07 novembre 2007

Schnell

Vous connaissez tous ce mot. Eh bien il qualifie parfaitement ma vie depuis quelques jours.

Après un week-end en amoureux et une superbe répet' avec le choeur, il a fallu reprendre le chemin de l'école... Où tout va vite, très vite.
Les cours, qui ne durent que 45 minutes.
Frau D, quand elle parle.
La pause de midi, qui dure 30 minutes si tout se passe comme prévu (or des imprévus il y en a presque tout le temps).

Au moins les élèves, eux, sont plutôt tranquilles et je leur en suis reconnaissante!

Hier après les cours, grosse réunion avec tous les profs de l'école. Au moment où je cherchais un endroit pour me planquer et dormir tranquillement, sont apparues quatre personnes membres de l'association "Zivil Courage" - une assoc' luttant contre la montée de l'extrême droite, particulièrement en Saxe où le phénomène est assez affolant. Le topo consistait à nous montrer des signes et symboles généralement arborés par les jeunes sympathisants, et à nous indiquer la marche à suivre si jamais l'un de nous repérait l'un de ces symboles ou un comportement anormal chez les élèves.
Très instructif et un peu effrayant quand même - la liste des symboles et des groupuscules saxons est très longue...

Retour nach Hause. Ma coloc' m'attend pour prendre son premier cours de français - à sa demande. On reprend tout depuis le début, la prononciation, les pronoms personnels... C'est assez drôle de lui faire cours, elle est très motivée et répète sagement ce que je lui demande. Bien contentes toutes les deux, on a décidé de remettre ça jeudi.

Après le cours, j'ai poursuivi sur le même thème: soirée française au "count down", préparée par les erasmus français de Dresde. Gros succès pour les mangeurs de grenouilles, le club était bourré à craquer et le buffet a disparu en deux minutes chrono. Et la bonne surprise dans tout ça c'était les allemands très sympa que j'ai rencontré...

... le tout a rendu le réveil de ce matin bien difficile - et puis andouille que je suis, j'avais oublié de démaquiller le drapeau français colorié sur ma joue... na ja.
Journée assez speed à l'école, mais cette fois j'ai enfin pu observer un peu et prendre quelques notes pour moi. Peu à peu j'ai bien l'intention de faire ma vie et mes cours de mon côté. Ma tutrice risque d'être absente encore longtemps, Frau D jongle entre remplacements et la grippe de ses enfants... Je pense que j'ai tout intérêt à prendre mon indépendance, histoire de ne pas souffrir des absences des uns et des autres. Et après bientôt deux semaines, ça me parait plutôt faisable.

Il faut que j'abrège ces quelques nouvelles. Je rejoins Dorothee dans 10 minutes pour assister à une conf' sur les banlieues françaises... et il faut que je prépare l'arrivée de Gillou et Cathoche, qui débarquent vendredi... et que j'attends de pied ferme!

01 novembre 2007

Expérience.

Aujourd'hui dans le genre sensations fortes, j'ai été servie.

Passons la grosse frayeur en ne voyant plus, ce matin à 6h30 (vous avez bien lu - inhumain non?) mon fidèle vélo dans la cour ce matin... Bon ok, selber schuld, je l'avais laissé garé ailleurs. Mais déjà l'adrénaline se rassemblait dans mes cordes vocales, prètes à insulter la terre entière...

Aujourd'hui à l'école j'étais sensée, après une heure d'histoire sans problème avec les 13ème vus mardi, avoir une heure libre puis deux heures de français.
En réalité, ma tutrice étant toujours absente, tout a été chamboulé... et voilà Frau D., qui me chaperonne en ce moment, se tournant vers moi un peu flippée et me disant combien ça l'arrangerait si je m'occupais des 13ème... maintenant. Seule.
Bon, c'est vrai qu'ils avaient juste à terminer le travail en petit groupe commencé mardi. Je n'aurais qu'à passer dans les rangs pour corriger les fautes et donner un coup de main.
Mais quand même!!! j'ai senti un petit vent de panique me traverser lorsque j'ai hoché la tête en disant "ich mach das". Ma voix intérieure a protesté, mais c'était trop tard.
Deux minutes plus tard c'était parti... et ça s'est très bien passé. Wie gesagt, je n'avais pas grand chose à faire et l'heure a passé bien vite. Et puis les 13ème sont très sympa, et font des efforts.

Frau D. perdue de vue, je regarde la suite de mon emploi du temps chamboulé, et visiblement j'enchaine sur du français avec les 12ème. J'arrive dans la salle, les élèves sont seuls. On me regarde bizarrement, et je comprends vite qu'il va falloir attaquer sans Frau D., qui se débat encore avec ses changements d'emploi du temps...
Tant pis je me lance. Je me présente en français, leur pose des questions. Aucune réaction. C'est vrai, ils ne font du français que depuis un an... je mélange un peu français et allemand, et peu à peu ils se décoincent.
L'ambiance de cette classe (17-18 ans), malgré seulement un an d'écart avec les 13ème, est beaucoup plus ado-con-con. Ca chambre pas mal, et les garçons "ressentent le besoin" de faire les imbéciles devant moi. Mais au bout de quelques minutes ils se calment un peu, essayent de me comprendre et de baragouiner un peu de français. Frau D. finit enfin par arriver, et les encourage à me poser des questions, à "m'utiliser".
Je remarque peu à peu que Frau D. me sollicite beaucoup. Je la comprends, elle est super heureuse d'avoir une native "à disposition" et a des tas d'idées. Et puis elle veut m'intégrer... mais un peu trop vite je trouve. Je n'ai même pas encore observé de classe de français, parce qu'elle me fait faire tout de suite des travaux avec les élèves. Et lorsqu'elle me demande d'improviser un petit exercice avec les 12ème que je connais depuis dix minutes, et ce après 3h de cours sans pause, je lui dis gentiment que c'est un peu tôt. Un peu plus tard je lui explique que cette semaine, à part me présenter, je suis sensée uniquement observer... chose qu'elle avait un peu mise de côté.

