de sacrés phénomènes (Marion qui donnait l'impression qu'elle allait fondre en larmes à chaque minute, Ronnie le videur qui voulait ramener ses enfants et son Rottweiler le week-end...), on a enfin fini par trouver deux filles intéressées par les chambres désormais disponibles.
Elles s'appellent Judith et Christina, ont 25 ans. L'une étudie les sciences politiques, l'autre fait de l'anglais et de l'espagnol. Les deux ont l'air très sympa. Pour garder un semblant d'équilibre, nous étions convenus qu'on rechercherait une fille et un garçon. Mais le temps pressait et nos critères ont dû changer...

Donc tout le monde était là pour m'accueillir. Là-dessus on peut faire confiance à Nale... En deux minutes chrono j'étais assise sur notre balcon avec un thé, à raconter ce qui s'était passé ces dernières semaines. Autant dire que Nale, qui me disait depuis octobre qu'elle m'enchainerait à mon lit pour ne pas me laisser repartir en France, est folle de joie que je reste un an de plus.

A peine arrivée, j'ai retrouvé Lucie pour un verre, et... pour un concert qu'on attendait depuis longtemps: les 17 hippies (qui, soit dit en passant, ne sont ni 17, ni hippies).

Quel concert!!! C'était absolument é-norme, sur tous les plans. Ce sont des musiciens absolument géniaux, qui ont une vraie expérience de la scène... donc ils donnent tout, et font passer une soirée fabuleuse. On en ressort bien remué, parce qu'on a sauté, dansé, chanté, et écouté parfois religieusement (des solos de clarinette électrisants en passant par "Marlene", une de leur plus belle chanson). Je les ai tellement mitraillés de photos que mon appareil a décidé de toutes les effacer; dommage, mais au final elles n'auraient pas pu faire ressortir le dixième de l'ambiance qu'il y avait sur scène...

A peine rentrée de chez Lucie (ma sous-locataire passait une nuit supplémentaire dans ma chambre, me laissant zimmerlos pour une nuit), l'ambiance de la WG s'installe tout naturellement. Le balcon est inondé du soleil du matin, et après avoir sorti tables, chaises, à manger et à boire, le Frühstück à l'allemande a repris ses droits. Brötchen et Frischkäse, les récits de la soirée de la veille, tout est là.
Quant à moi, je peux enfin m'installer. Tabea m'a laissé son lit 2 places, son bureau et une étagère, ce qui rend ma chambre encore plus sympa qu'avant. Oh, le bonheur de sortir mes livres du carton où j'avais eu tant de mal à les ranger, ressortir mes photos, mes lampions...

En fin de journée, je vais avec Nale retrouver des copains qui ont lancé une soirée grillade dans le parc juste en bas de chez nous (le soir, le parc devient un barbecue géant, c'est hallucinant...). Et là, il nous arrive un truc assez drôle. Un couple arrive, nous explique qu'ils ont passé l'après-midi dans le parc, qu'ils commencent à avoir froid et qu'avant de partir ils boiraient bien quelque chose.
Pas de problème, on leur donne une bière et un coin de couverture. A peine assis, le mec commence à se jeter sur tout ce qui est mangeable autour de lui, comme s'il n'avait rien avalé depuis 3 jours.
Là, une amie de Nale lui lance en rigolant "dites-donc, vous êtes pas de RTL au moins?"
lui: "heu non, pourquoi?"
elle: "parce que l'été ils font toujours des trucs genre incruste dans un groupe, pour tester l'amabilité des gens"
Il élude le sujet, on parle d'autre chose. Toujours aussi affamé, le type, assez sympa, prend ses aises. Sa copine ne moufte pas.
Et soudainement... un caméraman surgit, suivi d'un présentateur et d'un preneur de son.

Il s'agissait bien d'un sketch monté par RTL - ça n'était pas une blague.

Et évidemment, nous sommes tous tombés dans le panneau. Mais finalement, le test a été réussi, puisque le petit couple avait grâce à nous trouvé de quoi manger et boire pour les 15 prochains jours!
Voilà, donc après avoir discuté un peu avec les comédiens (qui nous ont raconté les réactions complètement folles qu'ont eu certaines personnes) et le réalisateur, j'ai appris que j'aurai cet honneur insensé de passer sur RTL la semaine prochaine. Je n'en sais pas plus. En tout cas la coïncidence nous a bien fait rire. Le barbecue était finalement super réussi, et la soirée s'est terminée chez nous autour d'un verre, entre coloc.

