11 février 2007

Ils m'ont manqués

Lorsqu'on a passé 20 ans dans une même ville, on s'y est attaché, on y a pris ses habitudes, et, même si l'on continue toujours à découvrir ce qui nous semblait familier, même si on continue à s'y perdre, certains endroits et certaines personnes restent des repères.

Ceux-là m'ont manqué parfois lorsque j'étais en Allemagne. Voilà une semaine que je suis rentrée, et que je les retrouve, peu à peu. Des rues, des gens, des boutiques, des objets. Tout ce qui fait ma vie parisienne, en somme.




Dommage que "Le comptoir" ait changé de proprio. Le café est devenu hyper cher et l'endroit se transforme en restau chic le soir. Ce n'est pas vraiment mon QG, mais il reste une petite adresse sympa, lorsqu'on passe dans le coin.




La rue Vitruve, où j'ai habité l'an dernier, quelques années après Barbara. Issue d'une légende urbaine, la salamandre a donné son nom au square d'à côté, et a trouvé sa place sur la façade de l'immeuble du numéro 46. Symbole de la coloc avec Nedjma, maintenant c'est devenu le fief de mon frère - et le mien, quand je n'ai pas envie de rentrer en banlieue...


Le pont des arts





Mes livres! Aaaaah, mes livres - dont on ne voit qu'une partie sur la photo, le reste étant en carton ou dans une autre bibliothèque. Eux, ils m'ont manqués du début à la fin lorsque j'étais en Allemagne. L'odeur du papier et les tranches colorées...




Heu, là je ne sais pas trop. Mon bazar quoi...




Et puis les amis, forcément. JB et Nedjma vendredi soir.


Ca, c'était pour faire voyager ceux qui sont loin, l'espace de quelques photos...

A venir: "ils me manquent". Mais comme pour éviter que cela me replonge dans un mélange de Sehnsucht et d'Heimweh, je prends mon temps...

10 février 2007

Le quotidien trépidant d'une Praktikantin

Ma première semaine de travail est derrière moi, et je trouve enfin le temps de prendre un peu de recul.

Ce stage est super intéressant, mais quel boulot ça représente... Pour ceux qui n'auraient pas suivi, je m'occupe d'organiser, sous la responsabilité de ma directrice de stage, une rencontre de journalistes français et allemands spécialisés en éducation. La rencontre aura lieu à Francfort et Lyon mi-mars.
Pour commencer, on m'a demandé de bosser sur l'aspect matériel: le transport et l'hébergement des journalistes et des intervenants (un casse-tête), voir avec chacun d'eux lequel désire intervenir, à quel propos et pour combien de temps, etc.
Ce premier boulot, ça me permet de prendre un premier contact avec les invités, de savoir qui bosse où , et d'éviter les bourdes du genre :

- Ariane, on en est où avec H.S.? Tu lui as envoyé un mail?
- H. S., c'est bien la petite débutante du Rheinischer Merkur ?
- Je dirais plutôt que c'est une journaliste de renom, une pointure en éducation, qui travaille à la F.A.Z. [Frankfurter Allgemeine Zeitung, l'équivalent du Figaro].
- Ah.
- Oui, comme tu dis.

C'est du vécu... Mais bon, j'apprends...

Bon, à part la rencontre, je m'occupe aussi, toujours avec E., ma directrice de stage, de l'actualisation de la page "Actualité" du site internet, de la revue trimestrielle publiée par le CIEP, des retombées et de la rédaction de communiqués de presse.
Ce qui signifie: réunions sur réunions, formation à des logiciels divers et variés, une cinquantaine de mails par jour, des journées qui passent très vite et me font rentrer harassée le soir.
Mais au moins, j'apprends. Et les contacts que j'ai via ce boulot sont très précieux pour la suite.

Hier après-midi j'ai enfin pu profiter de Paris. Grande balade dans le quartier latin, passage chez Gibert (alors comme ça mes anciens collègues lisent mon blog?), un petit café... ça me fait du bien.

[J'en profite pour annoncer que je me suis racheté un portable, j'ai gardé le même numéro qu'avant - par contre j'ai perdu la moitié de vos numéros, donc n'hésitez pas à me les renvoyer]

Le soir je retrouve les amis de la rigole et quelques autres pour une petite soirée très sympa à Montreuil. Si j'avais eu le temps de me faire une après-midi comme ça avant de commencer à travailler, cette semaine aurait sans doute été plus facile, et la coupure avec ma vie allemande moins brutale.
Je rentre ensuite dans le 20ème, dans cet appart' qui était le mien, et qui est maintenant celui de mon frère et de son coloc. Après une semaine chez mes parents j'avais un besoin urgent de le retrouver, de lui parler.
Le réveil a fait mal ce matin, mais peu importe...

Je vais essayer de tenir ce blog à jour, mais autant être réaliste, le temps manque pour que je m'en occupe aussi régulièrement qu'à Leipzig.
Mais promis, je ne l'oublie pas...

04 février 2007

"Partir, c'est mourir un peu. Ecrire, c'est vivre davantage."

[André Compte-Sponville]


J'ai quitté Leipzig hier après-midi. Lendemain de fête oblige, l'ambiance était plutôt joyeuse dans la WG, ça riait et parlait fort... cela m'a permis de m'éclipser rapidement. Pas envie d'au revoir larmoyants, d'effusions qui m'auraient donnée l'impression que mon départ était définitif...

Spontanément, Thomas est parti avec moi et m'a accompagnée à la gare. Thomas le meilleur squatteur de clopes et de photomatons d'Allemagne, spécialiste du stop et du "schwarz fahren", l'homme qui dit "putain" comme il respire, qui pourrait parler des heures des expressionistes allemands comme de noir désir... schön, dass du da warst...

Un passage en coup de vent à Berlin, et me voici à Paris. J'ai bien du mal à cacher ma tristesse, je suis franchement épuisée... Le retour n'est pas aussi choquant qu'au mois de décembre, mais je parle toujours "frallemand". Je regarde autour de moi et essaye de réaliser ce qui m'arrive...

Ce matin il y avait de la baguette fraîche et le libé du week-end - petite pensée pour lucie en parcourant la page télévision...
... et demain, je commence à travailler. Comme tout est allé vite...

Suite à mon petit référendum concernant l'avenir de ce blog, 7 voix se sont exprimées en faveur de sa poursuite. Combien de bulletins blancs, combien de nuls?

Peu importe. Ich schreibe weiter...

01 février 2007

Important: A vous de jouer ** Ihr seid dran!

Ce blog, je l'ai créé pour qu'il fasse le lien entre ma vie française et ma vie allemande.
Or voilà, durant trois mois je serai unterwegs, et le lien France-Allemagne sera moins évident.
La question qui se pose, c'est: dois-je laisser ce blog entre parenthèses le temps du stage, ou est-ce que je continue à l'alimenter?
Je sais qu'au fond la décision me revient, mais un blog sans lecteurs ça n'a pas de sens.
J'aimerais donc avoir votre avis à vous, famille, amis, fans, groupies de la première heure, internautes tombés ici par hasard, lecteurs assidus mais l'étant moins lorsqu'il s'agit de laisser un commentaire, découvreurs récents de ce blog...

Voyez-vous un intérêt à ce que je continue à écrire sur cette page?
Soll ich weiter schreiben, ou plutôt m'arréter-là?

Merci de me donner vos impressions, en français, en allemand ou même en Van Damme - je maîtrise les trois langues :)

30 janvier 2007

Un premier bilan

Cinq mois à Leipzig, et me voici dans ma dernière semaine allemande avant de repartir passer trois mois à Paris.
Assez de temps pour tirer un petit bilan de ce premier semestre qui s'achève...

