04 octobre 2007

Dresden




La suite bientôt...

02 octobre 2007

Aïe aïe aïe, pas facile le retour à Dresde après dix jours géniaux chez Florian à Leipzig. Ici mon quotidien est encore un peu trop vide à mon gout - même si bien sûr il faut du temps pour que les choses se mettent en place, surtout quand on ne va pas à la fac. J'avoue que j'ai un peu le coeur serré quand je vois Florian et ses coloc' se démener pour les nouveaux venus dans leur appart'. Mes coloc à moi sont très sympa mais ne se démènent pas du tout...
Mais au moins ça me force à me bouger pour aller voir ce qui se passe dehors, en attendant de commencer à bosser.

La bonne nouvelle c'est que j'ai enfin trouvé une chorale qui me plait. Il y a un chœur franco-allemand à Dresde (qui en fait est beaucoup plus allemand que français, et ça me convient très bien), je suis allée hier assister à une répet'. Niveau plutôt bon, et à ma grande surprise le mien n'est pas aussi horrible que je le pensais. Rendez-vous est pris la semaine prochaine pour une audition qui décidera si j'y ai ma place - je croise les doigts...

Sinon je devrais rencontrer ma partenaire de tandem prochainement, ainsi qu'une amie de Chloé qui elle étudiera ici et par qui, j'espère, je pourrai rencontrer un peu plus de monde... En fait je sens que les choses vont se faire, mais je suis bien trop impatiente et j'aimerais que tout se fasse tout de suite, pour calmer un peu mes angoisses...

28 septembre 2007

Nathalie et moi

Tout a commencé la semaine dernière, au Mc Cormac Ballrooms de Leipzig. Au moment ou je quittais le bar, j´ai été apostrophée par un type légèrement imbibé, qui s´est mis a beugler: "Du siehst totaaaaal wie Nathalie Licard aaaauuuus" (traduction envisageable: "truc de oouuuuuf tu ressembles troooooop a Nathalie Licard").
Première pensée: de qui parle-t-il?

Et soudain...

Premier flashback: Dietmar, ami d´Uwe, début mai, a mon retour en Allemagne, qui me regarde avec un sourire en coin en me disant "tiens c´est drole, avec tes nouvelles lunettes tu ressembles un peu à la francaise qui bosse dans l´émission d´Harald Schmidt".
Réaction à l´époque: ah... heu... elle est jolie au moins?
Puis j´ai vite oublié l´affaire.

Second flashback: première soirée à Dresde, un ami de mes coloc passe dire bonjour. On parle des clichés franco-allemands, et soudain je le sens qui me fixe d´un air bizarre. Il finit par me dire "Je dois avouer que tu remplis vraiment le cliché de la francaise par excellence (en francais dans le texte)... d´ailleurs c´est drole, tu me fais penser a cette francaise qui bosse chez Harald Schmidt... Nathalie Licard..."

Son nom est désormais prononcé, et s´infiltre dans mon cerveau. Mais qui est cette Nathalie?? C´est devenu LA question obsédante. Si bien que lorsque l´autre imbibé s´est mis a beugler la phrase citée plus haut, je me suis dit ok, cette fois il faut que je sache qui est cette femme, ce qu´elle fait et surtout à quoi elle ressemble...


Nathalie Licard a la quarantaine, vient de Dax, a rencontré un allemand il y a une dizaine d´années et l´a suivi en Allemagne. Elle a commencé comme stagiaire dans l´émission d´Harald Schmidt - la version allemande du Jerry Springer show-, y a fait son trou et a fini par y jouer un role, celui de la petite francaise parlant un allemand matiné d´un accent francais à couper au couteau... Seulement au bout de 10 ans passés en Allemagne on finit par le perdre, cet accent. Or cette chère Nathalie schpricht immeur mit ayneum sehr starkeun akkzzennte.
Autant dire que son role de petite francaise à l´accent soutenu lui a attiré une certaine popularité, donc pas question de s´en séparer...

... Voila pourquoi Nathalie m´agace un peu, en ce moment... surtout qu´on se ressemble autant que deux chaussettes dépareillées... tsss...

19 septembre 2007

Dresde, J+1

Mon déménagement s'est déroulé sans embuches, et voilà, je suis installée dans ma nouvelle chambre, dans mon nouvel appart, mon nouveau quartier, ma nouvelle ville.