Ce soir j'ai l'impression de ne jamais être partie. Tout coule naturellement, malgré les nouveautés et la nouvelle WG qui s'installe.
L'ambiance estivale de Leipzig doit y être pour quelque chose... wer weiss...

17 avril 2007

So viel zu erzählen... (avec photos cette fois)

Cette expression, je l’écris beaucoup en ce moment. Déjà parce que ces dernières semaines j’ai eu très peu de temps pour entretenir amitiés et contacts divers, et puis aussi parce que ces derniers jours j’ai dû m’attaquer concrètement à beaucoup de questions restées en suspens trop longtemps. Ce qui signifie, logiquement, du changement.

Mais rien n’est sûr, tout est en cours et par superstition, peut-être même par trouille ou par flemme, je n’en parlerai que lorsque ce sera fixé, net.
Autant revenir rapidement sur les semaines précédentes que je n’ai pas pu raconter dans ces colonnes, alors qu’elles étaient plutôt bien remplies. Ensuite j’arrêterai un peu de parler de moi…

La rencontre, il y a un mois déjà. J’en ai parlé rapidement sur le blog, plus longuement avec certains d’entre vous. Pas la peine d’essayer de résumer 3 jours aussi intenses en rencontres, en stress, en débats, en discussions passionnantes… Tout a été tellement vite. Mais j’en garde un excellent souvenir, parce que j’ai eu la chance de rencontrer des gens brillants et très ouverts, et que le thème – encadrement et éducation de la petite enfance – était beaucoup plus complexe et intéressant que je l’aurais cru. Où l’on comprend rapidement que la situation de la petite enfance est étroitement liée à celle de la famille, et que cette situation est, sinon diamétralement opposée, au moins très différente en France et en Allemagne. Un chiffre qui m’a fait halluciner : 83% des femmes françaises mères d’un enfant de moins de 3 ans travaillent – contre moins de 10% des mères allemandes. Les Kindergärten allemands sont payants – selon les revenus des parents- et le personnel très mal formé.
Ce qui donne des situations absurdes du genre « non, Kind, tu ne dois pas lire/écrire maintenant, parce que tu t’ennuieras à l’école ».
Ce qui donne un fantasme des allemands sur… notre école maternelle. Après la visite d’une école lyonnaise, tous les allemands avaient le sourire aux lèvres et surtout leur papier déjà écrit dans un coin de leur tête.
Bref, là-dessus il y a beaucoup à dire – en Allemagne on s’agite beaucoup sur la question en ce moment, car la ministre de la famille, conservatrice, a annoncé son intention de tripler le nombre de places en Kindergarten d’ici 2010. D’où des débats nourris et passionnants de journalistes intéressés et déjà plutôt renseignés.
D’où une rencontre vraiment réussie.
Quand à moi j’en suis rentrée lessivée et malade, mais heureuse de ne pas avoir claqué la porte du CIEP comme j’en ai été tenté auparavant. Ca valait le coup de ravaler sa fierté et de voir ses nuits raccourcir…

Une semaine plus tard, ma chef est partie en congé maternité. Je travaille seule, maintenant, et j’adore ça. Je m’occupe de monter le bilan de la rencontre – compte-rendu des conférences et des débats, analyse des questionnaires de satisfaction, revue de presse – jusqu’à fin avril. J’ai demandé à travailler à mi-temps en avril et je suis bien heureuse de l’avoir fait, parce que ça me permet de régler toutes les corvées auxquelles je n’ai pas pu accorder une minute ces deux derniers mois. Et peu à peu, je commence à voir la fin du stage arriver…