- Ma WG: des quatre zigotos qui partagent mon quotidien, je n'en retrouverai que deux en rentrant. Markus et Tabea rentrent chez eux. Nous avons trouvé une remplaçante pour Tabea, pour Markus nous cherchons encore.
Quand à moi, j'ai trouvé deux filles qui se partageront ma chambre - et le loyer - jusqu'à mon retour.
Une WG qui a eu ses crises et ses malentendus, mais au final une vraie Wohngemeinschaft, qui a su me faciliter les choses et me faire adorer la vie à l'allemande.

- La fac: au départ totalement chaotique, et puis peu à peu les choses se sont mises en place. J'ai su apprécier, et je l'apprécierai au second semestre, les séminaires où les étudiants sont autre chose que des moutons pas réveillés. Des gens intéressés, qui participent en cours, des exposés vivants et dynamiques... ça change!
Ces petits détails rigolos... le rituel de taper du poing sur la table à la fin de chaque cours pour montrer son approbation, le Schein, étape sacrée dans la vie de tout étudiant allemand, ce système de notes de 1 à 6 (1,0 étant la meilleure note) restant parfois, malgré une relative adaptation, un certain mystère...

- Leipzig: bon, je crois que j'en ai plutôt fait le tour, même si certains quartiers périphériques me restent un peu étrangers.
J'ai pas mal galopé dans cette ville, de jour comme de nuit, courant dans le parc, déambulant tranquillement dans le centre ou errant désespérément sur la Karli à la recherche d'un döner encore ouvert à 4h du matin (finalement Lucie, ce soir-là on aurait bien pu s'appeler les Kleingeldprinzessinen, nous aussi) ... Mais il me reste un aspect à découvrir vraiment: la musique classique. Entre l'opéra, le Gewandhaus et les concerts dans les églises, j'ai du pain sur la planche à partir d'avril.

- L'allemand: dur de s'auto-juger. Mais en cinq mois, quelques erreurs sont devenues cultes et reviennent régulièrement dans les conversations ("geh in deinem Zimmer"), quand à moi j'ai récupéré les tics de langage et expressions favorites de mes coloc'.

Et eigentlich, j'espère ne pas m'en débarasser trop vite.

27 janvier 2007

Les rêveries de la promeneuse solitaire

Voilà des semaines que je ne m'étais pas baladée rien que pour le plaisir, sans but, dans cet immense parc à côté de chez moi. Depuis trois jours il neige régulièrement, beaucoup moins que dans le sud de l'Allemagne, mais le charme est bien présent.
C'était l'occasion de prendre un peu le large, de faire quelques photos, de rêver un peu, et de profiter de cet endroit magnifique.
Extraits...



24 janvier 2007

La journée franco-allemande ** der Deutsch-Französische Tag


Ah zut, j'ai oublié de vous parler de la journée franco-allemande qui a eu lieu le 22 janvier 2007.

Histoire de rattraper tout ça et parce que je me vois mal commencer maintenant un long compte-rendu, voici un lien vers un article de "rencontres", le journal en ligne franco-allemand (cf rubrique des liens), qui fait un état des lieux de cette action annuelle.
L'article est en français, mais la version allemande est disponible sur le site, lui-même bilingue - s'il y a des germanophones qui passent par ici (?) et que cela intéresse.

Pour qui, par qui, pourquoi et comment a-t-elle été créée...

Vous trouverez tout ici:

http://www.rencontres.de/RegardsCroises.194.0.html?&L=2#7894

Viel Spass!

23 janvier 2007

Tête de turc

Le froid qui s'abat sur l'Allemagne est propice aux longues après-midi de lecture...

Je suis en train de lire "Ganz unten" de Gunther Wallraff - "Tête de turc" en français. L'histoire vraie d'un journaliste allemand qui s'est mis pendant les années 80 dans la peau d'un turc, Ali, à l'aide de déguisement, postiche et fausse moustache.
Pendant plus de trois ans, Wallraff/Ali a travaillé illégalement pour une entreprise de construction, a filmé et photographié secrètement les conditions de travail inhumaines, raconté les réflexions racistes quotidiennes, les brimades voire les coups lorsque le travail ne va pas assez vite - le quotidien de centaines de milliers d'immigrés venus tenter leur chance en Allemagne.



Ce livre est effrayant, mais absolument incontournable. Traduit dans plus de trente langues, il a provoqué un scandale énorme à sa sortie. L'Allemagne n'en ressort pas grandie, mais on comprend vite que cette histoire aurait pu se passer dans n'importe quel grand pays européen.
Seulement c'est un journaliste allemand qui a eu le courage de sacrifier trois ans de sa vie...

Wallraff ne s'est pas arrété là; il a entre autres également travaillé au "Bild Zeitung" - le tabloïd le plus connu d'Allemagne, et sans aucun doute le plus vendu - sous une fausse identité pour dénoncer les abus de pouvoir et les machineries qui se trament au sein de la rédaction, et en a là aussi fait un livre scandale.
Les actions de Wallraff l'ont mené à être l'une des personnalités les plus menacées d'Allemagne, si bien qu'il est surveillé en permanence et qu'il doit changer de domicile tous les deux ans.

En tout cas, un livre à lire absolument.

18 janvier 2007

Hocus Pocus

Normalement, le hip hop et moi, ça fait 4.
Et puis l'année dernière, mon frère m'a fait découvrir Hocus Pocus: des textes drôles, bien fichus, de l'autodérision et des références à d'autres styles de musique (le jazz entre autres, comme "73 touches" ou "bombastic jazz style"). Au final, des chansons intelligentes et bien écrites.
Je n'adhère pas forcément à tout, mais l'état d'esprit est vraiment le bon.
Voici "Hip hop", un duo avec The Procussions, un morceau se moquant gentiment du style vestimentaire des rappeurs.
Le clip est le premier d'hocus pocus, je le trouve assez drôle et le clin d'oeil aux années 80 est assez génial je trouve.
Enjoy!

17 janvier 2007

"Le couronnement d'un outsider"?


Voilà, il fallait s'y attendre, les journaux allemands s'y mettent eux aussi, et sans hésiter.
En fait j'aurais très bien pu titrer ce post "A l'est, rien de nouveau", en tout cas en ce qui concerne la politique française.
Car cet article, issu du journal local "die Leipziger Volkszeitung" (erlich gesagt: une feuille de chou) est finalement très banal, en tout cas pour une française déjà imbibée de débats politiques.
Cet article, donc, retrace le parcours de Sarkozy - entre machineries politiques et petites phrases bien senties, jusqu'à l'adoubement de dimanche, porte de Versailles.
Elu à 98,1%, ça laisse songeur quand à la suite.
S. est décrit comme parfois radical vis-à-vis des étrangers, et même vis-à-vis des jeunes de banlieue, qui selon le LVZ "ne lui ont toujours pas pardonné son vocabulaire" .


En bas de page, en encadré, vous pouvez voir, entre les photos de Sarko, le Pen et Ségolène Royal - les "grands favoris" de cette présidentielle 2007.
Le Pen, est pour l'auteur à mi-chemin entre "clown politique et gourou radical". Je vous passerai les réflexions sur Royal, qui sont un panaché de tout ce que l'on trouve dans la presse française et étrangère.