Hier soir, mon coloc' Carsten - chercheur en bio à la fac de Dresde - avait invité quelques collègues pour une "Moussaka party". C'était parfait pour une première soirée. Un ami brésilien de ma coloc' Katharina était là, ainsi que deux grecques parmi les invités: ambiance multikulti garantie. Le vin rouge aidant, j'ai même pu sortir quelques phrases en anglais, c'est dire... Je me suis éclipsée relativement tôt, complètement épuisée - il a beau être calme et sans problèmes, un déménagement reste un déménagement!
Dommage que la moussaka ait été si grasse... mon ventre ne l'a pas vraiment acceptée, et m'a fait passer ma première nuit à Dresde... à vomir. Nett! Du coup je me suis permis une grasse mat' d'enfer - et 24h de diète. Et évidemment, aujourd'hui tout le monde était frais et dispos, sauf moi ("trop grasse, tu trouves?" - grrrrr...)

Ce matin a donc été bien calme, j'ai terminé de déballer mes affaires, j'ai pris mon temps... et je suis partie me balader en ville, guide de voyage planqué dans mon sac - à ne sortir qu'en cas d'urgence. Je connaissais déjà le centre de Dresde pour y être passée avec Uwe, puis j'y suis retournée avec Marine, sa mère et Lucie l'hiver dernier. Le centre est incroyablement touristique, encore plus depuis que la Frauenkirche rénovée est de nouveau ouverte au public.

Ce que je ne connaissais pas de Dresde et que j'ai découvert en allant y chercher un appart', c'est le quartier où je vis: la Neustadt, au nord de l'Elbe. Je l'ai déjà dit, c'est le quartier le plus vivant, le plus coloré de la ville, un quartier baroque relativement préservé par les bombardements. Les étudiants ont envahi le coin, idéal pour sortir, et l'ambiance est vraiment géniale.
D'ailleurs ce quartier jouit vraiment d'une réputation: pas une personne à qui j'ai parlé de mon arrivée à Dresde ne m'a pas parlé de la Neustadt. Si bien que quand je suis partie à la recherche d'une WG, il était clair que j'allais chercher dans les environs. Sur place j'ai compris tout de suite que c'était là où je voulais vivre.

Pour l'instant je joue donc encore un peu la touriste, et j'apprécie. Découvrir une ville en solo fait partie de mes occupations favorites.
Demain je pars à la découverte de la bibliothèque. Puisque je ne commence que dans un mois à travailler, autant me mettre à bosser mon mémoire... en attendant de rencontrer un peu plus de monde!

17 septembre 2007

Dresde

Cette fois ça y est... Après quelques jours de glandouille tranquille à Leipzig, ciné, concert, Kaffee trinken et squat à la Kreuzstrasse (fief de mon amoureux), j'ai pris le taureau par les cornes et planifié mon déménagement. Plus envie de repousser indéfiniment ce qui est clairement une corvée...
Donc demain à 14h je quitte Leipzig.
Je passe le relais à tous ceux qui débarquent dans la ville pour se chercher une WG, les mêmes qui bientôt se taperont la fameuse Immatrikulationswoche, qui vivront les séminaires à 7h le matin (où il vaut mieux arriver à 6h pour avoir une chance d'avoir une place), qui suivront fidèlement le programme de Wilma, se plaindront des travaux, s'achèteront un vélo d'occasion, maudiront le duo Referat+Hausarbeit qui régit la vie de tout étudiant allemand, organiseront des WG Partys jusqu'à plus soif... ceux-là qui s'attacheront à Leipzig sans même s'en apercevoir, et qui, comme tous les étudiants étrangers d'ici, en partiront le cœur gros.

Le plus drôle c'est que je quitte Leipzig pour filer chez sa plus ardente concurrente: Dresde. Les deux villes sont les plus actives de Saxe, et comptent parmi les "villes montantes" d'Allemagne, celles qui changent beaucoup, très vite, dont la vie culturelle s'intensifie et attire de plus en plus de curieux.
Cette concurrence me fait rire.
A Leipzig on s'accorde pour dire que "Dresden ist schön". Mais il y a toujours un "... aber Leipzig ist viel cooler" qui suit.
Et à votre avis, que dit-on à Dresde? Pas très difficile...
En attendant j'ai la chance de connaitre les deux concurrentes.
Reste à voir si je serai capable d'arbitrer le combat tacite entre elles!

14 septembre 2007

Une ville en chantier

Pour répondre à So qui me demande où en sont les travaux, voici quelques photos prises en passant hier.
Pour ceux qui ne seraient pas au courant: pour le tri-centenaire de sa création, la fac de Leipzig fait peau neuve. Cela implique encore 8 mois de travaux qui ont commencé en janvier dernier, un chantier gigantesque et impressionnant en plein centre ville.
Très honnêtement, les images du futur campus ne m'enthousiasment pas, mais mieux vaut attendre de voir à quoi ça ressemblera en 2009...
En tout cas c'est assez passionnant de voir à quelle vitesse la ville se métamorphose. Entre le nouveau campus et le city-tunnel, la ville se transforme en un chantier géant.
Qui fait râler les uns et qui fascine les autres.