Les deux dernières heures ont été vraiment "krass"... spéciales... Ce sont des classes techniques que je n'aurai pas - ils ne font pas de français - mais Frau D, qui leur enseigne l'allemand/communication m'a proposé de venir, juste pr voir. Et voyant l'intérêt de la classe (la première: des BEP vente) pour moi, elle décide de leur apprendre à se présenter en français...
Chose d'un côté un peu stupide je trouve, parce qu'ils n'ont jamais fait de français et ce ne sont pas 45 minutes qui vont changer les choses, et d'un autre côté pas si bête, parce qu'elle a tout de suite voulu exploiter le brin de motivation montrée par les élèves, et ça n'a pas trop mal fonctionné, même s'ils sont loin d'être aussi cool que les classes lycées.

Mais le pire était à venir. Là encore, Frau D m'a proposé de venir pour "l'expérience". Eh bien j'ai été servie!!
Il s'agit d'une classe de 8 élèves qui n'ont pas obtenu de place en formation en alternance dans une entreprise - à cause de mauvais bulletins, problèmes de discipline etc. Ils sont donc une fois par semaine à l'école pour prendre des cours sensés les aider à trouver une place.
En rentrant dans la classe, le choc. Physiquement, ils sont presque tous affreux. Ils parlent fort et mal, s'adressent à la prof de façon limite, peuvent à peine se concentrer, remuent en permanence. Pour certains on pourrait presque dire qu'ils ont des problèmes mentaux.
Mais comme tous depuis le début, ils sont très cool avec moi et semblent un minimum intéressés. Du coup rebelote, Frau D. décide de leur inculquer un peu de français, histoire de les valoriser un peu et ravie de les voir montrer de l'intérêt...
Je participe comme je peux mais je laisse Frau D. s'en occuper. En sortant je suis lessivée, et elle aussi. Elle me confie qu'elle est une des seules à bien vouloir s'occuper de ce genre de classe - les autres profs craquent très vite et ça ne m'étonne pas.
Son argument, et il n'est pas faux, c'est que ces élèves ne sont absolument pas méchants. Ils n'ont juste pas été éduqués par leurs parents, et elle trouve injuste de les sanctionner à cause de ça. Mais il faut quand même avoir les nerfs solidement accrochés pour s'occuper d'eux.
En sortant je suis soulagée en pensant à mes lycéens timides, souriants, au pire un peu trop adolescents...

... jusqu'à ce que j'apprenne que ma tutrice vient de passer à l'école, pour dire qu'elle est en congé maladie pendant encore deux semaines. Aaargh! Résultat, je commence la semaine prochaine la transition vers mes premières heures de cours seule - et pour compenser j'observerai un peu moins. Donc moins d'heures passées à l'école mais plus de travail. Maintenant que je connais les classes ça ne me gène pas, j'aurai juste 2 fois une heure à faire seule - à chaque fois introduites par Frau D, et avec des élèves très cool...

... Donc je ne panique pas. Du moins pas encore, ha ha.

[rire nerveux]

30 octobre 2007

Premier jour

Voilà, aujourd'hui c'était mon premier jour, malheureusement pas avec ma tutrice mais avec une autre prof de français-histoire-allemand. Très sympa, elle m'a présentée à tout le monde et j'ai passé la première heure à serrer des pognes- évidemment je n'ai retenu quasiment aucun nom ni matière... Ah ces profs allemands et leur "bi-compétence", ça me fait toujours rire. Quand on m'a dit que le gros moustachu transpirant qui venait de passer n'enseignait pas que le sport mais aussi les arts plastiques, je n'ai pu réprimer un petit rire [discret, il ne s'agissait pas de se faire remarquer dès le début...]

J'ai donc assisté à deux heures d'histoire - au programme, l'Allemagne après 45 et aujourd'hui la Conférence de Potsdam. Cours relativement classique mais qui se démarque d'un cours français par son dynamisme. Les élèves sont tous sollicités, et plus d'une fois, mais prennent aussi la parole volontairement - ô surprise.
Ce dynamisme, il m'avait déjà surpris lorsque j'étais en fac avec les allemands de Leipzig. Il faut croire qu'il est à la base de l'enseignement allemand - la fameuse "Schulorientierung" dont on nous a parlé à Altenberg.

Puis, après une mini-pause et un goulasch avalé en vitesse (ô heure du midi sacrée en France, je t'ai regrettée aujourd'hui), c'est parti pour l'heure de français avec des 13ème (la dernière classe du lycée, ils apprennent le français depuis env. 3 ans).
Leur job: créer par groupe de deux un dialogue mêlant le vocabulaire de l'achat et des vêtements - à présenter jeudi devant la classe.
Mon job: passer dans les groupes, corriger, conseiller, rassurer les angoissés qui prétendent ne pas me comprendre du tout... et continuer à leur parler français...

