29 avril 2007

D'une vie à l'autre

Voilà, ma vie allemande a repris tranquillement ses droits. Tout naturellement.

A mon arrivée à Leipzig, tout le monde était là.
Ah oui, "tout le monde", il faut que je précise: De la WG que j'ai quittée en février, seuls Nale et Micha sont restés. Après des semaines de recherches, après avoir vu de sacrés phénomènes (Marion qui donnait l'impression qu'elle allait fondre en larmes à chaque minute, Ronnie le videur qui voulait ramener ses enfants et son Rottweiler le week-end...), on a enfin fini par trouver deux filles intéressées par les chambres désormais disponibles.
Elles s'appellent Judith et Christina, ont 25 ans. L'une étudie les sciences politiques, l'autre fait de l'anglais et de l'espagnol. Les deux ont l'air très sympa. Pour garder un semblant d'équilibre, nous étions convenus qu'on rechercherait une fille et un garçon. Mais le temps pressait et nos critères ont dû changer...

Donc tout le monde était là pour m'accueillir. Là-dessus on peut faire confiance à Nale... En deux minutes chrono j'étais assise sur notre balcon avec un thé, à raconter ce qui s'était passé ces dernières semaines. Autant dire que Nale, qui me disait depuis octobre qu'elle m'enchainerait à mon lit pour ne pas me laisser repartir en France, est folle de joie que je reste un an de plus.

A peine arrivée, j'ai retrouvé Lucie pour un verre, et... pour un concert qu'on attendait depuis longtemps: les 17 hippies (qui, soit dit en passant, ne sont ni 17, ni hippies).

Quel concert!!! C'était absolument é-norme, sur tous les plans. Ce sont des musiciens absolument géniaux, qui ont une vraie expérience de la scène... donc ils donnent tout, et font passer une soirée fabuleuse. On en ressort bien remué, parce qu'on a sauté, dansé, chanté, et écouté parfois religieusement (des solos de clarinette électrisants en passant par "Marlene", une de leur plus belle chanson). Je les ai tellement mitraillés de photos que mon appareil a décidé de toutes les effacer; dommage, mais au final elles n'auraient pas pu faire ressortir le dixième de l'ambiance qu'il y avait sur scène...

A peine rentrée de chez Lucie (ma sous-locataire passait une nuit supplémentaire dans ma chambre, me laissant zimmerlos pour une nuit), l'ambiance de la WG s'installe tout naturellement. Le balcon est inondé du soleil du matin, et après avoir sorti tables, chaises, à manger et à boire, le Frühstück à l'allemande a repris ses droits. Brötchen et Frischkäse, les récits de la soirée de la veille, tout est là.
Quant à moi, je peux enfin m'installer. Tabea m'a laissé son lit 2 places, son bureau et une étagère, ce qui rend ma chambre encore plus sympa qu'avant. Oh, le bonheur de sortir mes livres du carton où j'avais eu tant de mal à les ranger, ressortir mes photos, mes lampions...

En fin de journée, je vais avec Nale retrouver des copains qui ont lancé une soirée grillade dans le parc juste en bas de chez nous (le soir, le parc devient un barbecue géant, c'est hallucinant...). Et là, il nous arrive un truc assez drôle. Un couple arrive, nous explique qu'ils ont passé l'après-midi dans le parc, qu'ils commencent à avoir froid et qu'avant de partir ils boiraient bien quelque chose.
Pas de problème, on leur donne une bière et un coin de couverture. A peine assis, le mec commence à se jeter sur tout ce qui est mangeable autour de lui, comme s'il n'avait rien avalé depuis 3 jours.
Là, une amie de Nale lui lance en rigolant "dites-donc, vous êtes pas de RTL au moins?"
lui: "heu non, pourquoi?"
elle: "parce que l'été ils font toujours des trucs genre incruste dans un groupe, pour tester l'amabilité des gens"
Il élude le sujet, on parle d'autre chose. Toujours aussi affamé, le type, assez sympa, prend ses aises. Sa copine ne moufte pas.
Et soudainement... un caméraman surgit, suivi d'un présentateur et d'un preneur de son.

Il s'agissait bien d'un sketch monté par RTL - ça n'était pas une blague.

Et évidemment, nous sommes tous tombés dans le panneau. Mais finalement, le test a été réussi, puisque le petit couple avait grâce à nous trouvé de quoi manger et boire pour les 15 prochains jours!
Voilà, donc après avoir discuté un peu avec les comédiens (qui nous ont raconté les réactions complètement folles qu'ont eu certaines personnes) et le réalisateur, j'ai appris que j'aurai cet honneur insensé de passer sur RTL la semaine prochaine. Je n'en sais pas plus. En tout cas la coïncidence nous a bien fait rire. Le barbecue était finalement super réussi, et la soirée s'est terminée chez nous autour d'un verre, entre coloc.

Ce soir j'ai l'impression de ne jamais être partie. Tout coule naturellement, malgré les nouveautés et la nouvelle WG qui s'installe.
L'ambiance estivale de Leipzig doit y être pour quelque chose... wer weiss...

17 avril 2007

So viel zu erzählen... (avec photos cette fois)

Cette expression, je l’écris beaucoup en ce moment. Déjà parce que ces dernières semaines j’ai eu très peu de temps pour entretenir amitiés et contacts divers, et puis aussi parce que ces derniers jours j’ai dû m’attaquer concrètement à beaucoup de questions restées en suspens trop longtemps. Ce qui signifie, logiquement, du changement.