Tout ça pour dire quoi, au juste?
Pour montrer l'ampleur que ça prend, ici aussi. Le LVZ, un journal local, qui consacre une aussi grande page à ce sujet, sujet lui-même repris par toute la presse allemande, c'est déjà le signe d'un certain intérêt.
On se demande ici et là si les électeurs seront aussi enthousiastes à propos du duo "Ségo-Sarko" (expression reprise littérallement) que le sont les observateurs et journalistes (FAZ), on décrit les deux protagonistes comme deux populistes voulant chacun présenter le renouveau de leur parti (Süddeutsche Zeitung).

En fait c'est assez étrange de remarquer que la presse allemande n'apporte que très peu d'originalité à ce débat. Attention, que l'on me comprenne bien: évidemment, je ne lis pas tout, et j'avance ça du haut de mon regard franco-français, dans un pays où l'on est moins porté sur le débat, ou en tout cas d'une manière différente.
Je n'oublie pas qu'il s'agit avant tout d'informer... Loin de moi l'idée de déprécier la presse allemande. J'apporte une impression générale et personnelle, c'est tout.

Auf jeden Fall, je commence peu à peu à percevoir les avantages de tout cela. Oui, j'avoue que cela fait du bien d'allumer la radio et de ne pas entendre parler de ce puit sans fond qu'est l'élection présidentielle française. Je continue à m'y intéresser, mais de loin, et ce recul fait du bien.

Pendant ce temps-là, l'Allemagne s'occupe aussi de sa propre politique, d'Edmund Stoiber qui fait des siennes, et de Henrico Frank, ce chômeur qui s'était plaint à Kurt Beck (chef du SPD, socialistes allemands) de ne pas trouver de travail. Ce à quoi Beck, agacé de voir son bain de foule interrompu, avait répondu (en gros): "Rasez-vous la barbe et je vous trouve un emploi en quinze jours".
Après moultes péripéties qui l'ont fait connaître dans tout le pays, Henrico Frank a trouvé son "Traumjob" (le job de ses rêves): il est devenu conseiller en musique punk auprès de Imusic.

Et le meilleur dans tout ça, c'est qu'il n'a pas renoncé à sa barbe.

14 janvier 2007

Comment ça, bordélique?



Je suis en train de trier... mes photos.
Réjouissez-vous, chers parents, je débarque le 3 février à Orly!

J'aime pas le dimanche

Décidément, j'aime pas le dimanche. C'est le jour où on est sensé faire tout ce qu'on n'a pas eu le temps de faire dans la semaine; en gros, toutes les corvées qu'on a remises au lendemain... Jusqu'à ce qu'elles débarquent le dimanche, comme ça, tranquillement.
M'agace, le dimanche moi.

Sinon, j'ai quand même passé un bon week-end. Ca a commencé vendredi par un petit restau italien avec des français, puis avec une soirée erasmus en fin de soirée.
Revoir les copines italiennes, croiser les partenaires de galères (ô joies de l'immatriculation), ces têtes que l'on retrouve d'une fête à l'autre, se trémousser un peu... ça fait du bien, après une pause en France.

Samedi, le temps d'émerger, la journée passe vite, trop vite. Entre un "WG Tee" (notre grande spécialité, les membres de cette coloc' sont tous de grands théinomanes) où je passe une heure à tenter d'expliquer notre système politique à Micha (pourquoi je ne voterai pas pour le vilain monsieur aux sourcils pointus à qui le journal local consacre une page entière), le Hausarbeit sur "Junge Welt" que je tente de faire avancer (pas facile), hop, il est déjà l'heure de rejoindre Franzi, Wenke et d'autres pour une petite bouffe tranquille prévue depuis des lustres. Certains ne parlent pas allemand et mon anglais est laborieux, mais la soirée est très sympa.
Meine Damen und Herren, vous avez aimé le Van Damme français/allemand, voici à présent l'allglais: anglais matiné de "und", "oder", et autres "genau" ...

Allez, promis, cet aprèm' je commence mon McCall Smith en VO.

08 janvier 2007

Génération stagiaire

Bon, et bien voilà.
Je n'y croyais pas, et cet après-midi on m'a appelée pour m'annoncer que le CIEP était très heureux de me compter parmi eux à partir de début février.

Il me reste maintenant une foule de choses à régler avant de partir: déterminer le temps précis du stage, faire une demande de convention, me trouver un sous-locataire à Leipzig, trouver éventuellement une piaule à Paris (si rien ne marche tant pis, je me taperai les 3h de transports par jour), acheter mon billet d'avion... Ca me donne déjà le vertige.

Mais je crois sincèrement que ça vaut le coup.

A suivre...

05 janvier 2007

Vendredi, folle journée

Puisque j'ai beaucoup évoqué le fameux stage pour lequel j'ai postulé, autant le faire jusqu'au bout... Un stage de 3 mois (de février à avril) au CIEP, pour organiser une rencontre de journalistes français et allemands. Sachant qu'à partir de février j'ai deux mois de vacances, ça me semblait être l'occasion de faire quelque chose de concret. Bon, ça se passe à Paris, c'est l'inconvénient, mais ça semble être une super occas' pour débuter.

Hier matin c'était l'entretien. Les deux femmes qui m'ont accueillie ont été très bien, très chaleureuses et détendues... Moi aussi je l'étais d'ailleurs, jusqu'au moment où elles me disent avec un petit sourire que si je n'y vois pas d'inconvénients, elles auraient deux petits exercices à me faire faire: une traduction (thème) et la rédaction d'un communiqué de presse.
Y voir un inconvénient, moi? Nooooooon.
Gulp.
Jusqu'ici tout se passait très bien. C'était trop beau. Bon, j'ai fait ce que j'ai pu, crevée, malade (j'ai chopé la crève avant hier) et stressée comme j'étais. Mais du coup je m'attends plus ou moins à une réponse négative. Ce qui ne me plongera pas dans le désespoir, au contraire: si ça ne marche pas je profite de ces deux mois pour voyager un peu en Allemagne, continuer à parler allemand, accueillir ceux qui veulent venir etc.

Bref: réponse la semaine prochaine.

De toute façon je n'avais pas vraiment le temps de penser à tout ça: le reste de la journée n'a été que transferts d'aéroport en gares diverses et variées. Dans le train Berlin-Leipzig, je suis quasiment seule dans le wagon: j'allonge le siège, je me mets du Billie Holiday dans les oreilles et pour la première fois de la journée, je suis bien. J'en profite pour envoyer un texto à ma coloc' en demandant si quelqu'un est à l'appart' ou pas, et si dans la négative je peux piquer de quoi manger dans le frigo. Pas de réponse, elle doit sûrement travailler.

Que nenni! A mon arrivée, Nale et Micha s'étaient planqués dans la chambre du fond et attendaient que je rentre pour me sauter dessus. Voyant l'état de fatigue dans lequel j'étais, les deux prennent les choses en main: cinq minutes plus tard mes affaires sont posées dans ma chambre, quant à moi je suis posée dans la cuisine, un verre de blanc à la main, sans trop comprendre ce qui m'arrive.
Autour de moi ça parle allemand, vite, très vite... j'écoute et je m'y remets tant bien que mal. Je raconte Paris, le nouvel an, le décalage du début. Ils me racontent leur nouvel an, la rencontre d'une future nouvelle coloc' (Tabea s'en va fin février), leurs déboires amoureux respectifs...

Je suis épuisée et commence à être "balade", ma chambre est dans un état lamentable et j'ai la flemme de défaire mes bagages.
Mais un dernier constat me sauve: c'est la fin de la journée marathon.