La première impression est plutôt bonne: le niveau n'est pas terrible mais ça je m'y attendais, mais au moins les élèves sont sympa, se mettent au boulot sans trop broncher et sont plutôt tranquilles. L'aspect un peu délicat, c'est les grosses fautes que je découvre chez la prof avec qui je bosse cette semaine - pas évident de lui glisser devant tout le monde qu'elle vient d'écrire une énormité au tableau...
Mais l'avantage avec les deux profs avec qui je vais travailler cette année, c'est qu'elles sont relativement jeunes, ouvertes et surtout ravies de m'avoir au lycée. Ce qui signifie que j'ai pas mal de liberté de mouvement et que je peux leur dire beaucoup de choses... et puis elles se donnent du mal pour moi.
Entre celle qui n'était pas sensée s'occuper de moi et qui le fait tout de même à fond et de bon cœur et l'autre malade qui m'appelle après mon premier jour, demandant mes premières impressions et se confondant en excuses de ne pas pouvoir être là, je me trouve plutôt bien lotie.

Reste à voir le plus important: mes cours, et comment ils seront acceptés par les jeunes monstres du lycée...

27 octobre 2007

Récit d'une semaine intensive

Pfiou, j'en ai des choses à raconter sur ces derniers jours...

Donc d'abord le ptit week-end à Leipzig, chez Florian. Un peu spécial car c'était le départ de Félix, le plus ancien des coloc', qui a habité 7 ans dans l'appart et qui est parti faire un stage et chercher du boulot à Münich.


Ces dernières semaines on s'était rapprochés lui et moi, et j'étais vraiment triste qu'il s'en aille... Donc après la soirée (arrosée) pour fêter son départ, l'ambiance s'est vite refroidie, et les larmes ont coulé (pas que de mon côté, pour une fois!). Et puis la vie a repris son cours...

... et Lucie et moi sommes parties en voiture pour Cologne, là où la formation des assistants se déroulait. Nous étions dans un ancien cloître régulièrement loué par le PAD (équivalent allemand du CIEP) pour l'occasion.


On m'en avait parlé en bien de ces trois jours, mais je dois dire que j'étais quand même surprise... Tout était parfait, sauf peut-être la durée bien trop courte du séjour qui l'a rendu extrêmement intensif et donc super fatiguant. Mais à part ça le site était magnifique et l'organisation irréprochable. Le PAD a fait venir des profs de français, des anciens assistants et des représentants de diverses institutions concernant le français en Allemagne, le tout pour nous guider, nous éclairer et nous donner plein d'idées... et c'est réussi. Chacun part vers sa ville d'affectation avec une idée bien plus claire de ce qui se passera dans les prochaines semaines.

Je peux difficilement résumer tout ce que j'ai fait là-bas... petit cours sur les particularités du système scolaire saxon, visionnage d'un film (datant de 1976, absolument énorme) puis discussion sur le cours d'un assistant, préparation d'un cours et présentation du cours devant les assistants saxons soudainement transformés en vilains élèves, différents topos sur les droits et devoirs de l'assistant, la sécu, la paperasserie à régler en arrivant, que faire en cas de problème etc.
Autant dire qu'on est super bien préparés...

Ces trois jours ont été l'occasion de constater que le monde des étudiants en allemand est tout petit: nous étions 4 anciennes Erasmus de Leipzig, j'ai retrouvé une ancienne collègue de fac et rencontré une assistante à Leipzig avec qui j'ai 3 amis français en commun... l'ambiance était bonne!
(ci-dessous avec Louise, ancienne Erasmus à Leipzig)
(vous avez vu? j'ai décidé d'adopter systématiquement le sourire colgate sur les photos. Y'a que comme ça que je me trouve correcte...)


Je suis rentrée à Dresde jeudi soir, épuisée. Et là, mauvaise surprise, mon coloc' qui était sensé avoir vidé sa chambre pour que je puisse m'y installer (c'était le deal qu'il m'avait proposé alors que j'hésitais à prendre la chambre à cause du bruit) ne l'a fait qu'en partie... Je l'aime beaucoup ce type mais sa paresse me tape sur les nerfs, et me fait finalement penser que ça n'est pas si mal qu'il s'en aille bientôt. Bref, mes deux autres coloc' ont eux pris le temps de m'aider, et à trois le mini-déménagement est allé très vite. Ma nouvelle chambre est plus petite mais elle est blanche et surtout très calme. Et en fait je m'y sens bien mieux!



Depuis mon retour j'ai dû régler pas mal de choses, dont la présentation à l'école. Hier je suis donc allée pour la première fois à Pirna... C'est une petite ville au bord des montagnes de la Suisse saxonne, sans grand intérêt sinon une vieille ville assez jolie. J'aurais pu tomber sur bien pire, mais je suis quand même très contente d'habiter Dresde.
Arrivée à l'école où je travaille (lycée technique spécialisé en éco-gestion), je suis très bien reçue par le sous-directeur, très sympa et bien organisé, qui m'apprend que ma tutrice est malade et sera absente au moins une semaine. Heureusement il y a une autre prof de français à l'école et mes premiers jours sont consacrés uniquement à de l'observation. Je suivrai donc celle-ci en attendant le retour de ma tutrice - bientôt j'espère...
Puis la directrice m'a reçue à son tour. Je l'ai trouvée très bien... très aimable, elle m'a tout de suite mise à l'aise. J'ai dû parler un peu de moi, expliquer ce que j'attendais de cette année à l'école, et dans un mois elle et moi feront un premier bilan de mon travail.