Mais rien n’est sûr, tout est en cours et par superstition, peut-être même par trouille ou par flemme, je n’en parlerai que lorsque ce sera fixé, net.
Autant revenir rapidement sur les semaines précédentes que je n’ai pas pu raconter dans ces colonnes, alors qu’elles étaient plutôt bien remplies. Ensuite j’arrêterai un peu de parler de moi…

La rencontre, il y a un mois déjà. J’en ai parlé rapidement sur le blog, plus longuement avec certains d’entre vous. Pas la peine d’essayer de résumer 3 jours aussi intenses en rencontres, en stress, en débats, en discussions passionnantes… Tout a été tellement vite. Mais j’en garde un excellent souvenir, parce que j’ai eu la chance de rencontrer des gens brillants et très ouverts, et que le thème – encadrement et éducation de la petite enfance – était beaucoup plus complexe et intéressant que je l’aurais cru. Où l’on comprend rapidement que la situation de la petite enfance est étroitement liée à celle de la famille, et que cette situation est, sinon diamétralement opposée, au moins très différente en France et en Allemagne. Un chiffre qui m’a fait halluciner : 83% des femmes françaises mères d’un enfant de moins de 3 ans travaillent – contre moins de 10% des mères allemandes. Les Kindergärten allemands sont payants – selon les revenus des parents- et le personnel très mal formé.
Ce qui donne des situations absurdes du genre « non, Kind, tu ne dois pas lire/écrire maintenant, parce que tu t’ennuieras à l’école ».
Ce qui donne un fantasme des allemands sur… notre école maternelle. Après la visite d’une école lyonnaise, tous les allemands avaient le sourire aux lèvres et surtout leur papier déjà écrit dans un coin de leur tête.
Bref, là-dessus il y a beaucoup à dire – en Allemagne on s’agite beaucoup sur la question en ce moment, car la ministre de la famille, conservatrice, a annoncé son intention de tripler le nombre de places en Kindergarten d’ici 2010. D’où des débats nourris et passionnants de journalistes intéressés et déjà plutôt renseignés.
D’où une rencontre vraiment réussie.
Quand à moi j’en suis rentrée lessivée et malade, mais heureuse de ne pas avoir claqué la porte du CIEP comme j’en ai été tenté auparavant. Ca valait le coup de ravaler sa fierté et de voir ses nuits raccourcir…

Une semaine plus tard, ma chef est partie en congé maternité. Je travaille seule, maintenant, et j’adore ça. Je m’occupe de monter le bilan de la rencontre – compte-rendu des conférences et des débats, analyse des questionnaires de satisfaction, revue de presse – jusqu’à fin avril. J’ai demandé à travailler à mi-temps en avril et je suis bien heureuse de l’avoir fait, parce que ça me permet de régler toutes les corvées auxquelles je n’ai pas pu accorder une minute ces deux derniers mois. Et peu à peu, je commence à voir la fin du stage arriver…

Pour « fêter » ma première semaine « light » je suis repartie en Allemagne. 24h à Berlin, et 3 jours à Leipzig. Là encore je me rends compte que j’ai bien fait, ne serait-ce que pour reprendre contact avec ma vie là-bas. Les premières heures ont été très étranges, parce que, week-end de Pâques oblige, tous mes amis allemands étaient rentrés chez eux. Je me suis donc retrouvée seule dans la WG un peu changée – départ de Markus et Tabea, arrivée des sous-locataires et d’une nouvelle coloc « fixe »… Impression très étrange d’être chez soi et de ne plus l’être vraiment.
Mais Lucie était là et m’a aidée, l’air de rien, à reprendre mes repères. Pour cela, rien de plus simple qu’une soirée au Puschkin autour d’une becks pour revenir sur tout ce qui s’est passé depuis mon départ. Après quelques bières et plus de 4h de conversation je n’avais plus aucune appréhension à l’idée de m’endormir seule chez moi – ce qui ne m’était jamais arrivé, depuis que j’y habite.
Le meilleur, c’était le lendemain matin. Car j’ai retrouvé sans même m’en apercevoir mes petits plaisirs teutons, comme prendre mon petit dèj en lisant le Zeit qui vient d’atterrir dans la boîte aux lettres, ou prendre le soleil du matin sur le balcon… J’ai donc fini par apprécier cette solitude pas du tout recherchée. Et puis, un peu par hasard, je me suis retrouvée à la Nikolaikirche avec Lucie, pour écouter la Passion selon St Mathieu, de Bach. Magnifique concert.






Le lendemain, Thomas arrivait de Dresde pour 24h. Une journée à parler, beaucoup, à se balader – c’est devenu une habitude, et puis j’avais envie de revoir le parc – à marcher dans la ville. Une belle journée, même si elle n’a abouti sur aucune certitude, si ce n’est celle que je le reverrai à son retour de voyage.
Dimanche midi, Thomas est reparti.