02 janvier 2007

"J'ai deux amours"

C'est bizarre de rentrer à Paris pour une période précise. On est là, devant son téléphone, en se demandant par qui commencer... Forcément, on veut revoir tous ceux qui ont manqué durant ces quatre petits mois. Mais allez caser une trentaine de personnes en à peine quinze jours, entre les fêtes, ceux qui sont partis, ceux qui bossent etc... Pas évident. Je me retrouve à faire ma ministre, ne me séparant plus de mon agenda...

Trèves de plaintes, c'est agréable de retrouver Paris, vraiment. J'arpente, je prends des photos (à la demandes des amis allemands), j'enchaine les cafés crème, cinés, expos, ballades...

Entre temps, il y a eu les fêtes, justement.

Noël à Nantes; après le réveillon, pas grand chose à faire dans la ville déserte, sinon aller au cinéma. Voilà les Kujawski partis se faire une toile (où Ariane découvre le mode sépia de son appreil numérique)



Puis retour à Paris, et le 31 décembre. Plutôt réussi, pour une fois! Entre un apéro chez Mélanie, un petit repas posé chez Samia avec Gaby...


(Chez Samia, c'est petit mais vraiment mignon. Et comble du snobisme...

... On voit le Sacré Coeur de ses fenètres! )

J'ai terminé la soirée à la Villette, avec mon frère et ses amis. J'ai bien aimé débarquer comme ça, un peu à l'improviste, et voir que ces garçons que je connais -pour certains- depuis très longtemps m'accueillent à bras ouverts, me servent un rhum-orange et discutent avec moi le plus naturellement du monde. (Au fait, si vous aimez le jazz-funk, faites un tour sur www.myspace.com/smossextet ). Bref, l'époque "ptite soeur de Manu" est définitivement révolue, la soirée était très sympa et détendue.

Voilà... Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter "einen guten Rutsch in 2007" (littéralement: un bon glissement en 2007).

Pour moi, l'année a commencé à Paris. Pourtant je repense déjà à meine zweite Heimatstadt, ma deuxième ville de coeur, Leipzig. Pas mal de choses m'attendent là-bas, et malgré tout je sais que Paris me manquera.

"J'ai deux amours..."

28 décembre 2006

"Je revois ces mains de ma mère agrippées sur son sac comme à sa destinée. Les mains de Dieu ne me semblaient pas plus belles. Quand j'étais toute petite et que j'avais par hasard aperçu quelque chose qui m'obsédait ou qu'une pensée terrifiante me venait, par exemple celle de la mort possible de ma mère, lorsque à cinq ans je la découvris mortelle, j'allais vers elle et le lui disais. Ma mère passait alors sa main sur mon visage, doucement, et me disait "Oublie". J'oubliais et repartais rassénérée. Avec ces mêmes mains, plus tard, elle me battait. Et elle gagnait mon pain en corrigeant des copies ou en faisant des comptes à longueur de nuit. Elle y mettait la même générosité. Elle battait fort, elle trimait fort, elle était profondément bonne, elle était faite pour les violentes destinées, pour explorer à coups de hache le monde des sentiments. Elle était fort malheureuse, mais elle trouvait son compte de bonheur dans ce malheur même parce qu'elle aimait le travail et le sacrifice, et ce qu'elle préférait à tout c'était s'oublier, s'étourdir dans des illusions sans fin. Ma mère rêvait comme je n'ai jamais vu personne rêver. Elle rêvait son malheur même, elle en parlait avec fierté, elle ne connaissait pas la vraie tristesse mais seulement la douleur, parce qu'elle avait une âme d'une violence royale qui ne se serait pas complue dans l'acceptation que toute tristesse comporte."

Je suis en train de lire "Cahiers de la guerre et autres textes" de Duras (chez P.O.L).

23 décembre 2006

Une après-midi à Paris

Passer une simple après-midi avec mes amis parisiens, rien de tel pour me remettre dans le bain. Voici donc l'équipe de "la rigole" (cf liste des liens) au complet, réunie dans notre QG dans le 11eme...




Vue de l'appart' de JB, à République


Je pars demain passer Noël à Nantes; retour prévu le 26. Mon portable français fonctionne toujours, alors n'hésitez pas...

22 décembre 2006

Jetlag

C'est vrai, il n'y a pas de décalage horaire de l'Allemagne à la France... Mais un décalage, il y en a un, et il n'a jamais été aussi évident pour moi que depuis les quelques heures qui marquent mon retour "chez moi".
Mais chez moi c'est où, en fait?
Si je pouvais répondre à cette question, je ne ressentirais pas sûrement pas ce léger spleen qui m'accompagne depuis Berlin... Ah oui, Berlin. Arrivée au terminal d'easyjet, je me rends compte avec horreur que je suis entourée de français. Ils sont absolument partout, pas moyen de les éviter comme je le fais souvent en Allemagne (bon, d'accord j'ai des potes français à Leipzig, mais c'est différent! Ce sont des gens qui eux-mêmes font l'effort de rencontrer des allemands et de ne pas s'enfermer...). Retour à berlin, donc: je laisse trainer une oreille parmi les conversations, et là, je frémis. Ce ne sont QUE des étudiants, des assistants ou des Au-pair qui rentrent chez papa-maman.
Comme moi, quoi?!
Ben oui... justement. Soudainement j'ai l'impression de me trouver au milieu d'un enclos plein de moutons clônés.
Soudainement... j'ai plus envie de rentrer. J'ai envie de les planter-là, ces nigauds de parigots, et de courir rejoindre Uwe à Kreuzberg, ou carrément de reprendre le ICE direction ma p'tite ville, Leipzig. A moi Lebkuchen, Glühwein et Stollen!

Evidemment, je n'en aurais jamais eu le cran. A l'heure où je vous écris, ça va déjà un peu mieux.
Après avoir sorti des phrases "frallemandes" d'anthologie, après avoir cherché - en vain - les 4 poubelles différentes, mes parents ont trouvé l'argument pour me faire revenir sur terre:

De la baguette fraîche, du foie gras et du champagne.

Bigre! j'avais oublié que la France a aussi ses bons côtés...

20 décembre 2006

Paris, me revoilà...

... Pour quelques jours, en tout cas. J'arrive demain à Orly, à 15h30.

En attendant, hier c'était repas de Noël à la WG, mené de main de maître par Micha, qui nous a cuisiné un repas de chez lui (Erfurt, en Thuringe): des roulades au lard avec du choux rouges et des pommes de terres rapées.


(Micha est serveur dans un restau gastronomique, ce qui explique la table hallucinante qu'il nous avait préparé...)

Markus et Tabea (qui m'ont poursuivie dans tout l'appart pour que je supprime la photo... raté!)

18 décembre 2006

Prague, un récit en trois parties

Marine a mis par écrit nos aventures praguoises, dignes d'un véritable feuilleton en trois parties.
Le premier épisode est à lire ici : http://marine-en-viree.over-blog.com
Je vous conseille d'aller faire un tour, c'est franchement très drôle...

17 décembre 2006

Marine!

Je tenais à lui passer un petit coucou sur ce blog, histoire de lui tirer encore quelques larmes (et autant vous dire qu'elles coulent à flots depuis quelques jours!)...

Marine et moi on s'est connues il y a trois ans, en prépa. Elle est venue faire son premier stage de troisième année de Sciences-Po à l'institut français de Leipzig, ça nous a donné l'occasion de nous voir plus souvent et de faire la fête ensemble... On s'est présentées nos potes, nos coloc', on s'est fait des petits voyages ensemble (Dresde, Prague...), bref on a bien profité de ces quatre mois...