(ci-dessus: l'école)

Bref, des gens très sympa et très pro; exactement ce que je voulais.
Je commence donc à travailler mardi!

25 octobre 2007

3 jours épuisants mais ô combien instructifs!
Compte-rendu dès que j'ai récupéré un peu de sommeil... mon lit m'attend...

23 octobre 2007

Altenberg, Altenberg, 3 jours d'arrêt.
Entre kölnisches Bier, simulations de cours, accents suisses et québecquois, discours à rallonges, lever douloureux, soirées piano-wifi-vin-blanc et travaux de groupe, j'apprends jusqu'à demain soir à devenir une gentille assistante de français.

Retour à Dresde dans la nuit de jeudi à vendredi...
... bis dahin!

17 octobre 2007

In and out


On avance...

Première rencontre avec ma tutrice, qui a proposé hier de passer me voir aujourd'hui chez moi.
Je suis plutôt contente... Elle m'a rassurée sur certains points, m'en a expliqué d'autres.

Le résultat c'est que j'aurai principalement des 11ème, 12ème et 13ème (de 15-16 ans à 18-19).
Comme ils n'ont pas suivis le parcours classique (je bosse dans une sorte de lycée qui mélange enseignements techniques et enseignement général - option éco) ils commencent le français en 11ème - j'aurai donc des élèves débutants et d'autres qui font du français depuis un ou deux ans.

Ma tutrice a reconnu que le français n'est pas la priorité des élèves. Ils en ont besoin pour passer le bac, c'est plus un passage obligé qu'autre chose. Pourtant, elle m'assure qu'avec ses classes générales elle n'a aucun problème de discipline, et que ce sont même des élèves sympa et plutôt motivés.
Elle leur a parlé de moi et mon arrivée prochaine: la réaction a été ni de la joie ni de la peine mais plutôt... du désespoir!! Elle ne leur a pas dit que je parlais allemand, donc en gros ils s'attendent à une suite infinie de malentendus et de problèmes de communication... Eh oui, leur prof est allemande et cela représente une certaine sécurité de savoir qu'on peut toujours glisser dans l'autre langue s'il y a un problème.
Elle m'a donc conseillé de ne pas trop leur "dévoiler" mon allemand, pour qu'ils ne soient pas tentés de jouer la sécurité avec moi. Ça tombe bien, c'était bien mon projet...

D'après elle, elle a surtout envie de proposer aux élèves un enseignement motivant... elle compte donc sur moi pour les faire parler de l'actualité en France (par-fait), leur trouver des chansons et des poèmes sympa... mon boulot quoi!
En une heure de conversation avec elle toutes mes idées se sont clarifiées et concrétisées: bosser sur la langue des jeunes à partir d'extraits de "l'esquive", leur faire jouer des petits extraits de Molière (merci Marion!), leur montrer des extraits de journaux -papiers et télévisés - , leur passer "grand corps malade", Bénabar et Prévert, bosser sur Paris (la banlieue, le Vélib'...), sur les nouveaux auteurs de bd français...

Le gros mensonge du jour c'est lorsqu'elle m'a demandé si je n'étais pas déçue de ne pas travailler à Dresde. Ce à quoi j'ai dû répondre un grand "nein, überhaupt nicht!" qui n'était peut-être pas sincère, je l'avoue...

Nous sommes convenues que la première semaine serait pour moi de l'observation, histoire que les deux camps "moi" et "les élèves" s'apprivoisent. Elle en a profité pour me dire qu'elle aimerait parler régulièrement français avec moi, et que je suis libre de lui dire si je trouve que quelque chose cloche dans son cours.

Une femme très ouverte, je pense que le courant va bien passer.

... bon, et maintenant j'ai vraiment hâte de m'y mettre!

Vendredi, départ pour Leipzig où je reste un petit week-end, et lundi matin je pars avec Lucie pour à Altenberg à côté de Cologne, où tous les assistants vont recevoir une formation de trois jours.
(Et pour ceux qui ne seront pas à Altenberg, allez voir la formation "extra" dispensée par Louise sur son blog... Prenez-en de la graine, mesdemoiselles!)

11 octobre 2007

Trois aspects de Dresde...


La RDA a laissé des traces dans certains quartiers de la ville, entre bâtiment glauques et fresques à la gloire du communisme... (cliquez sur la photo pour l'agrandir)


Vue sur la vieille ville et la Frauenkirche



Notre cuisine, gemütlich à souhait :)

08 octobre 2007

Premier bilan

Après un début de semaine assez dur, je reprends du poil de la bête.

Il m'a fallu comprendre et accepter une chose:

Ma WG de Dresde est l'extrême inverse de celle de Leipzig. Ce qui signifie: des gens qui s'aiment beaucoup, mais qui sont chacun très indépendants. Les garçons ont leurs copines à Leipzig, Katharina écrit son mémoire de fin d'études... chacun a beaucoup de choses à faire et vit sa vie. Ce qui contraste avec Leipzig, où tout le monde était très lié et restait beaucoup (trop) à la maison.

Ce système, je l'aimais à mon arrivée parce qu'il me permettait de me sentir chez moi et intégrée très rapidement. Pourtant il a fini par me peser lorsque j'ai commencé à avoir une vie un peu différente, et mon propre cercle d'amis.
Mais j'avoue que j'aurais aimé le retrouver pour les premiers jours à Dresde.