Et moi aussi. Mon avion partait vers 19h de Berlin, j’ai donc pris la route après un dernier café avec Lucie



Ces quelques jours en Allemagne, je les avais prévus dès les premières heures passées à Paris en février, sans penser à Pâques ni aux vacances. Du coup je n’ai pas vraiment retrouvé la vie de la WG, mais au fond c’était mieux comme ça ; cela m’a permis de reprendre mes repères à mon rythme, et de profiter un peu de l’appart’.
Lundi j’ai bu un café avec Tabea, mon ancienne coloc’ de passage à Paris avec son copain. J’aurais vu quasiment tous mes colocataires à Paris… Mais revoir Tabea me tenait à cœur, parce qu’elle est repartie dans le sud et je ne la reverrai pas avant un certain temps. Entre les obligations des uns et des autres on a pu se retrouver avant leur retour en Allemagne, pour se poser au soleil et bavarder un peu. Ca m’a fait du bien de la revoir. C’est quelqu’un de sage et de posé, de sensible – et donc de très bon conseil, ce dont j’ai besoin en ce moment.

Depuis, j’oscille entre travail et réflexion concrète sur mon avenir. Je vais certainement étaler la préparation de mon mémoire sur 2 ans et travailler comme assistante de français l’an prochain. Ce qui me permettra d’aborder le tout un peu plus sereinement… et de profiter enfin de cette année d’avance qui me suit depuis que j’ai 5 ans !

Voilà pour ces dernières semaines parisiennes. Bientôt je repars, et il y a encore beaucoup à faire avant le vrai départ ! Et puis il y a plein d’autres choses à raconter… De la musique qui me transporte, une certaine campagne électorale, des livres, des films…

Ca arrive, ça arrive !

28 mars 2007

Pause

Je profite d'une pause au boulot pour maintenir un semblant de vie sur ce blog. Hélas, toujours aucune trace du wifi chez moi - l'accès au blog m'est impossible pour l'instant.
La rencontre fut donc très enrichissante mais m'a mise KO pour quelques jours. En tout cas j'ai apprécié pouvoir faire la connaissance de gens brillants mais simples, toujours prèts à discuter, me considérant comme leur égale. Ca a représenté une grosse responsabilité qui m'a faite stresser à mort pendant 3 jours, mais j'ai pu profiter de l'aspect valorisant... et des chocolats offerts par le groupe sur le chemin du retour!
Maintenant il est temps de tirer le bilan de tout ça, ce qui est plutôt intéressant aussi. Et je vois peu à peu arriver la fin de l'aventure: lundi prochain je commence à bosser à mi-temps, ce qui me permettra de m'occuper de mes études (négligées à 99% depuis février), de partir en Allemagne (du 4 au 8 avril - endlich...) et de revoir les amis que je vois trop peu en ce moment.

J'ai hâte de retrouver ma vie étudiante franco-leipzigoise et de revoir ceux qui sont de l'autre côté du Rhin...

19 mars 2007

Un voyage de presse

Tellement de choses à raconter sur le voyage de presse que j'ai accompagné de mercredi à vendredi dernier!
Malheureusement la connexion du voisin fait encore des siennes et je ne peux pas atteindre mon blog de chez moi (je squatte du boulot... quelques minutes avant de partir).
Dès qu'elle revient, cette fichue connexion, j'attaque le récit du voyage, qui s'est avéré super fatiguant mais définitivement passionnant.
Et les journalistes: que des gens ouverts et souriants, simples et brillants. Grande classe.
Que du bonheur, ou presque: il faut attaquer maintenant la phase "bilan" (financier, du contenu etc) dont je me passerais volontiers, mais le jeu en vaut la chandelle.

A très vite pour un vrai récit, j'espère...

08 mars 2007

Ich fahre, ich fahre, ich fahre nach Berlin!

Mini-post en direct du boulot (oh ça va, j'ai pris sur ma pause déjeuner...) pour laisser éclater ma joie de partir ce soir passer trois jours à Berlin.
Après 5 semaines de labeur, de moments parfois vraiment durs où l'on se demande réellement ce qu'on fout là, le besoin s'en fait sentir.

Ce ne sont que trois jours mais j'ai comme l'impression qu'ils me feront du bien.

Je rentre lundi matin et je repars mercredi pour la rencontre de journalistes qui m'occupe depuis un mois, et qui a lieu du 14 au 16.
Autrement dit: la semaine prochaine je renonce à toute vie sociale. Mais dès mon retour vendredi soir, et après une bonne nuit de sommeil (la rencontre sera un vrai marathon, mais passons), le stress est sensé s'atténuer, et ma vie sociale repartir de plus belle.

Voilà pour les nouvelles rapides.
Merci les poulets pour l'invitation chocolat-gâteau, dont effectivement j'aurais bien besoin tant ces derniers jours ont été pénibles. Espérons que l'étape berlinoise me fasse le même effet qu'un petit passage par Montreuil.

Bises à tous et à dans quelques jours

04 mars 2007

Out of season

Il y a des voix qui choquent, agacent, émeuvent.

J'aimais déjà celle de Beth Gibbons, la chanteuse de Portishead, mais je l'ai redécouverte l'an dernier sur un album solo absolument magnifique: Out of season, co-écrit avec Rustin Man.




Comment décrire ce disque? Des textes fins et poétiques, la voix à fleur de peau de Beth Gibbons, des guitares sèches, des coeurs discrets, aériens... Une recette volontairement simple qui fait ressortir la voix de la chanteuse, l'émotion. En tout cas, un disque différent de ce que fait Portishead.