(Pour So: le Coffee culture est toujours à sa place. Quant aux cours, ils ont été éparpillés un peu partout dans la ville, entre le bâtiment principal provisoire à Brühl près de la gare, la Frauenklinik, le städtisches Kaufhaus, le Sportforum etc. Un sacré boxon, mais on s'y fait très vite sans problème...)

10 septembre 2007

Juli Zeh

C'est pour moi l'heureuse surprise littéraire de l'été. Juli Zeh (prononcer youli tsé), 27 ans, avocate vivant à Leipzig, compte parmi les jeunes écrivains allemands qui captent l'attention depuis déjà quelques années.


J'ai pour ma part commencé avec Spieltrieb (en français: La fille sans qualité). Un roman mettant en scène la rencontre entre Ada, adolescente précoce, froide et asociale, et Alev, un garçon arrogant, prétentieux et lui aussi d'une rare intelligence. Ces deux ados à l'écart échouent dans un "lycée de la dernière chance", sous les yeux de leur professeur d'allemand. Celui-ci va devenir malgré lui la proie de ces deux ados revendiquant un héritage nihiliste - dénué de toute morale ou de valeur, et voyant la vie comme un jeu perfide dont ils maitrisent les règles.

Un roman absolument génial. D'abord parce qu'il est extrêmement bien écrit. L'écriture est froide, précise, sèche et diablement efficace: elle s'adapte parfaitement aux protagonistes qu'elle met en scène, et accentue la tension dramatique.
Ensuite parce que loin d'être un simple roman sur deux ados, ce livre est aussi une réflexion sur le droit, le nihilisme, la violence physique et psychologique, le jeu, bref: ce qui réunit Ada et Alev, et ce qui nourrit leurs conversations.
Enfin parce que le roman est parfaitement construit, l'action parfaitement déroulée. On tremble jusqu'au bout comme dans un bon polar, mais au contraire d'un bon polar on ne peut s'en défaire immédiatement, parce que c'est un roman bouleversant et d'une grande intelligence.

Assez retournée par ce premier essai, j'en ai trouvé un autre très différent, mais remarquable lui aussi: Die Stille ist ein Geräusch - eine Fahrt durch Bosnien (en français: Un silence assourdissant).


Ce livre raconte le voyage de Juli Zeh et de son chien en Bosnie, pendant un mois. Elle y part pour essayer de trouver des réponses à des questions simples: pourquoi la guerre a-t-elle éclaté, et que s'est-il passé depuis? A travers le récit de son voyage, on découvre une population totalement bouleversée par l'épuration ethnique, mais aussi un pays livré à lui-même, devenu invisible et inexistant pour la communauté internationale.
Un récit très personnel, parsemé de réflexions et de remarques accumulées durant le voyage, tantôt sérieuses et documentées, tantôt fantaisistes et loufoques. Elle parle d'un pays sublime encore truffé de mines, elle raconte les stratégies pour faire monter son chien clandestinement dans les bus bosniaques, évoque le voyage et ce besoin viscéral d'aller toujours plus loin...

Voici l'intro, que je trouve très réussie. Viel Spass pour ceux qui parlent allemand...

" Der Hund guckt vom draussen druch die Glastür, die Nase dicht an der Scheibe. Wenn er Daumen hätte, würde er sie drücken. Dafür, dass es jemandem hier gelingt, mir die Idee auszureden.
Die Frau im Reisebüro teilt seine Auffassung. "Was wollen Sie dort? Da ist doch Krieg!"
Gewesen. Ich verzichte auf Richtigstellung und starre auf die Landkarte vor mir, die ich nur zu sehen bekomme, weil ich "Recherche" statt "Tourismus" sage. Einige nicht sehr grosse Länder liegen unordentlich nebeneinander, ein paar Namen von Städten und Flüssen kenne ich aus dem Zwanzig-Uhr-Nachrichten. Im Herzen des Finsternis lieht ein weisser Fleck, in dem geschrieben steht: "Dieses Land eignet sich nicht für touristische Reisen." Das ist Bosnien-Herzegowina.
Pascal hat mal gesagt, alles Unheil auf der Welt komme daher, dass der Mensch nicht ruhig zu Hause auf seinem Hintern sitzen kann.
Der Hund guckt noch immer so. Ich beschliesse, ihm wegen Illoyalität das Abendessen zu kürzen."