Marine s'en va la semaine prochaine pour d'autres aventures, loin de Leipzig.... Je voulais donc lui faire un p'tit clin d'oeil sur mon blog, et lui dire que nos aprèm "chocolat mit Sahne et Apfelstrudel" au café Pouschkine tout comme nos soirées endiablées vont bien me manquer...

Viel Spass à Montréal, Marin!!

12 décembre 2006

"Nur im Osten geht die Sonne auf"

"Le soleil se lève seulement à l'est"


Aujourd'hui, deux françaises que je connais de loin ont présenté un exposé dans mon séminaire "Mediensystem der DDR". Un mini-évènement qui me donne l'occasion de revenir sur Leipzig et l'Allemagne en général.

Ces deux filles ont présenté leur sujet: "Werbung in der DDR" (la pub en RDA). Elles ont commencé par dire qu'elles étaient françaises, qu'elles n'avaient pas connu cette époque et que leur travail était théorique - bref, qu'elle s'excusaient par avance des erreurs qu'elles pourraient faire, et qu'elles ne voulaient blesser personne par leur regard français.
Bon, pourquoi pas.
L'exposé se basait principalement sur un livre très technique sur la pub; passons sur l'aspect archi scolaire de l'exposé qui m'a passablement agacée (très franco-français, en gros)... Au cours de leur travail les filles évoquent le quotidien concret en RDA: des publicités télévisuelles connues à l'époque, des émissions typiques, ou même des produits connus uniquement à l'est- le tout d'une façon tellement scolaire, tellement éloignée de la réalité, que j'aperçois peu à peu quelques sourires génés sur le visage des étudiants, voire des signes d'une franche hilarité. Je lis sur leur visage "aah la la, ces français, ils se font vraiment une belle idée de nous, ex-ossis [anciens habitants de l'est]"...
Et j'ai envie de leur dire que ces filles là n'ont tout simplement jamais fait l'effort de vraiment parler avec les gens d'ici, que si elles avaient un minimum fait preuve d'ouverture, elles auraient compris qu'il vaut mieux éviter d'évoquer la RDA comme on parlerait d'un pays lointain et curieux, somme toute un peu bizarre, dans un séminaire où 99% des étudiants viennent de l'est. Au final, elles n'auraient pas eu besoin de faire cette intro un peu maladroite qui a fait sourire tout le monde.
Mais je me tais, bouillant de l'intérieur, avec l'envie de me cacher sous la table... Le fait que je puisse être assimilée par les autres à ce manque d'ouverture et de tact me donne des boutons.

Quelques heures plus tard je raconte la scène à Lucie. Elle aussi vit en coloc', avec 3 anciens Ossis; mes coloc à moi sont deux anciens Ossis, deux anciens Wessis.
En discutant, nous nous rendons compte que bien que nos coloc' soient tous assez jeunes, ils ont tout de même vécu les dernières années du communisme, dans leur enfance. La RDA c'est quelque chose de très important pour eux, une période de leur vie qui ne s'effacera jamais. C'est même justement parce qu'elle appartient à la petite enfance que c'est important; car pour beaucoup, cette époque est liée à des bruits, des odeurs, au goût des biscuits, du chocolat, aux émissions de télévision pour petits... Tous ces détails que l'on retrouve dans le film "Good-bye Lenin!", et qui ont pour beaucoup une réelle valeur effective.

Le mur est tombé, et Leipzig, bien qu'ayant vécu de grosses difficultés, prend son essor et accueille des étudiants venus de toute l'Allemagne. C'est une ville dont la réputation grandit: une ville étudiante, mais aussi intéressante sur le plan culturel (deuxième plus grand salon du livre d'Allemagne, festivals musicaux, opéra...). En tant que français, on a tendance à oublier l'ancienne existence du mur lorsqu'on vit dans une telle ville, avec des étudiants finalement pas si différents de soi; et pourtant, la frontière est parfois encore présente, comme dans le genre de situations que j'ai vécu "passivement" ce matin.

Rien que pour ces choses que l'on ne peut apprendre que sur place, je suis heureuse de vivre à Leipzig, et qui plus est avec des coloc' issus de régions et de milieux différents... Grâce à eux, j'en apprend tous les jours...

10 décembre 2006

"Un soir de r'tour"

Juste un petit mot pour dire que je viens de rentrer, que tout va bien, que ça s'est super bien passé... et que je vais me coucher.
Dès que j'aurai un peu repris mes esprits, je reviens raconter mon fabuleux week-end.

A très vite!

06 décembre 2006

C'est déjà Noël


Ha ça, Noël en Allemagne ça a définitivement plus de cachet que chez nous... Les marchés de Noël regorgent de merveilles à manger et à boire (les étoiles à la cannelle, les amandes grillées, le vin chaud-cannelle, le Stollen...), de petites choses complètement inutiles telles les bougies phosphorescentes ou les coeurs en chocolat décorés avec des "Ich liebe dich" en sucre...

Bref, tout ça est très kitsch, mais il suffit de s'y balader quelques minutes pour sentir peu à peu l'ambiance du grand barbu au costume rouge. Vous ajoutez à cela les enfants qui jouent de la musique dans la rue pour se faire des sous, et on y est presque.

Il ne manque plus que la neige...

En tout cas aujourd'hui c'était la Saint Nicolas. Et comme mon coloc Micha avait été un peu lourd ces derniers jours, il en profité pour se faire pardonner: chacun s'est réveillé ce matin avec un petit sac rempli de chocolats suspendu à la poignée de sa porte... Moi qui m'était promis de me remettre à la "gesund attitude", c'est plutôt mal parti.

Oh et puis tant pis! ce genre de petites surprises, j'en aimerais bien tous les matins...

Berlin, suite

Unter den Linden, illuminé...


Soirée "gemütlich" chez Uwe...


Un café dans le Hackescher Markt

27 novembre 2006

Coup de coeur pour Kaminer

[Ce post est dédié à Julien]

Je viens de terminer un livre bien sympathique: "Ich mache mir Sorgen, Mama", de Wladimir Kaminer. J'ai découvert cet auteur à Berlin il y a 2 ans, lors de mon stage dans la librairie Marga Schoeller... et je ne l'ai plus lâché depuis.
Wladimir Kaminer est né en 1967 à Moscou, et y a vécu jusqu'en 1990. A la chute du mur, il décide de partir à Berlin avec un ami, pour l'aventure. Là-bas, il vit de petits boulots, il travaille notamment dans le théâtre grâce à sa formation d'ingénieur du son spécialisé dans le spectacle. Il est lui-même acteur et écrit à Berlin sa première pièce.

En 1998, sa première nouvelle est publiée dans le "tageszeitung", et en 2000 paraît son premier livre - celui avec lequel j'ai gonflé la terre entière :

Un recueil de nouvelles sur la vie des russes à Berlin, des anecdotes tirées de son quotidien, le tout raconté avec humour dans un style très simple. L'intérêt du livre réside dans la mise en scène des personnages, tous plus loufoques les uns que les autres, et de la relation qu'ils entretiennent avec Berlin. Très agréable à lire en allemand, parce que très simple...

Depuis, les succès littéraires se sont enchaînés pour Kaminer, avec entre autres "Militärmusik", récit de son adolescence, "Karaoke", où il raconte son expérience dans la musique, et "Ich mache mir Sorgen, Mama", où l'on fait connaissance de sa famille, notamment de ses parents eux aussi berlinois.

Mais Kaminer est un touche à tout: en plus d'écrire, il a sa propre émission de radio sur "Radio Multikulti", et organise deux fois par mois les soirées "Russendisko" à Berlin et dans toute l'Allemagne. Des soirées où se retrouvent les russes du coin, où on boit de la vodka tout en dansant sur les tubes russes du moment. J'y étais, et franchement, c'est inoubliable!