Pour ceux qui ont vu "Les poupées russes", suite de l'auberge epagnole: cette petite scène assez jolie, où l'amoureuse de Romain Duris le laisse partir après lui avoir fait une longue déclaration... Le train quitte la gare, la caméra se fixe sur l'actrice qui parcourt le quai en sens inverse. Elle pleure.
Derrière, on entend "Mysteries"... tiré de cet album.

Voilà, j'avais juste envie de prendre une petite minute pour parler de cet album qui m'a bouleversée et me bouleverse encore quand je l'écoute.
A bon entendeur...

02 mars 2007

Ils me manquent

Il y a un temps pour tout.


C'est pour cela que j'ai laissé avec joie et soulagement Sèvres et le CIEP pour profiter d'une après-midi libre, à Sevran, dans une maison silencieuse. Cette fois-ci, pas d'amis, pas de balade improvisée... Seulement "me, myself and I".


De la musique, mon petit Moleskine qui ne me quitte plus depuis la dernière soirée à Leipzig (beau cadeau, Mr Badewanne...), un magazine débile, un-vrai-livre (parce qu'on se lasse vite des "perdez 67 kilos en 2 jours" et autres papiers passionants sur les extensions capillaires de Machine- oui je sais, je l'ai acheté quand même, et j'assume en plus), mon lit, du thé, la pluie qui tombe dehors... gemütlich, quoi.


Berlin, c'est déjà jeudi - si le temps passe aussi vite, c'est peut-être que je fais mon possible pour éviter que mon séjour à Paris ne soit pas trop métro-boulot-dodo, même si parfois la fatigue ne laisse pas le choix.


Et comme le temps passe, certaines choses manquent.






Le papier peint donald et la porte jaune chez mes parents m'ont fait rire au début... quand je n'y habitais pas. Maintenant, ça me fait rire... jaune. Et ça me fait amèrement regretter ma chambre de Leipzig...




... et cette affiche que j'adore, que j'ai laissée là-bas. Trouvée par hasard au musée du film de Berlin... "le" film de mon enfance, vu et revu des dizaines de fois...




Meine grüne Dose, déclinée en cinq exemplaires - chacun a la sienne à l'entrée de l'appart'. Idée mignonne quoiqu'inutile ou presque, Nale (instigatrice du "concept") le reconnaît elle-même. Mais ça me manque, comme tous ces petits trucs de mon quotidien allemand.




Nos deux südistes, Tabea et Markus. Depuis mon départ ils ont quitté Leipzig - fin de stage pour l'un, fin d'erasmus pour l'autre. J'ai un peu de mal à réaliser qu'ils ne seront plus là à mon retour... l'un avec les plus mauvaises blagues d'Allemagne et son look de designer, l'autre avec le sourire permament et son petit dialekt du sud... Les deux leipzigois d'adoption que je ne reverrai sans doute pas de sitôt.



Et puis, la ville, les repères qu'on s'y fait, les souvenirs qui s'accumulent.


J'ai piqué la photo du Pouschkine à Marine... L'endroit parfait pour nos dimanches après-midi ou les débuts de soirée éclairés à la bougie...


Les arcades du altes Rathaus...


... et au loin, l'entrée de la Barfussgässchen, la "rue de la soif" de Leipzig.

Mais il y a un temps pour tout, et j'évite d'être nostalgique - puisqu'après tout je retrouve tout ça bientôt. Ca ne m'empèche pas de penser tous les jours à des lieux et des gens qui font que Leipzig est devenue un petit bout de Heimat...

28 février 2007

Deutsche Woche in Paris

La semaine dernière, l'air parisien a été légèrement modifié, l'espace de quelques jours ou de quelques heures.
L'air parisien est devenu très... allemand.

D'abord, parce que Nale est arrivée. Nale, une de mes coloc' de Leipzig, étudiante en français et en comm, a déboulé à Paris pour commencer un stage de six semaines chez RFI. En attendant de lui trouver un toit parisien (merci Hélène et Johannes!), je lui ai proposé le petit bureau/chambre d'amis chez mes parents.
Au fil des conversations, l'allemand est venu de soi, parfois teinté de français, ce savant mélange des langues qui me ramène à Leipzig...
Petite stagiaire épuisée, je n'ai pas encore eu l'occasion de faire vraiment la fête avec Nale, mais ça ne saurait tarder. J'ai mis du temps à me refaire au rythme parisien, et à la fatigue qu'il provoque.

Je crois que Nale aussi a vite connu la fatigue parisienne. D'où la soirée "posons nous devant un film débile en critiquant tout ce qui est critiquable, faisons nos garces, c'est gratuit et ça fait du bien"... durant laquelle j'ai pris cette photo.

Et puis, mardi dernier, coup de fil surprise de Charlotte, une amie allemande de 6 (ou 7?) ans, connue avec son copain (français) Thomas pendant nos Musikferien sur l'île d'Oléron. Oléron c'était les vacances franco-allemandes, la musique, la chorale, le catamaran, les virées nocturnes... Le temps a passé mais parfois, au hasard, on réussit à se croiser, entre l'Allemagne et la France.
Charlotte et Thomas étaient de passage à Paris, et nous nous sommes retrouvés avec Pierro devant Beaubourg pour boire un verre.
Le temps de remettre les connaissances à jour et de nous prouver qu'il est toujours possible de se revoir, simplement, même après tout ce temps et ces parcours si différents...