08 septembre 2007

Les dents de l'amer

Second retour à Leipzig, un peu spécial lui aussi.
Au retour de chez le dentiste, un peu sonnée, ma bouche ne sachant pas trop ce qui vient de lui arriver, je monte dans le tram direction chez moi, mon lit, loin des anesthésiants, pinces et autres instruments de torture...
... et voilà que je tombe dans les pommes en plein trajet sur la ligne 9. Chute brutale de tension due à un dentiste qui m'a poussée un peu trop vite vers la sortie. Pas trop eu le temps de récupérer.
Quelques heures et une batterie de test plus tard, j'étais enfin dans mon p'tit lit, au chaud.
Bon, mais à part ça tout s'est bien passé, je ne suis quasiment plus enflée et j'ai déjà quasiment quitté le mode mémé-se-nourrit-de-bouillies, donc tout va bien.

Peu à peu la ville se repeuple et les gens rentrent de vacances. Ouf!

30 août 2007

Parenthèse

Je suis rentrée pour une petite semaine à Paris. 10 heures de train, un peu hard mais ça valait le coup. Je me sens bien ici. Je n'avais fait qu'y passer début août, et le départ avait été frustrant.
Le meilleur c'est que je vais rentrer à Leipzig... pour me faire retirer deux dents de sagesse. Autant dire qu'en ce moment les circonstances ne m'aident pas à me sentir bien là-bas! Alors que j'adore cette ville - et que je vais bientôt la quitter.
Mais bon, au retour LuLu sera là, ainsi que mon amoureux et quelques autres allemands (mon chirurgien dentiste aussi, ajoute ma saleté de petite voix intérieure)

J'en profite pour signaler deux nouveaux venus dans la colonne des liens. Ceux qui aiment voyager vont se régaler: Flavie est partie pour un an à Séoul, et arpente avidement la ville depuis dix jours. Yohann est au Yémen, et fait de même.
Deux blogs qui valent le coup, histoire de se dépayser un peu et d'en apprendre beaucoup sur deux pays qu'on connaît peu ici.

On dira ce qu'on voudra de cette mode des blogs, mais rien que pour transmettre des impressions et des images fortes, je trouve qu'ils valent vraiment le coup.

Et maintenant trève de bavardage, je pars retrouver Paris.
Ami(e)s parisien(ne)s, si vous êtes dans le coin, ça tombe bien, j'y suis aussi. Appelez-moi!

26 août 2007

Un soir de r'tour...

Je le craignais, le retour à Leipzig est rude.

Conséquence: j'écoute Justice à fond en mangeant mes derniers caramels au beurre salé. Et me demande ce que je vais bien pouvoir faire de ma peau ces quinze prochains jours.
Productif, non?

Si ce retour se transforme en léger blues, c'est parce que quasiment tous ceux qui ont fait mon année ici sont absents. Certains reviendront, d'autres non, mais pour l'instant quasiment PERSONNE n'est là - et ceux qui sont là sont overbookés pour les trois prochaines années. Quant à moi j'ai deux semaines devant moi avant les gros changements, et je ne m'imagine pas glander à Leipzig en attendant patiemment le retour des uns et des autres.

Donc je pense que mon retour ne va être que provisoire.


To be continued...

22 août 2007

Vacances

Prendre trois semaines de vacances, ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps...
Donc tout a commencé par trois jours à Paris. Pas beaucoup, certes, mais assez pour revoir des gens, boire des coups par-ci par-là, me balader...


Puis, une semaine à la Turballe. Rien de mieux pour se reposer, bouquiner, se baigner, bronzer, se gaver de kouign-amann et de beurre salé...


Retour à Paris pour récupérer Florian et lui montrer Paris sous un angle non-touristique. Trois jours à parcourir la ville en vélo. Autant dire que Vélib' a trouvé deux nouveaux adeptes!




Dernière étape: Bavendorf, un petit village à côté de Ravensburg (oui oui, comme les jeux Ravensburger) et du lac de Constance (non Emmanuel c'est pas la Bavière) - chez les parents de Florian. Au programme, cueillette des fruits, grillades, balades dans la région, bateau sur le lac et flemmardage tranquille dans la grande maison des parents...



On s'en va vendredi: retour à Leipzig qui promet d'être étrange puisque peu de monde sera là. Disons que ça me forcera à m'occuper de toutes ces choses que j'ai l'art de remettre au lendemain...