Pour « fêter » ma première semaine « light » je suis repartie en Allemagne. 24h à Berlin, et 3 jours à Leipzig. Là encore je me rends compte que j’ai bien fait, ne serait-ce que pour reprendre contact avec ma vie là-bas. Les premières heures ont été très étranges, parce que, week-end de Pâques oblige, tous mes amis allemands étaient rentrés chez eux. Je me suis donc retrouvée seule dans la WG un peu changée – départ de Markus et Tabea, arrivée des sous-locataires et d’une nouvelle coloc « fixe »… Impression très étrange d’être chez soi et de ne plus l’être vraiment.
Mais Lucie était là et m’a aidée, l’air de rien, à reprendre mes repères. Pour cela, rien de plus simple qu’une soirée au Puschkin autour d’une becks pour revenir sur tout ce qui s’est passé depuis mon départ. Après quelques bières et plus de 4h de conversation je n’avais plus aucune appréhension à l’idée de m’endormir seule chez moi – ce qui ne m’était jamais arrivé, depuis que j’y habite.
Le meilleur, c’était le lendemain matin. Car j’ai retrouvé sans même m’en apercevoir mes petits plaisirs teutons, comme prendre mon petit dèj en lisant le Zeit qui vient d’atterrir dans la boîte aux lettres, ou prendre le soleil du matin sur le balcon… J’ai donc fini par apprécier cette solitude pas du tout recherchée. Et puis, un peu par hasard, je me suis retrouvée à la Nikolaikirche avec Lucie, pour écouter la Passion selon St Mathieu, de Bach. Magnifique concert.






Le lendemain, Thomas arrivait de Dresde pour 24h. Une journée à parler, beaucoup, à se balader – c’est devenu une habitude, et puis j’avais envie de revoir le parc – à marcher dans la ville. Une belle journée, même si elle n’a abouti sur aucune certitude, si ce n’est celle que je le reverrai à son retour de voyage.
Dimanche midi, Thomas est reparti.




Et moi aussi. Mon avion partait vers 19h de Berlin, j’ai donc pris la route après un dernier café avec Lucie



Ces quelques jours en Allemagne, je les avais prévus dès les premières heures passées à Paris en février, sans penser à Pâques ni aux vacances. Du coup je n’ai pas vraiment retrouvé la vie de la WG, mais au fond c’était mieux comme ça ; cela m’a permis de reprendre mes repères à mon rythme, et de profiter un peu de l’appart’.
Lundi j’ai bu un café avec Tabea, mon ancienne coloc’ de passage à Paris avec son copain. J’aurais vu quasiment tous mes colocataires à Paris… Mais revoir Tabea me tenait à cœur, parce qu’elle est repartie dans le sud et je ne la reverrai pas avant un certain temps. Entre les obligations des uns et des autres on a pu se retrouver avant leur retour en Allemagne, pour se poser au soleil et bavarder un peu. Ca m’a fait du bien de la revoir. C’est quelqu’un de sage et de posé, de sensible – et donc de très bon conseil, ce dont j’ai besoin en ce moment.

Depuis, j’oscille entre travail et réflexion concrète sur mon avenir. Je vais certainement étaler la préparation de mon mémoire sur 2 ans et travailler comme assistante de français l’an prochain. Ce qui me permettra d’aborder le tout un peu plus sereinement… et de profiter enfin de cette année d’avance qui me suit depuis que j’ai 5 ans !

Voilà pour ces dernières semaines parisiennes. Bientôt je repars, et il y a encore beaucoup à faire avant le vrai départ ! Et puis il y a plein d’autres choses à raconter… De la musique qui me transporte, une certaine campagne électorale, des livres, des films…

Ca arrive, ça arrive !

28 mars 2007

Pause

Je profite d'une pause au boulot pour maintenir un semblant de vie sur ce blog. Hélas, toujours aucune trace du wifi chez moi - l'accès au blog m'est impossible pour l'instant.
La rencontre fut donc très enrichissante mais m'a mise KO pour quelques jours. En tout cas j'ai apprécié pouvoir faire la connaissance de gens brillants mais simples, toujours prèts à discuter, me considérant comme leur égale. Ca a représenté une grosse responsabilité qui m'a faite stresser à mort pendant 3 jours, mais j'ai pu profiter de l'aspect valorisant... et des chocolats offerts par le groupe sur le chemin du retour!
Maintenant il est temps de tirer le bilan de tout ça, ce qui est plutôt intéressant aussi. Et je vois peu à peu arriver la fin de l'aventure: lundi prochain je commence à bosser à mi-temps, ce qui me permettra de m'occuper de mes études (négligées à 99% depuis février), de partir en Allemagne (du 4 au 8 avril - endlich...) et de revoir les amis que je vois trop peu en ce moment.