Et puis j'ai fini par comprendre que c'était ce système-là qu'il me fallait ici, justement parce que je vais moi aussi avoir fort à faire, entre les cours, leur préparation, le mémoire et les escapades à Leipzig - et que je n'ai plus envie de rendre des comptes quand je ne suis pas là, ou quand je ne me mêle pas systématiquement aux autres.
Seul problème, je n'ai pas encore commencé à bosser, ce qui a signifié au début de la semaine pas d'horaires fixes, des coloc' pas beaucoup présents, une motivation un peu chancelante pour le mémoire (difficile de s'y mettre quand on ne se sent pas vraiment à sa place)... et un bon coup de déprime.

Patience, me dit-on de toute part, ça va venir...
Je sais que tout n'est qu'une question de temps, mais justement, tout à coup il m'a paru bien long...

Et puis, ça vient peu à peu.

Jeudi j'ai regardé "das Meer in mir" avec Gordon, ce film espagnol sur un type cloué au lit depuis ses 20 ans qui décide de mourir avec l'aide de ses amis. "Y'a plus gai pour faire connaissance" me direz-vous, mais c'était un très beau film qui nous a lancés sur plein de sujets de conversation différents. Soirée simple mais qui fait du bien.

Puis les garçons ayant désertés pour le week-end, je suis seule avec ma coloc'; peu à peu, on commence à s'apprivoiser. Ça commence par regarder un film kitsch toutes les deux qui nous fait bien marrer, le lendemain soir c'est la bouteille de rouge qui y passe, et peu à peu les langues se délient...
A force de lui confier pour la 350ème fois qu'ici je ne connais personne et que je n'aurais rien contre sortir un peu, elle finit par me proposer de m'emmener le lendemain à une grosse soirée-concert où elle va avec des amis. Alleluïa!! Je la suis avec enthousiasme, et passe une très bonne soirée. J'ai rencontré des gens sympa, intéressés et intéressants - et scheiss egal si je ne les revois pas, au moins j'ai pu parler, rire, picoler et danser. Cela m'a permis de me rapprocher encore un peu de K., qui m'a confié son envie de prendre des cours de français avec moi - je suis évidemment dabei - et qui a bien vu qu'en soirée je ne suis pas du genre à faire tapisserie.
Du coup, me voyant plutôt heureuse d'être là, elle m'a assurée que pour faire la fête et sortir je peux toujours compter sur elle. Le genre de petites phrases qui rassure une Ariane un peu trop angoissée ces derniers temps.

Le week-end a été aussi l'occasion de rencontrer Alizée, une amie de Chloé croisée il y a longtemps, venant d'arriver pour un an d'Erasmus. Le courant passe bien, on décide d'aller à la prochaine soirée Erasmus ensemble, de se motiver pour faire du sport régulièrement, on parle beaucoup - de nous mais surtout de nos premières expériences ici, chacune faisant des choses différentes.

Ce week-end a donc été une vraie bouffée d'oxygène. Du coup j'ai lancé chez moi l'idée d'un WG Essen (repas entre coloc') fixé à mercredi - ô miracle, on sera au complet.

Les prochains jours prennent donc tournure, entre tentative d'inscription à la fac de Dresde (j'y vais à l'arrache et sans illusions, mais qui ne tente rien...), soirée Bunuel avec Katharina, retour en bibli (motivée, motivée), soirée Erasmus, WG Essen, rencontre avec ma partenaire de tandem, premier cours de français pour mes coloc... et voir mon amoureux, natürlich.

Après tout ça je refais mon sac pour quelques jours, soit direction Berlin, soit direction Leipzig, histoire de profiter des derniers jours de liberté avant la formation à Cologne et le début du boulot.

Tout ça est très psychologique: maintenant que les choses s'enchainent, je reprends du plaisir à pratiquer une activité fort agréable: la glandouille.
Mais je vous rassure: avec modération!

05 octobre 2007

Streik!

Le miracle a donc eu lieu: les cheminots allemands se sont arrêtés de travailler ce matin, de 8h à 11h. Pas grand chose, me direz-vous, et pourtant cette grève est symboliquement assez forte.
Déjà, parce que la grève est un mouvement moins commun en Allemagne qu'en France; il existe en Allemagne un système de concertation entre syndicats et entreprises très soutenu, fait pour éviter la grève par tous les moyens. Il faut dire que les gros syndicats - Ver.Di, DGB etc - ont aussi des revendications assez modérées et travaillent beaucoup en coopération avec les entreprises.
Pas de relation frontales comme on peut en avoir en France: la culture syndicale ici est très différente.

Or cette grève a été déclenchée par un tout petit syndicat de cheminots, la GDL, qui a des revendications beaucoup plus fortes que ses grands frères (35% d'augmentation de salaire), et qui les revendique de façon plus agressive.


Ce qui se passe aujourd'hui aurait en fait dû se passer il y a quelques semaines, fin juillet. La GDL a annoncé une grève de minimum 48h et qui promettait un véritable chaos dans tout le pays. Chaos tel que l'équivalent allemand du tribunal des prudhommes a interdit la grève, sous prétexte qu'elle entrainerait des dommages économiques trop importants pour le pays.
Un comble quand on sait que le but d'une grève est entre autres de créer une pression sur l'économie du pays.
La grève d'aujourd'hui a donc été très limitée dans le temps, mais elle a fini par avoir lieu - un symbole important.
Reste à savoir si les cheminots vont trouver une réponse à leurs revendications...