04 août 2007

Des photos en vrac




The End, ou presque

Je quitte Leipzig pour quelques semaines. J'y reviens fin août, pour rassembler mes affaires et partir définitivement m'installer à Dresde.
Dresde, où j'ai fini par accepter la chambre un peu bruyante. Le contact avec les gens a beaucoup pesé dans la décision: cette fois, j'ai envie d'habiter avec des gens qui me ressemblent - pas à 100%, mais un peu plus que mes coloc' de Leipzig.
J'espère avoir pris la bonne décision.

En attendant ma chambre n'a toujours pas trouvé de repreneur. Peut-on m'expliquer pourquoi les candidats sont tous des drôles d'oiseaux?
Entre la petite fille de 18 ans qui vient avec maman (et maman, du genre qui prend de la place, monopolise la conversation pendant deux bonnes heures sans laisser l'occasion à sa fifille d'en placer une), ou l'étudiante en éco, pull écossais et lunettes strictes, qui s'asseoit, mène la danse et demande au bout d'un questionnaire de 20 minutes si nous avons éventuellement des questions... bref, pour l'instant on n'est pas gâtés.

J'avoue être très égoïste: je m'en vais ce soir en train couchette, et me réjouis de ne plus avoir à répéter trois fois par jour "das Zimmer ist 17 qm gross, teilmöbliert, morgensonne..." etc.
Demain j'arrive à Paris à 9h17. Je reste trois jours chez mon frérot dans le 20ème, puis direction la Turballe une semaine (pas de mails là-bas, mais j'ai toujours mon portable français).
Le 14 je suis de retour dans la capitale pour aller chercher F. à la gare. On profitera un peu de Paris (pas trop heiss j'espère), puis on s'envolera vers Ravensburg. A moi la Schwabe, ses Käsespätzle, ses Dampfnudeln, son dialekt à couper au couteau et son Bodensee... Un coin de l'Allemagne dont je n'ai plus aucun souvenir (dernier passage dans le coin: il y a 17 ans) et que je me réjouis de revoir.

En espérant ne pas me mettre à parler schwäbisch en rentrant...

31 juillet 2007

JF, 21, étu., ch. WG a DD - ou les joies des WG-marathon

Fin du semestre oblige, il est venu le doux temps des recherches d'appartements, de chambre ou d'un repreneur pour celle qu'on s'apprête à quitter.
Qu'on se le dise: la situation à l'est de l'Allemagne est plutôt favorable aux étudiants, particulièrement à Leipzig où 20% des immeubles sont encore vides. C'est simple: il y a un choix dément pour des prix très attrayants. Je lutte un peu pour refiler ma chambre, dont le prix n'est pas au plus bas. Mais les visiteurs commencent à affluer, et je ne perds pas espoir.

En parallèle je suis moi-même visiteuse d'appart' à Dresde. Contrairement aux étudiants de Leipzig, qui vivent éparpillés autour du centre, ceux de Dresde s'entassent pour la plupart dans la Neustadt.
La Neustadt c'est un peu la Südvorstadt de Leipzig, en plus charmante.

(Heu, je m'explique: c'est le quartier étudiant, un peu bordélique, coloré, vivant et animé de la ville. Sauf qu'à Dresde tout ne se passe pas autour d'une grosse artère comme à Leipzig; on a donc l'impression de déambuler dans une petite ville-dans-la-ville vraiment jolie)

Et donc, quand j'ai appris que j'allais pouvoir habiter Dresde, tout le monde sans exception m'a conseillé de chercher une WG dans la Neustadt. Soit.
Ainsi a commencé samedi dernier mon WG-marathon.
Certaines pages web allemandes permettent de lire des annonces et de contacter directement les gens. On prend donc rdv par téléphone, et en voiture Simone.

A peine fait le premier pas dans l'appartement, vous sentez braquées sur vous une à cinq paires d'yeux qui vous toisent de haut en bas, sans en avoir l'air. On vous met à l'aise, on vous propose à boire. Vous acceptez le verre d'eau dans le gobelet en plastique, le café turc brulant auquel vous faites semblant de toucher - et rien que faire semblant ça vous carbonise déjà la gorge, la tasse de thé trop infusé... et tout cela vous donne une bonne possibilité d'examiner la salle de bains en détail, assis sur les WC, en faisant un premier bilan.

J'avais trois rendez-vous samedi dernier.
La première WG était bien trop petite, et malgré les sarcasmes de certains (se reconnaîtra-t-il?!), il est clair pour moi que quand on vit à quatre, on a besoin d'une cuisine plus grande qu'un couloir, et d'une salle de bain avec si-possible un autre éclairage qu'une lampe de bureau.
Bilan: le balcon a beau proposer une vue sympa, trop petit c'est trop petit. Schluss damit.