Pour ceux qui ne comprennent pas l'allemand, seuls deux livres de Kaminer ont été traduits en français: "Musique militaire" et "Le voyage vers Trulala", disponibles chez Belfond. Malheureusement, le reste se fait attendre... histoire d'achats de droits, sans doute.

Quand à ceux qui parlent allemand, même pas beaucoup, foncez... C'est grâce à cet auteur que j'ai commencé à lire dans le texte, c'est facile et drôle, vous ne le regretterez pas!

21 novembre 2006

Voyages, voyages...

Parce que bon, faut pas déconner non plus.
Leipzig est une ville définitivement sympa. Mais...



... l'envie de voyager me reprend. Ca me chatouille et ça me gratouille, j'ai envie de bouger, de voir du pays quoi.


Au programme du mois de décembre, meine Damen und Herren:


- Week-end du 30 novembre au 3 décembre: Berlin, avec Lucie. Sur place on retrouvera vraisemblablement Marine, Christophe et Alexandre... et Kreuzberg, le gigantesque appartement d'Uwe, les Currywurst, la Russendisko, Prenzlauerberg, Dussmann etc


- Week-end du 8 au 10 décembre: Prague, avec Marine et Alexandre. Depuis le temps qu'on en rêvait, c'est chose [presque] faite! Les billets de train sont achetés et la pension réservée. Le tout à des prix vraiment bon marché... On va pouvoir se faire plaisir.

Et pour finir, je m'envole le 21 décembre pour Paris... Retour début janvier à Leipzig.

En attendant ces départs je souhaite, à 23h58, même s'il n'est pas encore l'heure, m'arréter une minute pour penser à ma première et "vraie" coloc, qui a aujourd'hui 21 ans...


Joyeux anniversaire Nedjma!

19 novembre 2006

Rions un peu...

Markus vient de me montrer cette vidéo, on en pleurait presque devant l'ordinateur.
Payez-vous un bon fou rire comme ce charmant bambin...

http://www.witze-welt.de/videos/showvideo.php?id=123

13 novembre 2006

Mea culpa

Je trouvais aussi étrange que depuis un peu plus d'une semaine, aucun commentaire n'apparaisse sur mon blog.
"Soit, me dis-je, je vais moi aussi céder à la tentation du trash pour attirer des lecteurs..."

Ce n'était pas utile, je viens de voir que bizarrement la modération des commentaires a été activée, mais pas par moi. De plus, je n'ai pas été avertie par mail de l'arrivée d'un commentaire, ce qui est normalement toujours le cas.
Mmmm... étrange tout ça.
Bref, les choses devraient maintenant reprendre leur cours.
Et vos commentaires sont évidemment publiés.

Par contre, si vous constatez que vous en avez envoyé un récemment et qu'il n'apparaît pas sur le blog, s'il vous plaît, envoyez-moi un mail...

Merci!

12 novembre 2006

Paris


Aujourd'hui j'ai réservé mon billet d'avion pour mon retour à Paris en décembre.
Et depuis j'ai une gigantesque envie de hurler partout, devinez quoi: que Paris me manque.
Certains penseront "oh pauvre Ariane, pas évident de vivre loin"... et ceux-là se tromperont. Car il ne s'agit définitivement pas de Heimweh (mal du pays) ni d'un coup de blues passager, mais plus d'un manque dans un sens positif: j'adore Paris! J'y suis née, j'y ai plus ou moins grandi, j'y ai vécu, et maintenant c'est comme si un petit bout de Paris s'était incrusté défiinitivement en moi. Depuis tout à l'heure j'ai une envie compulsive de boire un petit noir dans un bistrot un peu crade, de trainer dans les petites librairies du vingtième et d'aller rendre une visite inopinée aux compères de 7L.
Cette ville je l'ai maudite, j'ai eu envie de la quitter et dieu sait si je ne regrette pas de l'avoir fait...

Mais une chose est sûre: j'y reviendrai... et pas que pour les vacances.

11 novembre 2006

Einweihungsparty: notre crémaillère

Quelques instantanés de la soirée d'hier soir, notre crémaillère officielle.

Entre 30 et 40 personnes, à boire, à manger ( entre autres: quiche lorraine + petits fours à la
française, s'il vous plaît!!), de quoi danser [vive notre immense couloir]...
Bonne soirée en somme!

Pèle-mèle: premiers squats dans le couloir, Marine, moi et Lucie 'vue aérienne' , Lucie et David...



Et voici les trois filles de la WG! Nale (au milieu), Tabea (à droite), et moi à gauche.













La soirée a dû se terminer vers 4h ce matin... Nous avons tous émergé vers 11h, et comme Tabea et Micha ont de la visite, on était 8 à la table du petit dèj. Bonne ambiance mais dur dur d'entendre autant d'allemand au réveil, surtout quand on a mal aux cheveux et qu'on a dormi 3h.
Aujourd'hui c'est journée "ruhig" pour tout le monde. Chacun bosse tranquillement dans sa chambre, musique douce et bougies un peu partout dans l'appart' pour évacuer la tenace odeur de tabac froid. Mes coloc viennent de rentrer avec de quoi faire une session Kaffee-Kuchen... Le petit goûter du dimanche aprèm.
Typisch deutsch!

09 novembre 2006

Demain j'm'y met

Après quelques semaines plutôt "coolos" (coloc power!), les choses sérieuses commencent, j'ai peu à peu un peu de boulot, les échéances se précisent. Une "Rezension" (compte-rendu critique) à rendre pour la semaine prochaine, un exposé sur "junge welt", diverses traductions, devoir de techniques documentaires pour la Sorbonne (mais que vais-je bien pouvoir leur raconter, à ces braves gens??), le tout agrémenté d'un gentil mémoire...
Je m'y met peu à peu, si si!
Et c'est bien pour ça que mardi je suis allée au concert de phoenix (agréable surprise d'ailleurs, c'est bien plus sympa en live), que ce soir je me fais une ptite soirée gad elmaleh chez lucie, et que demain soir on pend notre crémaillère en compagnie d'une cinquantaine de personnes...

Mais à part ça, promis, j'm'y met!

03 novembre 2006

Résumé des épisodes précédents

Retour sur la semaine dernière, qui fut assez chargée.
Commençons par samedi dernier, petit trip d'une journée à Dresde avec Marine, sa mère et Lucie, copine française rencontrée à Leipzig. Bon ok je suis arrivée 2h30 à la bourre, mais ça valait le coup! Dresde est toujours aussi sympa... bien qu'envahie de touristes. Une raison particulière à cette affluence: la rénovation de la Frauenkirche, terminée l'année dernière. Impressionante...

Ca c'est une rue du centre dans laquelle se tiendra le marché de Noël en décembre - tradition incontournable en Allemagne. Voilà pour un petit aperçu de Dresde.

Retour à Leipzig: le dimanche midi, la p'tite Cathoche débarquait chez moi, valise rouge et lunettes rondes, ultra motivée pour découvrir la ville. Mon coloc Micha, étudiant en géo, s'est chargé de nous faire une petite visite guidée... Très sympa!


Du coup maman m'a piqué mon appareil le temps d'un après-midi...

Voici le résultat:

Le week-end a passé vite... Après avoir arpenté la ville dans tous les sens, fait les magasins (bah oui forcément, l'hiver arrive, il faut bien s'habiller chaudement...!), visité le Museum der bildenden Künste, discuté choc des cultures avec mes coloc, c'est l'heure de rentrer pour ma ptite môman.