04 octobre 2007

Dresden




La suite bientôt...

02 octobre 2007

Aïe aïe aïe, pas facile le retour à Dresde après dix jours géniaux chez Florian à Leipzig. Ici mon quotidien est encore un peu trop vide à mon gout - même si bien sûr il faut du temps pour que les choses se mettent en place, surtout quand on ne va pas à la fac. J'avoue que j'ai un peu le coeur serré quand je vois Florian et ses coloc' se démener pour les nouveaux venus dans leur appart'. Mes coloc à moi sont très sympa mais ne se démènent pas du tout...
Mais au moins ça me force à me bouger pour aller voir ce qui se passe dehors, en attendant de commencer à bosser.

La bonne nouvelle c'est que j'ai enfin trouvé une chorale qui me plait. Il y a un chœur franco-allemand à Dresde (qui en fait est beaucoup plus allemand que français, et ça me convient très bien), je suis allée hier assister à une répet'. Niveau plutôt bon, et à ma grande surprise le mien n'est pas aussi horrible que je le pensais. Rendez-vous est pris la semaine prochaine pour une audition qui décidera si j'y ai ma place - je croise les doigts...

Sinon je devrais rencontrer ma partenaire de tandem prochainement, ainsi qu'une amie de Chloé qui elle étudiera ici et par qui, j'espère, je pourrai rencontrer un peu plus de monde... En fait je sens que les choses vont se faire, mais je suis bien trop impatiente et j'aimerais que tout se fasse tout de suite, pour calmer un peu mes angoisses...

28 septembre 2007

Nathalie et moi

Tout a commencé la semaine dernière, au Mc Cormac Ballrooms de Leipzig. Au moment ou je quittais le bar, j´ai été apostrophée par un type légèrement imbibé, qui s´est mis a beugler: "Du siehst totaaaaal wie Nathalie Licard aaaauuuus" (traduction envisageable: "truc de oouuuuuf tu ressembles troooooop a Nathalie Licard").
Première pensée: de qui parle-t-il?

Et soudain...

Premier flashback: Dietmar, ami d´Uwe, début mai, a mon retour en Allemagne, qui me regarde avec un sourire en coin en me disant "tiens c´est drole, avec tes nouvelles lunettes tu ressembles un peu à la francaise qui bosse dans l´émission d´Harald Schmidt".
Réaction à l´époque: ah... heu... elle est jolie au moins?
Puis j´ai vite oublié l´affaire.

Second flashback: première soirée à Dresde, un ami de mes coloc passe dire bonjour. On parle des clichés franco-allemands, et soudain je le sens qui me fixe d´un air bizarre. Il finit par me dire "Je dois avouer que tu remplis vraiment le cliché de la francaise par excellence (en francais dans le texte)... d´ailleurs c´est drole, tu me fais penser a cette francaise qui bosse chez Harald Schmidt... Nathalie Licard..."

Son nom est désormais prononcé, et s´infiltre dans mon cerveau. Mais qui est cette Nathalie?? C´est devenu LA question obsédante. Si bien que lorsque l´autre imbibé s´est mis a beugler la phrase citée plus haut, je me suis dit ok, cette fois il faut que je sache qui est cette femme, ce qu´elle fait et surtout à quoi elle ressemble...


Nathalie Licard a la quarantaine, vient de Dax, a rencontré un allemand il y a une dizaine d´années et l´a suivi en Allemagne. Elle a commencé comme stagiaire dans l´émission d´Harald Schmidt - la version allemande du Jerry Springer show-, y a fait son trou et a fini par y jouer un role, celui de la petite francaise parlant un allemand matiné d´un accent francais à couper au couteau... Seulement au bout de 10 ans passés en Allemagne on finit par le perdre, cet accent. Or cette chère Nathalie schpricht immeur mit ayneum sehr starkeun akkzzennte.
Autant dire que son role de petite francaise à l´accent soutenu lui a attiré une certaine popularité, donc pas question de s´en séparer...

... Voila pourquoi Nathalie m´agace un peu, en ce moment... surtout qu´on se ressemble autant que deux chaussettes dépareillées... tsss...

19 septembre 2007

Dresde, J+1

Mon déménagement s'est déroulé sans embuches, et voilà, je suis installée dans ma nouvelle chambre, dans mon nouvel appart, mon nouveau quartier, ma nouvelle ville.

Hier soir, mon coloc' Carsten - chercheur en bio à la fac de Dresde - avait invité quelques collègues pour une "Moussaka party". C'était parfait pour une première soirée. Un ami brésilien de ma coloc' Katharina était là, ainsi que deux grecques parmi les invités: ambiance multikulti garantie. Le vin rouge aidant, j'ai même pu sortir quelques phrases en anglais, c'est dire... Je me suis éclipsée relativement tôt, complètement épuisée - il a beau être calme et sans problèmes, un déménagement reste un déménagement!
Dommage que la moussaka ait été si grasse... mon ventre ne l'a pas vraiment acceptée, et m'a fait passer ma première nuit à Dresde... à vomir. Nett! Du coup je me suis permis une grasse mat' d'enfer - et 24h de diète. Et évidemment, aujourd'hui tout le monde était frais et dispos, sauf moi ("trop grasse, tu trouves?" - grrrrr...)