Tout s'est compliqué lors de la deuxième visite.
Deux garçons complètement différents l'un de l'autre m'accueillent et me font visiter. La chambre est mal décorée mais ça n'est pas bien grave - le vrai problème: elle donne sur une grosse artère bruyante. Je ne sais pas trop quoi dire. Les garçons m'entrainent dans le reste de l'appart', s'assoient dans la cuisine, on parle. Et là s'enchainent vannes, anecdotes de voyage et récits en tous genres... tout se fait spontanément, si bien que j'oublie qu'il y a une troisième coloc' que je n'ai pas encore vue. Mais si elle s'entend avec les garçons, je suis optimiste.
Bilan: la chambre est moyenne, l'appart' est correct et les coloc'... mortels.

J'enchaîne sur mon dernier RDV.
Quatre filles vivent dans cet appartement, seules deux sont présentes - dont celle qui déménage. Celle-ci, forte tête, parle bien et beaucoup. L'autre, avec qui je pourrais potentiellement vivre, ne dit rien. Les deux autres sont en vacances ou en voyage - "mais je suis sûre que vous vous entendrez bien". Mouais.
L'appart' est bien aménagé. La cuisine est absolument géniale - peinte dans tous les verts possibles et imaginables, vieux fauteuils de cinéma en guise de chaises, briques rouges apparentes à certains endroits. La chambre est grande, calme et "livrée" meublée.
Bilan: la chambre est bien, l'appart' est super et les coloc'... heu, quels coloc'? Plus ou moins inexistantes, elles présentent l'inconvénient de n'être QUE des filles (même le chat est une chatte, c'est dire).
Ce deuxième semestre m'a passé l'envie de coloc' 100% féminines. J'ai besoin de mélange et d'un peu plus de testostérone.

Les filles me disent ok tout de suite. Aujourd'hui les garçons m'ont appelée pour me dire qu'ils m'accueilleraient aussi volontiers chez eux.
Purée, je fais quoi moi?!
...

Après avoir consulté la terre entière et entendu des commentaires instructifs du genre "au final c'est quand même à toi que revient la décision" (non, sérieux?), j'ai constaté qu'il n'y a pas moyen de trancher.
Je reprends donc mon téléphone, reprends des rdv et repars demain pour Dresde. Entre deux visites je vais repasser chez les garçons pour revoir la chambre une dernière fois. Après tout, ma chambre à Paris n'était pas un modèle de calme et je m'y suis faite très vite.
Wer weiss...
(Forsetzung folgt)

26 juillet 2007

Overbookée

Ces derniers jours, dans le désordre, j'ai:
Fait du shopping avec Lucie.
Acheté un short et une mini-jupe (si si, c'est vrai).
Lu mes mails, des blogs.
Aspiré la poussière qui commençait à s'accumuler dangereusement dans ma chambre.
Pris mon petit-déjeuner avec mes coloc', mangé des Steinecke (mes brötchen préférés).
Relu les vingt premières pages de "chronique d'une mort annoncée" sur mon balcon, armée de lunettes de soleil et crème solaire.
Mangé une tartiflette made by Victor le Grenoblois.
Bu du vin blanc.
Regardé des émissions stupides avec mon amoureux, en attendant de retrouver de l'énergie.
Rangé mes cours dans des bons gros classeurs.
Mis mes Scheine sous enveloppe.
Fait tamponner mes bilans Erasmus.
Bu un latte macchiatto.

Ces prochains jours, je vais:
terminer mon livre
faire des folies culinaires
faire la fête avec les derniers Erasmus présents
aller me trouver un appart' à Dresde
aller nager au lac
acheter le dernier Harry Potter (pensée pour mes collègues de Gibert...)
appeler Uwe
dormir

Plus de doutes:
C'est les vacances!!

20 juillet 2007

Librairie, suite

En ce moment je me demande ce qui leur prend:
"Tu viens à la soirée à Montreuil demain?" (dixit JB il y a quelques semaines), "alors comme ça t'étais à paris début juillet?" (Xavier), ou encore "Je suis sur Sevran, ce serait sympa de se voir" (Lise)...
Ce à quoi j'ai patiemment répondu: "Je suis toujours à Leipzig", me demandant malgré tout si par hasard je n'étais pas en possession d'un double, errant à ma place dans Paris et sa banlieue, buvant des coups avec mes amis et dormant dans ma chambre donald duck (ne riez pas, ca n´est pas donné à tout le monde d'avoir une chambre donald avec des autocollants des joueurs des girondins de bordeaux collés à côté de la fenêtre peinte en jaune fluo... passons) .