Le quotidien reprend ses droits dans la WG. Les cours reprennent et j'ai bien du mal à me concentrer en ce moment. Je me motive peu à peu pour m'attaquer à mon mémoire, maintenant que j'ai du temps. Le temps est de plus en plus froid, quasiment hivernal: raison de plus pour rester au chaud... et écrire.

26 octobre 2006

Parlez-vous le VanDamme?

"Ce soir, c'est soirée gemütlich at home".
"Dans une heure? Je peux pas, j'ai une Vorlesung, en plus c'est au Seminargebäude"
"Faudra que je te fasse visiter ma WG un de ces 4; en attendant, on va déjeuner à la Mensa?"
"Mangeons gesund!"

Voilà, ces phrases reflètent la maladie qui m'envahit: le syndrome Van Damme (merci Lucie d'avoir mis un nom sur ce phénomène). Le syndrome Van Damme atteint tout étudiant (français ou autre) dont le cerveau s'adapte peu à peu à la langue de son pays d'adoption.
Tout suivi?
Cela donne des conversations surréalistes entre français; un joyeux mélange de français et d'allemand, avec quelques touches d'anglais par-ci par-là... Qui parfois provoquent de joyeux fous rires, et rend nos amis allemands perplexes.

Trop witzig le Alltag à Leipzig...

Oups

23 octobre 2006

La rigole

Ah oui, au fait!
Je voulais signaler la naissance de "la rigole", un blog commun à Nedjma, Xavier, JB et moi. Soit, pour l'instant c'est un peu le fouillis, la distance entre nous n'étant pas le meilleur moyen de mettre au point un vrai-blog-sérieux-et-brillant-etc. Mais il y a déjà des choses à lire...
Vous y trouverez: des petites chroniques en tous genres (Alexandre Jardin à Leipzig, le blog de bluecosmic [qui vaut le détour, je l'avoue], l'état d'esprit de nos amis germains, etc) les BD de Xavier, et bientôt des billets d'humeur, caricatures politiques etc.
Bref, un blog à notre image: un joyeux bordel.

http://larigole.blogspot.com

Faites-y un tour, dites-nous ce que vous aimeriez y voir/lire! Ce blog veut au départ être un petit aperçu de ce qui nous tient à coeur à tous les quatre: la bd, l'écriture, l'humour, les livres, la musique, le cinéma etc. Tout est en chantier, c'est donc pour ça que tous les conseils sont les bienvenus.
Mais attention... ce n'est pas pour autant qu'il faut perdre le fil d'Ariane! Mon ptit blog à moi reste d'actualité.

Bien à vous...

Un mini-aperçu de la vie politique allemande

Petit résumé de l'état d'esprit des derniers mois...

Le pays est occupé, voyez-vous, à détruire son petit miracle politique, à savoir la fameuse "grande coalition". Celle-ci regroupe Angela Merkel, CDU (= droite catho), Kurt Beck, SPD (= social démocrate) et Edmund Stoiber, CSU (=droite très conservatrice).
C'est l'an dernier que Merkel a pris la place de Gerhard Schröder; un an, c'est la période idéale pour tirer les premiers bilans.
Pourquoi parler de miracle politique? Parce que les premiers mois de la Koalition ont passé dans une certaine euphorie. Oui, les allemands sont capables de faire des compromis pour le bien de leur pays; ensemble, ils s'attaquent aux gros dossiers, s'imposent sur la scène internationale et préparent la WM ( = WeltMeisterschaft: la coupe du monde). Cerise sur le Apfelstrudel, les allemands vont jusqu'en demi-finale, et connaissent le doux climat euphorique que chacun a pu ressentir en France en 1998. Les sociologues s'enflamment, le monde observe l'Allemagne avec sympathie, et les premiers bilans tombent: l'Allemagne peut enfin être fière d'elle-même sans basculer vers un patriotisme ambigu, les allemands oublient le mur psychologique qui existe encore dans certaines têtes, et fêtent ensemble la victoire.
Eliminée, l'Allemagne? Pas de problèmes, les allemands sont fair-play, et continuent à faire la fête. Un film est tiré de cette "grande aventure", il fait naturellement un tabac ici et montre bien l'esprit qui régnait cet été: "Deutschland, ein Sommermärchen" (= Allemagne, un compte d'été; équivalent de notre "les yeux dans les bleus").L'Allemagne semble oublier ses problèmes; Merkel jubile, serre Klinsi (Jürgen Klinsmann, entraineur de l'équipe allemande) dans ses bras.Rien de tel qu'une coupe du monde pour vous redresser dans les sondages! Mais le temps passe vite! Et "Angie" décide de s'attaquer au plus difficile: la réforme du système de santé. Après des jours d'âpres négociations, les trois piliers de la coalition affichent leur satisfaction: ils ont réussi à trouver un compromis correct. Mais très vite la belle image s'effrite: Kurt Beck commence à railler Merkel dans la presse, laquelle n'apprécie pas et rétorque par médias interposés qu'il ferait mieux de soutenir la coalition, plutôt que de travailler à sa destruction. Les petites phrases vont bon train et font le bonheur de la presse.

Et puis Gerhard fait parler de lui; hé oui, ce brave Schröder, qui s'est trouvé une place au chaud dans le "buisness", décide de publier ses Mémoires. Belle stratégie de communication: cela lui permet de mettre son nez dans le premier vrai bilan de Merkel, et de s'en donner à coeur joie. Evidemment ce brave Gerhard n'est pas satisfait du tout. L'Allemagne est-elle satisfaite de Hartz IV, sa réforme du travail ultra-libérale? Je n'en suis pas très sûre. Schröder profite maintenant de son statut de "sage" retiré de toute vie politique, et tire à vue sur l'ancienne étudiante Leipzigoise qui lui a pris son trône.
Celle-ci encaisse une enième fois, mais doit faire face à la parution d'une étude publiée récemment, révèlant l'existence d'une réelle pauvreté en Allemagne, la "Unterschicht' (= couche d'en dessous).
L'euphorie retombe en Allemagne... et Merkel a la gueule de bois.

La vie [politique] n'est pas un long fleuve tranquille...

18 octobre 2006

Premiers pas à la fac

Retour sur ces premiers jours de cours qui marquent mon entrée officielle dans la vie étudiante Leipzigoise...
Lundi, j'avais un premier cours plutôt sympa, du thème (français-allemand) ouvert aux français erasmus. RAS.