Et puis samedi soir, petite visite d'Uwe, lui aussi de passage à Paris. Petit repas tranquille et sympathique, je suis heureuse de revoir le petit lü, à qui je n'avais pas eu le temps de rendre visite avant de partir.
Nous nous reverrons bientôt: je pars bientôt passer 3 jours à Berlin, où je serai grâcieusement hébergée dans son immense appart' de Kreuzberg.
Hé oui, déjà un semblant de retour. L'Allemagne me manque terriblement, et pour rompre avec le quotidien imposé par mon stage épuisant, j'ai besoin et envie de partir.

Et je m'impatiente, déjà...

17 février 2007

Et C comme chômage...

En discutant avec mon frère je me suis rendue compte que le CPE, c'était il y a presque un an.

Premier souvenir lié à cette histoire: fin janvier, dans le métro qui m'amène à mon exam de "techniques de documentation" (ne me demandez pas ce que c'est, moi-même je n'en savais rien), je lis dans libé un article sur le sujet.

Arrivée à l'exam, je dois commenter un article du "Zeit" sur l'économie allemande. Après mon exposé suit un entretien... La prof, une vieille allemande aigrie crachant sur tout ce qui n'est pas ultra libéral, finit par me demander ce que je peux citer comme évènement politique brûlant en France.

Le CPE, réponds-je. A l'époque, le débat commençait à enfler, mais progressivement. On en était encore au stade des débats parlementaires.

Après avoir dit en deux minutes ce que je savais sur le sujet, elle me demande ce que j'en pense. J'y vais prudemment, n'oubliant pas qu'on est en exam et que la femme en face de moi est loin de partager mes idées. Elle finit par s'agacer de ma prudence, et me demande mon opinion personnelle - "abgesehen der Prüfung". Pour me titiller, elle aligne deux ou trois petites phrases un peu provoc' sur le sujet.

Soit. Même si mon opinion n'est pas encre totalement faite, je commence à défendre plutôt calmement les anti-CPE. Et peu à peu, Frau R. enchaîne sur un discours tellement immonde et bourré de clichés - les phrases qui commencent par "ihr Franzosen...", du style "vous les français vous voulez que tout vous tombe du ciel sans rien faire" "franchement, les français sont surtout très forts pour faire grève" etc- que peu à peu je sors de mes gonds, et le ton monte légèrement.

Derrière-moi, la fille qui passait l'exam avec le deuxième prof est déjà sortie de la salle. Moi je continue à débattre - bzw. à m'engueuler - avec cette Frau R et le peu d'arguments que je peux rassembler.

10 minutes plus tard nous nous rendons compte que le débat risque de tourner en engueulade. Elle souligne le fait que plus je m'enflamme, et moins je fais de fautes. Sur cette remarque que je peine à interpréter, elle met fin à l'exam et me remercie avec un sourire courtois que je lui rends bien.

En sortant de la salle, j'ai deux certitudes:

Je la hais et je ne validerai pas l'exam.

Ce premier débat plus ou moins forcé m'aura sans doute mis la puce à l'oreille.

Quelques semaines plus tard, le comité anti-cpe était fondé à Malesherbes (dans le 17eme, annexe de la Sorbonne où sont relégués les germanistes), et je retrouvais les zigotos ci-dessous pour distribuer des tracts devant la fac.



(oui je sais, la photo est floue mais c'est la seule à peu près normale de nous trois...)


S'en sont suivies des semaines de débats, AG, manifs (aaah, nos banderoles faites maisons, que du bonheur), petits et grands conflits... et blocage.


Depuis, le CPE est passé à la trappe mais pas la loi pour l'égalité des chances dont il faisait partie. Le mouvement s'est essouflé, pour laisser place à la suite de la vie politique.

Même si la campagne prend maintenant toute la place dans les médias, espérons que le mouvement anti-CPE ne tombe pas totalement dans l'oubli...

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Question technique: quelqu'un peut-il expliquer à une incapable pourquoi l'espace entre les lignes est parfois correct, parfois non? Comment je peux modifier ça? Et vous ne trouvez pas la taille du texte trop petite?

11 février 2007

Ils m'ont manqués

Lorsqu'on a passé 20 ans dans une même ville, on s'y est attaché, on y a pris ses habitudes, et, même si l'on continue toujours à découvrir ce qui nous semblait familier, même si on continue à s'y perdre, certains endroits et certaines personnes restent des repères.

Ceux-là m'ont manqué parfois lorsque j'étais en Allemagne. Voilà une semaine que je suis rentrée, et que je les retrouve, peu à peu. Des rues, des gens, des boutiques, des objets. Tout ce qui fait ma vie parisienne, en somme.




Dommage que "Le comptoir" ait changé de proprio. Le café est devenu hyper cher et l'endroit se transforme en restau chic le soir. Ce n'est pas vraiment mon QG, mais il reste une petite adresse sympa, lorsqu'on passe dans le coin.




La rue Vitruve, où j'ai habité l'an dernier, quelques années après Barbara. Issue d'une légende urbaine, la salamandre a donné son nom au square d'à côté, et a trouvé sa place sur la façade de l'immeuble du numéro 46. Symbole de la coloc avec Nedjma, maintenant c'est devenu le fief de mon frère - et le mien, quand je n'ai pas envie de rentrer en banlieue...