Ce matin a donc été bien calme, j'ai terminé de déballer mes affaires, j'ai pris mon temps... et je suis partie me balader en ville, guide de voyage planqué dans mon sac - à ne sortir qu'en cas d'urgence. Je connaissais déjà le centre de Dresde pour y être passée avec Uwe, puis j'y suis retournée avec Marine, sa mère et Lucie l'hiver dernier. Le centre est incroyablement touristique, encore plus depuis que la Frauenkirche rénovée est de nouveau ouverte au public.

Ce que je ne connaissais pas de Dresde et que j'ai découvert en allant y chercher un appart', c'est le quartier où je vis: la Neustadt, au nord de l'Elbe. Je l'ai déjà dit, c'est le quartier le plus vivant, le plus coloré de la ville, un quartier baroque relativement préservé par les bombardements. Les étudiants ont envahi le coin, idéal pour sortir, et l'ambiance est vraiment géniale.
D'ailleurs ce quartier jouit vraiment d'une réputation: pas une personne à qui j'ai parlé de mon arrivée à Dresde ne m'a pas parlé de la Neustadt. Si bien que quand je suis partie à la recherche d'une WG, il était clair que j'allais chercher dans les environs. Sur place j'ai compris tout de suite que c'était là où je voulais vivre.

Pour l'instant je joue donc encore un peu la touriste, et j'apprécie. Découvrir une ville en solo fait partie de mes occupations favorites.
Demain je pars à la découverte de la bibliothèque. Puisque je ne commence que dans un mois à travailler, autant me mettre à bosser mon mémoire... en attendant de rencontrer un peu plus de monde!

17 septembre 2007

Dresde

Cette fois ça y est... Après quelques jours de glandouille tranquille à Leipzig, ciné, concert, Kaffee trinken et squat à la Kreuzstrasse (fief de mon amoureux), j'ai pris le taureau par les cornes et planifié mon déménagement. Plus envie de repousser indéfiniment ce qui est clairement une corvée...
Donc demain à 14h je quitte Leipzig.
Je passe le relais à tous ceux qui débarquent dans la ville pour se chercher une WG, les mêmes qui bientôt se taperont la fameuse Immatrikulationswoche, qui vivront les séminaires à 7h le matin (où il vaut mieux arriver à 6h pour avoir une chance d'avoir une place), qui suivront fidèlement le programme de Wilma, se plaindront des travaux, s'achèteront un vélo d'occasion, maudiront le duo Referat+Hausarbeit qui régit la vie de tout étudiant allemand, organiseront des WG Partys jusqu'à plus soif... ceux-là qui s'attacheront à Leipzig sans même s'en apercevoir, et qui, comme tous les étudiants étrangers d'ici, en partiront le cœur gros.

Le plus drôle c'est que je quitte Leipzig pour filer chez sa plus ardente concurrente: Dresde. Les deux villes sont les plus actives de Saxe, et comptent parmi les "villes montantes" d'Allemagne, celles qui changent beaucoup, très vite, dont la vie culturelle s'intensifie et attire de plus en plus de curieux.
Cette concurrence me fait rire.
A Leipzig on s'accorde pour dire que "Dresden ist schön". Mais il y a toujours un "... aber Leipzig ist viel cooler" qui suit.
Et à votre avis, que dit-on à Dresde? Pas très difficile...
En attendant j'ai la chance de connaitre les deux concurrentes.
Reste à voir si je serai capable d'arbitrer le combat tacite entre elles!

14 septembre 2007

Une ville en chantier

Pour répondre à So qui me demande où en sont les travaux, voici quelques photos prises en passant hier.
Pour ceux qui ne seraient pas au courant: pour le tri-centenaire de sa création, la fac de Leipzig fait peau neuve. Cela implique encore 8 mois de travaux qui ont commencé en janvier dernier, un chantier gigantesque et impressionnant en plein centre ville.
Très honnêtement, les images du futur campus ne m'enthousiasment pas, mais mieux vaut attendre de voir à quoi ça ressemblera en 2009...
En tout cas c'est assez passionnant de voir à quelle vitesse la ville se métamorphose. Entre le nouveau campus et le city-tunnel, la ville se transforme en un chantier géant.
Qui fait râler les uns et qui fascine les autres.



(Pour So: le Coffee culture est toujours à sa place. Quant aux cours, ils ont été éparpillés un peu partout dans la ville, entre le bâtiment principal provisoire à Brühl près de la gare, la Frauenklinik, le städtisches Kaufhaus, le Sportforum etc. Un sacré boxon, mais on s'y fait très vite sans problème...)

10 septembre 2007

Juli Zeh

C'est pour moi l'heureuse surprise littéraire de l'été. Juli Zeh (prononcer youli tsé), 27 ans, avocate vivant à Leipzig, compte parmi les jeunes écrivains allemands qui captent l'attention depuis déjà quelques années.


J'ai pour ma part commencé avec Spieltrieb (en français: La fille sans qualité). Un roman mettant en scène la rencontre entre Ada, adolescente précoce, froide et asociale, et Alev, un garçon arrogant, prétentieux et lui aussi d'une rare intelligence. Ces deux ados à l'écart échouent dans un "lycée de la dernière chance", sous les yeux de leur professeur d'allemand. Celui-ci va devenir malgré lui la proie de ces deux ados revendiquant un héritage nihiliste - dénué de toute morale ou de valeur, et voyant la vie comme un jeu perfide dont ils maitrisent les règles.