J'ai hâte de retrouver ma vie étudiante franco-leipzigoise et de revoir ceux qui sont de l'autre côté du Rhin...

19 mars 2007

Un voyage de presse

Tellement de choses à raconter sur le voyage de presse que j'ai accompagné de mercredi à vendredi dernier!
Malheureusement la connexion du voisin fait encore des siennes et je ne peux pas atteindre mon blog de chez moi (je squatte du boulot... quelques minutes avant de partir).
Dès qu'elle revient, cette fichue connexion, j'attaque le récit du voyage, qui s'est avéré super fatiguant mais définitivement passionnant.
Et les journalistes: que des gens ouverts et souriants, simples et brillants. Grande classe.
Que du bonheur, ou presque: il faut attaquer maintenant la phase "bilan" (financier, du contenu etc) dont je me passerais volontiers, mais le jeu en vaut la chandelle.

A très vite pour un vrai récit, j'espère...

08 mars 2007

Ich fahre, ich fahre, ich fahre nach Berlin!

Mini-post en direct du boulot (oh ça va, j'ai pris sur ma pause déjeuner...) pour laisser éclater ma joie de partir ce soir passer trois jours à Berlin.
Après 5 semaines de labeur, de moments parfois vraiment durs où l'on se demande réellement ce qu'on fout là, le besoin s'en fait sentir.

Ce ne sont que trois jours mais j'ai comme l'impression qu'ils me feront du bien.

Je rentre lundi matin et je repars mercredi pour la rencontre de journalistes qui m'occupe depuis un mois, et qui a lieu du 14 au 16.
Autrement dit: la semaine prochaine je renonce à toute vie sociale. Mais dès mon retour vendredi soir, et après une bonne nuit de sommeil (la rencontre sera un vrai marathon, mais passons), le stress est sensé s'atténuer, et ma vie sociale repartir de plus belle.

Voilà pour les nouvelles rapides.
Merci les poulets pour l'invitation chocolat-gâteau, dont effectivement j'aurais bien besoin tant ces derniers jours ont été pénibles. Espérons que l'étape berlinoise me fasse le même effet qu'un petit passage par Montreuil.

Bises à tous et à dans quelques jours

04 mars 2007

Out of season

Il y a des voix qui choquent, agacent, émeuvent.

J'aimais déjà celle de Beth Gibbons, la chanteuse de Portishead, mais je l'ai redécouverte l'an dernier sur un album solo absolument magnifique: Out of season, co-écrit avec Rustin Man.




Comment décrire ce disque? Des textes fins et poétiques, la voix à fleur de peau de Beth Gibbons, des guitares sèches, des coeurs discrets, aériens... Une recette volontairement simple qui fait ressortir la voix de la chanteuse, l'émotion. En tout cas, un disque différent de ce que fait Portishead.

Pour ceux qui ont vu "Les poupées russes", suite de l'auberge epagnole: cette petite scène assez jolie, où l'amoureuse de Romain Duris le laisse partir après lui avoir fait une longue déclaration... Le train quitte la gare, la caméra se fixe sur l'actrice qui parcourt le quai en sens inverse. Elle pleure.
Derrière, on entend "Mysteries"... tiré de cet album.

Voilà, j'avais juste envie de prendre une petite minute pour parler de cet album qui m'a bouleversée et me bouleverse encore quand je l'écoute.
A bon entendeur...

02 mars 2007

Ils me manquent

Il y a un temps pour tout.


C'est pour cela que j'ai laissé avec joie et soulagement Sèvres et le CIEP pour profiter d'une après-midi libre, à Sevran, dans une maison silencieuse. Cette fois-ci, pas d'amis, pas de balade improvisée... Seulement "me, myself and I".