Le pont des arts





Mes livres! Aaaaah, mes livres - dont on ne voit qu'une partie sur la photo, le reste étant en carton ou dans une autre bibliothèque. Eux, ils m'ont manqués du début à la fin lorsque j'étais en Allemagne. L'odeur du papier et les tranches colorées...




Heu, là je ne sais pas trop. Mon bazar quoi...




Et puis les amis, forcément. JB et Nedjma vendredi soir.


Ca, c'était pour faire voyager ceux qui sont loin, l'espace de quelques photos...

A venir: "ils me manquent". Mais comme pour éviter que cela me replonge dans un mélange de Sehnsucht et d'Heimweh, je prends mon temps...

10 février 2007

Le quotidien trépidant d'une Praktikantin

Ma première semaine de travail est derrière moi, et je trouve enfin le temps de prendre un peu de recul.

Ce stage est super intéressant, mais quel boulot ça représente... Pour ceux qui n'auraient pas suivi, je m'occupe d'organiser, sous la responsabilité de ma directrice de stage, une rencontre de journalistes français et allemands spécialisés en éducation. La rencontre aura lieu à Francfort et Lyon mi-mars.
Pour commencer, on m'a demandé de bosser sur l'aspect matériel: le transport et l'hébergement des journalistes et des intervenants (un casse-tête), voir avec chacun d'eux lequel désire intervenir, à quel propos et pour combien de temps, etc.
Ce premier boulot, ça me permet de prendre un premier contact avec les invités, de savoir qui bosse où , et d'éviter les bourdes du genre :

- Ariane, on en est où avec H.S.? Tu lui as envoyé un mail?
- H. S., c'est bien la petite débutante du Rheinischer Merkur ?
- Je dirais plutôt que c'est une journaliste de renom, une pointure en éducation, qui travaille à la F.A.Z. [Frankfurter Allgemeine Zeitung, l'équivalent du Figaro].
- Ah.
- Oui, comme tu dis.

C'est du vécu... Mais bon, j'apprends...

Bon, à part la rencontre, je m'occupe aussi, toujours avec E., ma directrice de stage, de l'actualisation de la page "Actualité" du site internet, de la revue trimestrielle publiée par le CIEP, des retombées et de la rédaction de communiqués de presse.
Ce qui signifie: réunions sur réunions, formation à des logiciels divers et variés, une cinquantaine de mails par jour, des journées qui passent très vite et me font rentrer harassée le soir.
Mais au moins, j'apprends. Et les contacts que j'ai via ce boulot sont très précieux pour la suite.

Hier après-midi j'ai enfin pu profiter de Paris. Grande balade dans le quartier latin, passage chez Gibert (alors comme ça mes anciens collègues lisent mon blog?), un petit café... ça me fait du bien.

[J'en profite pour annoncer que je me suis racheté un portable, j'ai gardé le même numéro qu'avant - par contre j'ai perdu la moitié de vos numéros, donc n'hésitez pas à me les renvoyer]

Le soir je retrouve les amis de la rigole et quelques autres pour une petite soirée très sympa à Montreuil. Si j'avais eu le temps de me faire une après-midi comme ça avant de commencer à travailler, cette semaine aurait sans doute été plus facile, et la coupure avec ma vie allemande moins brutale.
Je rentre ensuite dans le 20ème, dans cet appart' qui était le mien, et qui est maintenant celui de mon frère et de son coloc. Après une semaine chez mes parents j'avais un besoin urgent de le retrouver, de lui parler.
Le réveil a fait mal ce matin, mais peu importe...

Je vais essayer de tenir ce blog à jour, mais autant être réaliste, le temps manque pour que je m'en occupe aussi régulièrement qu'à Leipzig.
Mais promis, je ne l'oublie pas...

04 février 2007

"Partir, c'est mourir un peu. Ecrire, c'est vivre davantage."

[André Compte-Sponville]


J'ai quitté Leipzig hier après-midi. Lendemain de fête oblige, l'ambiance était plutôt joyeuse dans la WG, ça riait et parlait fort... cela m'a permis de m'éclipser rapidement. Pas envie d'au revoir larmoyants, d'effusions qui m'auraient donnée l'impression que mon départ était définitif...

Spontanément, Thomas est parti avec moi et m'a accompagnée à la gare. Thomas le meilleur squatteur de clopes et de photomatons d'Allemagne, spécialiste du stop et du "schwarz fahren", l'homme qui dit "putain" comme il respire, qui pourrait parler des heures des expressionistes allemands comme de noir désir... schön, dass du da warst...

Un passage en coup de vent à Berlin, et me voici à Paris. J'ai bien du mal à cacher ma tristesse, je suis franchement épuisée... Le retour n'est pas aussi choquant qu'au mois de décembre, mais je parle toujours "frallemand". Je regarde autour de moi et essaye de réaliser ce qui m'arrive...

Ce matin il y avait de la baguette fraîche et le libé du week-end - petite pensée pour lucie en parcourant la page télévision...
... et demain, je commence à travailler. Comme tout est allé vite...

Suite à mon petit référendum concernant l'avenir de ce blog, 7 voix se sont exprimées en faveur de sa poursuite. Combien de bulletins blancs, combien de nuls?

Peu importe. Ich schreibe weiter...

01 février 2007

Important: A vous de jouer ** Ihr seid dran!