Mais en y réfléchissant, c'est vrai que ces deux derniers été j'ai été relativement, voire complètement scotchée à Paris. Scotchée par un contrat de travail chez Gibert.
Aaaaah, Gibert...

S'il y a une période de la journée que j''aimais chez Gibert, c'était le matin, juste avant l'ouverture.
Lorsqu'on n'est pas encore bien réveillé, remonter le boulevard St Michel peut s'avérer être une épreuve. Devant l'entrée principale se massent déjà les premiers futurs clients. L'ambiance "premier jours des soldes aux galeries farfouillette" c'est quasiment quotidien chez Gibert, sans que personne n'arrive à savoir pourquoi.
On se faufile, donc, pour atteindre l'entrée du personnel, et on grimpe à son étage. Tout est calme, les escalators ne marchent pas encore. Ca sent la colle, le papier, le café chaud dans les gobelets en plastique. Des colonnes de livres fraichement livrés stationnent devant les bureaux, attendant d'être vidées.
Comme la nuit a été brutalement interrompue, on va soi-même s'alimenter en café. Fouiller ses poches à la recherche de la libératrice pièce de 50 centimes, choper des bribes de conversation, le film d'hier soir, la journée qui s'annonce longue, et toi tu fais quoi ce week-end...
... Retour à l'étage. Le gilet bleu attend bien sagement d'être sorti de son placard. On pose son café sur la table, on allume l'ordinateur.
La petite voix annonce le début des festivités. "Bonjour a tous, il est 10 heures, nous allons accueillir les premiers clients".
On savoure les dernieres minutes de répit. La librairie est encore calme, les livres apaisent ceux dont la nuit a été rude. Respirer profondément - mais non je suis pas fatiguée, mais si j´aime les gens...
Les escalators démarrent, délivrant les premières grappes de clients.
Le grand dadais-futur prépa scientifique qui vous demande d´un air angoissé combien de pages font les Métamorphoses d´Ovide, le prof de lettres classiques qui recherche Harry Potter en grec ancien, les parents bien décidés a contraindre leur mouflet a se mettre a lire en anglais, ou tout simplement ceux qui viennent sans but particulier, juste pour le plaisir de flaner entre les étageres ou pour dénicher l´occasion du siècle.
Ceux qu´on est obligé de chasser dix minutes avant la fermeture et dont on sait qu´on les retrouvera demain a la meme heure. Ceux qui recherchent ce lien si particulier qui existe entre un libraire et un client. Ceux qui veulent un livre précis, mais qui ont tout oublié du livre en question, du titre jusqu´au nom de l´auteur ("il a une couverture orange, vous voyez pas duquel je parle?") etc.
Tous ceux-la ont le don de vous faire aimer et parfois détester la nature humaine.

Mais dans tous les cas, vous n´en sortez pas indemne.

17 juillet 2007

La librairie

Extrait de "Livres Echanges", un libéblog tenu par trois libraires.
Ce post, c'est un mélange de l'expérience de mes parents, que j'ai vécue à travers eux, et de la mienne lorsque j'ai bossé en librairie. Tout à coup j'en deviendrais presque nostalgique...

Après une période faste, les vacances arrivent à point nommé. Un peu de repos pour reprendre un autre souffle, se ressourcer, repartir de l’avant. On ne peut pas dire que libraire soit un métier reposant. L’image du libraire qui lit un livre accoudé à son comptoir en attendant le lecteur qu’il saura conseiller entre deux pages de son roman n’existe pas. Ou plus. Mais a-t-elle vraiment existé ? Les cartons, les rangements, la manutention, la compta, l’inventaire, le bilan… sont-ils la raison d’être d’un libraire?

Certes non évidemment, mais ces tâches font inexorablement partie de ce beau métier. Alors parfois, qu’on le veuille ou non, la fatigue prend le dessus. Moins envie de chercher ce livre d’images pour le petit-fils de cette dame. De faire cette recherche sur le pain dans la littérature de jeunesse. De trouver le livre qui convient pour cette ado boulimique… plus l’énergie de faire l’effort. Et pourtant, c’est pour cela que j’ai fait ce métier. Pour ces moments de contacts, d’échange autour du livre. L’histoire a voulu que je travaille en jeunesse alors j’ai appris, petit à petit, à apprécier cette littérature. Parce qu’elle est riche. Parce qu’elle a un rôle à jouer dans le développement personnel de chacun. Parce que j’y trouve mon compte moi aussi à présent… Peut-être aussi parce que c’est ce que je sais le mieux faire finalement.