De la musique, mon petit Moleskine qui ne me quitte plus depuis la dernière soirée à Leipzig (beau cadeau, Mr Badewanne...), un magazine débile, un-vrai-livre (parce qu'on se lasse vite des "perdez 67 kilos en 2 jours" et autres papiers passionants sur les extensions capillaires de Machine- oui je sais, je l'ai acheté quand même, et j'assume en plus), mon lit, du thé, la pluie qui tombe dehors... gemütlich, quoi.


Berlin, c'est déjà jeudi - si le temps passe aussi vite, c'est peut-être que je fais mon possible pour éviter que mon séjour à Paris ne soit pas trop métro-boulot-dodo, même si parfois la fatigue ne laisse pas le choix.


Et comme le temps passe, certaines choses manquent.






Le papier peint donald et la porte jaune chez mes parents m'ont fait rire au début... quand je n'y habitais pas. Maintenant, ça me fait rire... jaune. Et ça me fait amèrement regretter ma chambre de Leipzig...




... et cette affiche que j'adore, que j'ai laissée là-bas. Trouvée par hasard au musée du film de Berlin... "le" film de mon enfance, vu et revu des dizaines de fois...




Meine grüne Dose, déclinée en cinq exemplaires - chacun a la sienne à l'entrée de l'appart'. Idée mignonne quoiqu'inutile ou presque, Nale (instigatrice du "concept") le reconnaît elle-même. Mais ça me manque, comme tous ces petits trucs de mon quotidien allemand.




Nos deux südistes, Tabea et Markus. Depuis mon départ ils ont quitté Leipzig - fin de stage pour l'un, fin d'erasmus pour l'autre. J'ai un peu de mal à réaliser qu'ils ne seront plus là à mon retour... l'un avec les plus mauvaises blagues d'Allemagne et son look de designer, l'autre avec le sourire permament et son petit dialekt du sud... Les deux leipzigois d'adoption que je ne reverrai sans doute pas de sitôt.



Et puis, la ville, les repères qu'on s'y fait, les souvenirs qui s'accumulent.


J'ai piqué la photo du Pouschkine à Marine... L'endroit parfait pour nos dimanches après-midi ou les débuts de soirée éclairés à la bougie...


Les arcades du altes Rathaus...


... et au loin, l'entrée de la Barfussgässchen, la "rue de la soif" de Leipzig.

Mais il y a un temps pour tout, et j'évite d'être nostalgique - puisqu'après tout je retrouve tout ça bientôt. Ca ne m'empèche pas de penser tous les jours à des lieux et des gens qui font que Leipzig est devenue un petit bout de Heimat...

28 février 2007

Deutsche Woche in Paris

La semaine dernière, l'air parisien a été légèrement modifié, l'espace de quelques jours ou de quelques heures.
L'air parisien est devenu très... allemand.

D'abord, parce que Nale est arrivée. Nale, une de mes coloc' de Leipzig, étudiante en français et en comm, a déboulé à Paris pour commencer un stage de six semaines chez RFI. En attendant de lui trouver un toit parisien (merci Hélène et Johannes!), je lui ai proposé le petit bureau/chambre d'amis chez mes parents.
Au fil des conversations, l'allemand est venu de soi, parfois teinté de français, ce savant mélange des langues qui me ramène à Leipzig...
Petite stagiaire épuisée, je n'ai pas encore eu l'occasion de faire vraiment la fête avec Nale, mais ça ne saurait tarder. J'ai mis du temps à me refaire au rythme parisien, et à la fatigue qu'il provoque.

Je crois que Nale aussi a vite connu la fatigue parisienne. D'où la soirée "posons nous devant un film débile en critiquant tout ce qui est critiquable, faisons nos garces, c'est gratuit et ça fait du bien"... durant laquelle j'ai pris cette photo.

Et puis, mardi dernier, coup de fil surprise de Charlotte, une amie allemande de 6 (ou 7?) ans, connue avec son copain (français) Thomas pendant nos Musikferien sur l'île d'Oléron. Oléron c'était les vacances franco-allemandes, la musique, la chorale, le catamaran, les virées nocturnes... Le temps a passé mais parfois, au hasard, on réussit à se croiser, entre l'Allemagne et la France.
Charlotte et Thomas étaient de passage à Paris, et nous nous sommes retrouvés avec Pierro devant Beaubourg pour boire un verre.
Le temps de remettre les connaissances à jour et de nous prouver qu'il est toujours possible de se revoir, simplement, même après tout ce temps et ces parcours si différents...