Ce blog, je l'ai créé pour qu'il fasse le lien entre ma vie française et ma vie allemande.
Or voilà, durant trois mois je serai unterwegs, et le lien France-Allemagne sera moins évident.
La question qui se pose, c'est: dois-je laisser ce blog entre parenthèses le temps du stage, ou est-ce que je continue à l'alimenter?
Je sais qu'au fond la décision me revient, mais un blog sans lecteurs ça n'a pas de sens.
J'aimerais donc avoir votre avis à vous, famille, amis, fans, groupies de la première heure, internautes tombés ici par hasard, lecteurs assidus mais l'étant moins lorsqu'il s'agit de laisser un commentaire, découvreurs récents de ce blog...

Voyez-vous un intérêt à ce que je continue à écrire sur cette page?
Soll ich weiter schreiben, ou plutôt m'arréter-là?

Merci de me donner vos impressions, en français, en allemand ou même en Van Damme - je maîtrise les trois langues :)

30 janvier 2007

Un premier bilan

Cinq mois à Leipzig, et me voici dans ma dernière semaine allemande avant de repartir passer trois mois à Paris.
Assez de temps pour tirer un petit bilan de ce premier semestre qui s'achève...

- Ma WG: des quatre zigotos qui partagent mon quotidien, je n'en retrouverai que deux en rentrant. Markus et Tabea rentrent chez eux. Nous avons trouvé une remplaçante pour Tabea, pour Markus nous cherchons encore.
Quand à moi, j'ai trouvé deux filles qui se partageront ma chambre - et le loyer - jusqu'à mon retour.
Une WG qui a eu ses crises et ses malentendus, mais au final une vraie Wohngemeinschaft, qui a su me faciliter les choses et me faire adorer la vie à l'allemande.

- La fac: au départ totalement chaotique, et puis peu à peu les choses se sont mises en place. J'ai su apprécier, et je l'apprécierai au second semestre, les séminaires où les étudiants sont autre chose que des moutons pas réveillés. Des gens intéressés, qui participent en cours, des exposés vivants et dynamiques... ça change!
Ces petits détails rigolos... le rituel de taper du poing sur la table à la fin de chaque cours pour montrer son approbation, le Schein, étape sacrée dans la vie de tout étudiant allemand, ce système de notes de 1 à 6 (1,0 étant la meilleure note) restant parfois, malgré une relative adaptation, un certain mystère...

- Leipzig: bon, je crois que j'en ai plutôt fait le tour, même si certains quartiers périphériques me restent un peu étrangers.
J'ai pas mal galopé dans cette ville, de jour comme de nuit, courant dans le parc, déambulant tranquillement dans le centre ou errant désespérément sur la Karli à la recherche d'un döner encore ouvert à 4h du matin (finalement Lucie, ce soir-là on aurait bien pu s'appeler les Kleingeldprinzessinen, nous aussi) ... Mais il me reste un aspect à découvrir vraiment: la musique classique. Entre l'opéra, le Gewandhaus et les concerts dans les églises, j'ai du pain sur la planche à partir d'avril.

- L'allemand: dur de s'auto-juger. Mais en cinq mois, quelques erreurs sont devenues cultes et reviennent régulièrement dans les conversations ("geh in deinem Zimmer"), quand à moi j'ai récupéré les tics de langage et expressions favorites de mes coloc'.

Et eigentlich, j'espère ne pas m'en débarasser trop vite.

27 janvier 2007

Les rêveries de la promeneuse solitaire

Voilà des semaines que je ne m'étais pas baladée rien que pour le plaisir, sans but, dans cet immense parc à côté de chez moi. Depuis trois jours il neige régulièrement, beaucoup moins que dans le sud de l'Allemagne, mais le charme est bien présent.
C'était l'occasion de prendre un peu le large, de faire quelques photos, de rêver un peu, et de profiter de cet endroit magnifique.
Extraits...



24 janvier 2007

La journée franco-allemande ** der Deutsch-Französische Tag


Ah zut, j'ai oublié de vous parler de la journée franco-allemande qui a eu lieu le 22 janvier 2007.

Histoire de rattraper tout ça et parce que je me vois mal commencer maintenant un long compte-rendu, voici un lien vers un article de "rencontres", le journal en ligne franco-allemand (cf rubrique des liens), qui fait un état des lieux de cette action annuelle.
L'article est en français, mais la version allemande est disponible sur le site, lui-même bilingue - s'il y a des germanophones qui passent par ici (?) et que cela intéresse.

Pour qui, par qui, pourquoi et comment a-t-elle été créée...

Vous trouverez tout ici:

http://www.rencontres.de/RegardsCroises.194.0.html?&L=2#7894

Viel Spass!

23 janvier 2007

Tête de turc

Le froid qui s'abat sur l'Allemagne est propice aux longues après-midi de lecture...

Je suis en train de lire "Ganz unten" de Gunther Wallraff - "Tête de turc" en français. L'histoire vraie d'un journaliste allemand qui s'est mis pendant les années 80 dans la peau d'un turc, Ali, à l'aide de déguisement, postiche et fausse moustache.
Pendant plus de trois ans, Wallraff/Ali a travaillé illégalement pour une entreprise de construction, a filmé et photographié secrètement les conditions de travail inhumaines, raconté les réflexions racistes quotidiennes, les brimades voire les coups lorsque le travail ne va pas assez vite - le quotidien de centaines de milliers d'immigrés venus tenter leur chance en Allemagne.