Mais là ce sont les vacances. Alors prendre un peu l’air. Aller voir ailleurs. Mes livres sont prêts. Quelques pavés sous le bras pour tenir le coup. (Jonathan Strange & Mr Norrell, le deuxième tome de Tobie Lolness et quelques autres… au cas où). Quitter cette ville où je connais toutes les personnes intéressées par le processus culturel. Etre libraire dans une petite ville de province, c’est un peu être le boulanger d’un quartier. Difficile après de sortir sans saluer quelques clients, habitués de la librairie. Finalement, on y prend goût aussi. Avoir une certaine forme de reconnaissance. Sentir une certaine forme d’utilité dans l’endroit où l’on vit. Mais des fois, il faut partir. Pour prendre du recul. Alors je quitte cette ville pour aller voir ce qui se passe ailleurs. Quelques amis à voir. Quelques promenades à faire. Et forcément, inévitablement, mes pas me poussent vers ces librairies que je croise au gré des villes. Librairies générales, librairies spécialisées. Peu à peu, l’objet professionnel me quitte et le plaisir revient. Tiens, ce livre est déjà sorti. On en discute un peu avec le ou la libraire et on se laisse guider. Avec le plaisir retrouvé du client, du flâneur. Car elles existent encore ces librairies indépendantes dont on prédit la disparition depuis des années. Je les croise quand je ne suis plus chez moi. Elles survivent grâce à l’engagement de leurs libraires et je n’ose imaginer qu’elles puissent disparaître. Je me promène dans ces lieux de vie, où les livres tombent des tables, non parce qu’ils sont mal rangés mais parce qu’ils vivent, encore un peu. Et peu à peu, l’envie me reprend. D’y retourner. De retrouver ma cave de libraire. Tant pis pour le soleil que je ne vois pas. Tant pis pour les cartons, le rangement et la manutention. Il y a encore tellement de livres à conseiller et à découvrir que je ne me lasse pas d’y retourner. Tant qu’on me laisse prendre des pauses de temps en temps…
Simon Roguet, librairie M’Lire Laval

Jonathan Strange and Mr Norrell, Susanna Clarke, Robert Laffont.
Tobie Lolness T02, les yeux d’Elisha, Timothée de Fombelle, Gallimard jeunesse.

15 juillet 2007

Des mots

Juste parce que j'ai retrouvé ces photos pleines de petits messages, et que je les aime bien...








12 juillet 2007

Belle Rencontre(s)!

Grâce à mon article sur l'expérience de Marion, je suis membre officielle de "Rencontres.de", le magazine en ligne franco-allemand!

C'est un journal créé par des étudiants pour promouvoir les relations franco-allemandes, tout en permettant à chaque étudiant motivé de pouvoir collaborer régulièrement. Une initiative qui prend de plus en plus d'ampleur: la fondatrice a remporté le prix du journalisme franco-allemand 2006, et le journal devient peu à peu une référence. A terme, les fondateurs aimeraient pouvoir fournir une vraie base de données à tous ceux qui veulent promouvoir l'allemand et le français dans les deux pays (et dieu sait si les deux langues en ont bien besoin).
Au-delà du journal, le journal soutient l'organisation d'évènements franco-allemands, et multiplie les appels aux dons dans ce sens.

L'article n'est pas encore en ligne, je vous tiens au courant dès qu'il le sera.
Pour les curieux: www.rencontres.de (version française et allemande)

Et merci encore Marion! (il se peut que je te recontacte bientôt, ton expérience a beaucoup intéressée les rédac'chef et ils ont plein de questions à te poser!)

11 juillet 2007

Oui, mais...

Oui, d'accord, il fait moche.
Bon, ok, j'ai bientôt des exam qui me soulent au possible.
Effectivement, j'ai un vélo fatigué et une WG fatiguante.
C'est vrai, mon amoureux a du mal à ouvrir sa jolie bouche.
Et puis les petits pépins de santé s'accumulent un peu trop en ce moment.

Mais les promenades dans le parc encore tout mouillé.
Mais les WG Tee qui savent aussi être simples.
Mais "Farine 5 Roses" à fond dans l'appart'.
Mais son grand sourire au réveil le matin.
Mais les débriefings sans fin avec Lucie.
Mais les brötchen tous chauds. Les vacances qui approchent. Les crèpes françaises et l'Apfelmuss allemande. Les dialogues stupides avec Emmanuel via facebook. Les fous rires nerveux des révisions. Dresde qui m'attend.

Alors zut.
Je tire les rideaux, j'ouvre grand les fenêtres.
Je laisse rentrer un peu d'air frais et les quelques rayons de soleil auxquels on a droit en ce moment.
Advienne que pourra!