Et puis samedi soir, petite visite d'Uwe, lui aussi de passage à Paris. Petit repas tranquille et sympathique, je suis heureuse de revoir le petit lü, à qui je n'avais pas eu le temps de rendre visite avant de partir.
Nous nous reverrons bientôt: je pars bientôt passer 3 jours à Berlin, où je serai grâcieusement hébergée dans son immense appart' de Kreuzberg.
Hé oui, déjà un semblant de retour. L'Allemagne me manque terriblement, et pour rompre avec le quotidien imposé par mon stage épuisant, j'ai besoin et envie de partir.

Et je m'impatiente, déjà...

17 février 2007

Et C comme chômage...

En discutant avec mon frère je me suis rendue compte que le CPE, c'était il y a presque un an.

Premier souvenir lié à cette histoire: fin janvier, dans le métro qui m'amène à mon exam de "techniques de documentation" (ne me demandez pas ce que c'est, moi-même je n'en savais rien), je lis dans libé un article sur le sujet.

Arrivée à l'exam, je dois commenter un article du "Zeit" sur l'économie allemande. Après mon exposé suit un entretien... La prof, une vieille allemande aigrie crachant sur tout ce qui n'est pas ultra libéral, finit par me demander ce que je peux citer comme évènement politique brûlant en France.

Le CPE, réponds-je. A l'époque, le débat commençait à enfler, mais progressivement. On en était encore au stade des débats parlementaires.

Après avoir dit en deux minutes ce que je savais sur le sujet, elle me demande ce que j'en pense. J'y vais prudemment, n'oubliant pas qu'on est en exam et que la femme en face de moi est loin de partager mes idées. Elle finit par s'agacer de ma prudence, et me demande mon opinion personnelle - "abgesehen der Prüfung". Pour me titiller, elle aligne deux ou trois petites phrases un peu provoc' sur le sujet.

Soit. Même si mon opinion n'est pas encre totalement faite, je commence à défendre plutôt calmement les anti-CPE. Et peu à peu, Frau R. enchaîne sur un discours tellement immonde et bourré de clichés - les phrases qui commencent par "ihr Franzosen...", du style "vous les français vous voulez que tout vous tombe du ciel sans rien faire" "franchement, les français sont surtout très forts pour faire grève" etc- que peu à peu je sors de mes gonds, et le ton monte légèrement.

Derrière-moi, la fille qui passait l'exam avec le deuxième prof est déjà sortie de la salle. Moi je continue à débattre - bzw. à m'engueuler - avec cette Frau R et le peu d'arguments que je peux rassembler.

10 minutes plus tard nous nous rendons compte que le débat risque de tourner en engueulade. Elle souligne le fait que plus je m'enflamme, et moins je fais de fautes. Sur cette remarque que je peine à interpréter, elle met fin à l'exam et me remercie avec un sourire courtois que je lui rends bien.

En sortant de la salle, j'ai deux certitudes:

Je la hais et je ne validerai pas l'exam.

Ce premier débat plus ou moins forcé m'aura sans doute mis la puce à l'oreille.

Quelques semaines plus tard, le comité anti-cpe était fondé à Malesherbes (dans le 17eme, annexe de la Sorbonne où sont relégués les germanistes), et je retrouvais les zigotos ci-dessous pour distribuer des tracts devant la fac.



(oui je sais, la photo est floue mais c'est la seule à peu près normale de nous trois...)


S'en sont suivies des semaines de débats, AG, manifs (aaah, nos banderoles faites maisons, que du bonheur), petits et grands conflits... et blocage.


Depuis, le CPE est passé à la trappe mais pas la loi pour l'égalité des chances dont il faisait partie. Le mouvement s'est essouflé, pour laisser place à la suite de la vie politique.

Même si la campagne prend maintenant toute la place dans les médias, espérons que le mouvement anti-CPE ne tombe pas totalement dans l'oubli...

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Question technique: quelqu'un peut-il expliquer à une incapable pourquoi l'espace entre les lignes est parfois correct, parfois non? Comment je peux modifier ça? Et vous ne trouvez pas la taille du texte trop petite?