Ce livre est effrayant, mais absolument incontournable. Traduit dans plus de trente langues, il a provoqué un scandale énorme à sa sortie. L'Allemagne n'en ressort pas grandie, mais on comprend vite que cette histoire aurait pu se passer dans n'importe quel grand pays européen.
Seulement c'est un journaliste allemand qui a eu le courage de sacrifier trois ans de sa vie...

Wallraff ne s'est pas arrété là; il a entre autres également travaillé au "Bild Zeitung" - le tabloïd le plus connu d'Allemagne, et sans aucun doute le plus vendu - sous une fausse identité pour dénoncer les abus de pouvoir et les machineries qui se trament au sein de la rédaction, et en a là aussi fait un livre scandale.
Les actions de Wallraff l'ont mené à être l'une des personnalités les plus menacées d'Allemagne, si bien qu'il est surveillé en permanence et qu'il doit changer de domicile tous les deux ans.

En tout cas, un livre à lire absolument.

18 janvier 2007

Hocus Pocus

Normalement, le hip hop et moi, ça fait 4.
Et puis l'année dernière, mon frère m'a fait découvrir Hocus Pocus: des textes drôles, bien fichus, de l'autodérision et des références à d'autres styles de musique (le jazz entre autres, comme "73 touches" ou "bombastic jazz style"). Au final, des chansons intelligentes et bien écrites.
Je n'adhère pas forcément à tout, mais l'état d'esprit est vraiment le bon.
Voici "Hip hop", un duo avec The Procussions, un morceau se moquant gentiment du style vestimentaire des rappeurs.
Le clip est le premier d'hocus pocus, je le trouve assez drôle et le clin d'oeil aux années 80 est assez génial je trouve.
Enjoy!

17 janvier 2007

"Le couronnement d'un outsider"?


Voilà, il fallait s'y attendre, les journaux allemands s'y mettent eux aussi, et sans hésiter.
En fait j'aurais très bien pu titrer ce post "A l'est, rien de nouveau", en tout cas en ce qui concerne la politique française.
Car cet article, issu du journal local "die Leipziger Volkszeitung" (erlich gesagt: une feuille de chou) est finalement très banal, en tout cas pour une française déjà imbibée de débats politiques.
Cet article, donc, retrace le parcours de Sarkozy - entre machineries politiques et petites phrases bien senties, jusqu'à l'adoubement de dimanche, porte de Versailles.
Elu à 98,1%, ça laisse songeur quand à la suite.
S. est décrit comme parfois radical vis-à-vis des étrangers, et même vis-à-vis des jeunes de banlieue, qui selon le LVZ "ne lui ont toujours pas pardonné son vocabulaire" .


En bas de page, en encadré, vous pouvez voir, entre les photos de Sarko, le Pen et Ségolène Royal - les "grands favoris" de cette présidentielle 2007.
Le Pen, est pour l'auteur à mi-chemin entre "clown politique et gourou radical". Je vous passerai les réflexions sur Royal, qui sont un panaché de tout ce que l'on trouve dans la presse française et étrangère.

Tout ça pour dire quoi, au juste?
Pour montrer l'ampleur que ça prend, ici aussi. Le LVZ, un journal local, qui consacre une aussi grande page à ce sujet, sujet lui-même repris par toute la presse allemande, c'est déjà le signe d'un certain intérêt.
On se demande ici et là si les électeurs seront aussi enthousiastes à propos du duo "Ségo-Sarko" (expression reprise littérallement) que le sont les observateurs et journalistes (FAZ), on décrit les deux protagonistes comme deux populistes voulant chacun présenter le renouveau de leur parti (Süddeutsche Zeitung).

En fait c'est assez étrange de remarquer que la presse allemande n'apporte que très peu d'originalité à ce débat. Attention, que l'on me comprenne bien: évidemment, je ne lis pas tout, et j'avance ça du haut de mon regard franco-français, dans un pays où l'on est moins porté sur le débat, ou en tout cas d'une manière différente.
Je n'oublie pas qu'il s'agit avant tout d'informer... Loin de moi l'idée de déprécier la presse allemande. J'apporte une impression générale et personnelle, c'est tout.

Auf jeden Fall, je commence peu à peu à percevoir les avantages de tout cela. Oui, j'avoue que cela fait du bien d'allumer la radio et de ne pas entendre parler de ce puit sans fond qu'est l'élection présidentielle française. Je continue à m'y intéresser, mais de loin, et ce recul fait du bien.

Pendant ce temps-là, l'Allemagne s'occupe aussi de sa propre politique, d'Edmund Stoiber qui fait des siennes, et de Henrico Frank, ce chômeur qui s'était plaint à Kurt Beck (chef du SPD, socialistes allemands) de ne pas trouver de travail. Ce à quoi Beck, agacé de voir son bain de foule interrompu, avait répondu (en gros): "Rasez-vous la barbe et je vous trouve un emploi en quinze jours".
Après moultes péripéties qui l'ont fait connaître dans tout le pays, Henrico Frank a trouvé son "Traumjob" (le job de ses rêves): il est devenu conseiller en musique punk auprès de Imusic.

Et le meilleur dans tout ça, c'est qu'il n'a pas renoncé à sa barbe.

14 janvier 2007

Comment ça, bordélique?



Je suis en train de trier... mes photos.
Réjouissez-vous, chers parents, je débarque le 3 février à Orly!