Un roman absolument génial. D'abord parce qu'il est extrêmement bien écrit. L'écriture est froide, précise, sèche et diablement efficace: elle s'adapte parfaitement aux protagonistes qu'elle met en scène, et accentue la tension dramatique.
Ensuite parce que loin d'être un simple roman sur deux ados, ce livre est aussi une réflexion sur le droit, le nihilisme, la violence physique et psychologique, le jeu, bref: ce qui réunit Ada et Alev, et ce qui nourrit leurs conversations.
Enfin parce que le roman est parfaitement construit, l'action parfaitement déroulée. On tremble jusqu'au bout comme dans un bon polar, mais au contraire d'un bon polar on ne peut s'en défaire immédiatement, parce que c'est un roman bouleversant et d'une grande intelligence.

Assez retournée par ce premier essai, j'en ai trouvé un autre très différent, mais remarquable lui aussi: Die Stille ist ein Geräusch - eine Fahrt durch Bosnien (en français: Un silence assourdissant).


Ce livre raconte le voyage de Juli Zeh et de son chien en Bosnie, pendant un mois. Elle y part pour essayer de trouver des réponses à des questions simples: pourquoi la guerre a-t-elle éclaté, et que s'est-il passé depuis? A travers le récit de son voyage, on découvre une population totalement bouleversée par l'épuration ethnique, mais aussi un pays livré à lui-même, devenu invisible et inexistant pour la communauté internationale.
Un récit très personnel, parsemé de réflexions et de remarques accumulées durant le voyage, tantôt sérieuses et documentées, tantôt fantaisistes et loufoques. Elle parle d'un pays sublime encore truffé de mines, elle raconte les stratégies pour faire monter son chien clandestinement dans les bus bosniaques, évoque le voyage et ce besoin viscéral d'aller toujours plus loin...

Voici l'intro, que je trouve très réussie. Viel Spass pour ceux qui parlent allemand...

" Der Hund guckt vom draussen druch die Glastür, die Nase dicht an der Scheibe. Wenn er Daumen hätte, würde er sie drücken. Dafür, dass es jemandem hier gelingt, mir die Idee auszureden.
Die Frau im Reisebüro teilt seine Auffassung. "Was wollen Sie dort? Da ist doch Krieg!"
Gewesen. Ich verzichte auf Richtigstellung und starre auf die Landkarte vor mir, die ich nur zu sehen bekomme, weil ich "Recherche" statt "Tourismus" sage. Einige nicht sehr grosse Länder liegen unordentlich nebeneinander, ein paar Namen von Städten und Flüssen kenne ich aus dem Zwanzig-Uhr-Nachrichten. Im Herzen des Finsternis lieht ein weisser Fleck, in dem geschrieben steht: "Dieses Land eignet sich nicht für touristische Reisen." Das ist Bosnien-Herzegowina.
Pascal hat mal gesagt, alles Unheil auf der Welt komme daher, dass der Mensch nicht ruhig zu Hause auf seinem Hintern sitzen kann.
Der Hund guckt noch immer so. Ich beschliesse, ihm wegen Illoyalität das Abendessen zu kürzen."

08 septembre 2007

Les dents de l'amer

Second retour à Leipzig, un peu spécial lui aussi.
Au retour de chez le dentiste, un peu sonnée, ma bouche ne sachant pas trop ce qui vient de lui arriver, je monte dans le tram direction chez moi, mon lit, loin des anesthésiants, pinces et autres instruments de torture...
... et voilà que je tombe dans les pommes en plein trajet sur la ligne 9. Chute brutale de tension due à un dentiste qui m'a poussée un peu trop vite vers la sortie. Pas trop eu le temps de récupérer.
Quelques heures et une batterie de test plus tard, j'étais enfin dans mon p'tit lit, au chaud.
Bon, mais à part ça tout s'est bien passé, je ne suis quasiment plus enflée et j'ai déjà quasiment quitté le mode mémé-se-nourrit-de-bouillies, donc tout va bien.

Peu à peu la ville se repeuple et les gens rentrent de vacances. Ouf!

30 août 2007

Parenthèse

Je suis rentrée pour une petite semaine à Paris. 10 heures de train, un peu hard mais ça valait le coup. Je me sens bien ici. Je n'avais fait qu'y passer début août, et le départ avait été frustrant.
Le meilleur c'est que je vais rentrer à Leipzig... pour me faire retirer deux dents de sagesse. Autant dire qu'en ce moment les circonstances ne m'aident pas à me sentir bien là-bas! Alors que j'adore cette ville - et que je vais bientôt la quitter.
Mais bon, au retour LuLu sera là, ainsi que mon amoureux et quelques autres allemands (mon chirurgien dentiste aussi, ajoute ma saleté de petite voix intérieure)

J'en profite pour signaler deux nouveaux venus dans la colonne des liens. Ceux qui aiment voyager vont se régaler: Flavie est partie pour un an à Séoul, et arpente avidement la ville depuis dix jours. Yohann est au Yémen, et fait de même.
Deux blogs qui valent le coup, histoire de se dépayser un peu et d'en apprendre beaucoup sur deux pays qu'on connaît peu ici.

On dira ce qu'on voudra de cette mode des blogs, mais rien que pour transmettre des impressions et des images fortes, je trouve qu'ils valent vraiment le coup.

Et maintenant trève de bavardage, je pars retrouver Paris.
Ami(e)s parisien(ne)s, si vous êtes dans le coin, ça tombe bien, j'y suis aussi. Appelez-moi!