C'est mardi que les choses se sont corsées!
J'avais repéré un séminaire qui correspondait exactement au sujet de mon mémoire: "Mediensystem der DDR" (le système médiatique de la RDA); or ce séminaire a lieu le mardi à ... 7h30! Et comme je ne suis pas la seule à m'y intéresser, et qu'en plus je ne me suis pas inscrite comme les autres, j'ai dû arriver quasiment 30 minutes en avance pour être sûre d'avoir une place. Et encore! Rien n'était sûr. Si le prof s'était levé du pied gauche, j'aurais pu être virée séance tenante, sachant qu'il avait indiqué que le séminaire était réservé à 25 étudiants seulement. J'arrive donc hier à 7h à la fac, 10 personnes sont déjà assises; 20 minutes plus tard, nous sommes 40, et à 7h30 nous sommes 45. Ca se bouscule, ça s'assoit partout où ça peut. Chaotique.
Le prof arrive et ne semble pas étonné de voir 45 clampins entassés dans une salle de 25 à 7h30 du matin. Moi, je l'avoue, j'hallucine complètement. Peu à peu, il fait l'appel et se rend compte que beaucoup de gens ne sont pas présents; il coupe la poire en deux, et décide d'accepter 35 étudiants. Les premiers sur la liste d'attente ont de la chance... les autres n'ont qu'à rentrer chez eux. Au moment où ceux-là, dépités, sortent de la salle, je me lance dans mon petit speech: "monsieur... erasmus... savait pas... innocente... perdue... yeux de chiens battus..." Et ça marche! Il prend donc 35 étudiants... +1: moi! Triple ouf, ça a marché; je respire. Certaines filles qui partent me regardent de travers, je leur sors mon plus beau sourire-de-petite-étudiante-erasmus-innocente.
Le prof commence donc par se présenter, et enchaine sur ses attentes concernant ce cours. Par curiosité il demande qui a grandi à l'ouest, qui a grandi à l'est. Résultat: 3 Wessis (= de l'ouest) contre... 32 Ossis (= de l'est). Un peu plus de mélange aurait été sympa, mais sachant que Leipzig est "la" grande ville de l'est, ce n'est pas très étonnant. Le temps passe vite, et c'est déjà la fin. Les cours de 2h en Allemagne durent en fait 90 minutes... Je sors avec une bonne impression. Ce cours va me donner un sérieux coup de main pour mon mémoire.
L'après-midi, deux heures de version avec une prof française et des étudiants français et allemands. La prof est très rigolote, blague beaucoup en français, les allemands sont un peu perdus mais l'ambiance est très détendue. Travail en petits groupes sur "le parfum" de Süskind.

Mercredi matin, cours très intéressant mais qui représente un petit défi personnel pour moi: "rédaction scientifique". C'est un cours (imposé par ma fac parisienne) qui est sensé nous aider à la rédaction de nos travaux écrits; il faut savoir qu'ici, à partir de la licence, les étudiants doivent rendre pour chaque séminaire un "hausarbeit", (travail à la maison) qui varie entre 20 et 30 pages. Ce cours était donc très prisé. Rebelote: j'arrive avec ma coloc Nale 30 minutes en avance, la salle est déjà presque pleine. Une fois arrivée, la prof est obligée d'en virer au moins 15. Et moi, je suis obligée de refaire mon speech, sans les yeux de chiens battus cette fois, car la prof accepte systématiquement les étudiants erasmus. Elle nous présente le cours: c'est exactement ce qu'il me faut, car ça va m'aider à construire mon mémoire.
Premier exercice proposé: chacun écrit son prénom sur une feuille, et doit trouver pour chaque lettre un adjectif décrivant sa personnalité. En français j'aurais trouvé ça mignonnet, voire un peu niais; en allemand, c'est une autre histoire!
Deuxième exercice: faire une phrase dans un registre de langue quotidien, puis adapter cette phrase au registre littéraire, et enfin au registre scientifique. En tirer une liste de remarques sur les changements opérés. Pfiou!! Ce genre d'exercice qui parait enfantin me donne du fil à retordre, mais je ne m'en sors pas trop mal. Et je me prend très vite au jeu: après tout, il s'agit d'écrire!
Dernier exercice: remplir un tableau concernant nos précédents travaux de rédaction/recherche. Une colonne pour les problèmes scientifiques liés au sujet, une pour les peurs peronnelles liées au travail, et une colonne pour les points positifs. Pour la semaine prochaine, chacun doit produire un texte résumant ces 3 colonnes, et doit le présenter devant les autres.
En bref, ce cours est ultra efficace, on va très vite et en même temps la prof prend le temps de faire participer le plus grand nombre. Je suis sortie assez bluffée; ça contraste tellement avec nos cours français mollassons, qui au final sont tous des pâles copies de cours magistraux! Je suis sortie de ce cours avec une migraine tenace, hé oui, les cours demandent une concentration accrue pour qui n'est pas habitué à entendre un prof parler aussi vite, mais j'étais vraiment contente parce que c'est grâce à ce cours que je vais progresser très rapidement en allemand.

Aujourd'hui jeudi, me voilà partie pour un séminaire assez alléchant: Kinder- und Jugendliteratur in der DDR (littérature pour enfants et pour jeunes en rda). Commençant à sentir un peu la fatigue, je décide d'arriver à l'heure pile, et pas en avance. Erreur: nous étions 75 dans une salle de 30 personnes. Obligée de m'asseoir sur le radiateur, pendant que d'autres se sont installés... dans le couloir! Et ce pendant 1h30, pendant lesquelles on me parle d'un livre que je n'ai pas lu. Peu à peu je commence à comprendre de quoi parle ce livre, mais la prof me dit sèchement à la fin du cours qu'il ne me sera pas possible de passer un exam dans son cours, erasmus ou pas. J'ai juste "le droit" d'assister au cours, ce qui me donne 2 points ECTS au lieu de 5. Avec le recul, je me rend compte que c'est mieux comme ça: je préfère m'investir à fond dans des cours qui me concernent plus directement.
Ensuite avait lieu une Vorlesung (= un cours magistral) qui m'intéressait: Geschlechterverhältnisse in der deutschsprachigen Literatur (= les relations hommes/femmes dans la littérature de langue allemande). Les conditions sont cette fois adaptées au cours: les étudiants sont nombreux, mais le cours a lieu dans un amphi. Ouf. La prof se lance, et là c'est assez impressionant; elle parle un allemand parfait: clair, avec un vocabulaire d'une grande richesse, elle a toujours beaucoup d'humour et un charisme étonnant. Contrairement à nos profs d'amphi, elle est extrèmement disponible, souriante, et reste volontiers répondre à nos questions.
Pour l'instant, on se concentre sur les relations hommes/femmes chez Goethe; mes "collègues" de l'an dernier se demandent sûrement comment je peux encore assister à un tel cours: celui-ci est tellement mieux que les nôtres que ça ne me gène absolument pas d'étudier Goethe, surtout vu d'un angle nouveau, et avec une telle prof!

Si je devais citer une chose qui m'a frappée cette semaine, c'est la participation des étudiants. C'est à donner des complexes, vraiment! En séminaire, la prise de parole est systématique, et rend le cours mille fois plus intéressant; l'échange est réel, entre étudiants mais aussi vis-à-vis du prof.
Par contre, ce qui pose vraiment problème, c'est qu'il y a peu de cours pour beaucoup d'étudiants, d'où les séminaires bondés. Imaginez des étudiants qui se battent pour assister aux cours! On ne verrait jamais ça en France - il faut dire que la fac a plus de valeur en Allemagne que chez nous, où on a tendance à la diaboliser.

Je termine cette semaine fatiguée mais plutôt satisfaite; mais il y a un bémol, et ce bémol porte le doux nom d'ECTS (european credits transfert system), système de points que je "gagne" en cours; je dois en rapporter 30 par semestre, mais Paris 4 ne me facilite pas la tâche en m'imposant des contraintes très éloignées de la vie universitaire allemande. Heureusement les chose se mettent en place, peu à peu. Il faut être patient...
En attendant, vendredi soir a lieu la première grosse fête du semestre. Je compte bien sur cette petite sauterie pour m'aider à me détendre!

15 octobre 2006

Transition...

Ce soir j'avais envie de raconter tout mon week-end à Berlin... mais blogger, qui héberge mon blog, me joue des tours, et a méchamment effacé le début de mon récit détaillé. Pas trop le courage de recommencer... Alors j'y vais un peu en vrac:
Ptite visite à marga schoeller, la librairie où j'ai été stagiaire il y a deux ans (ça parait si loin...), balade sur le ku'damm qui décidément n'a plus grand intérêt (que des chaines: h&m, zara and co), mais qui vaut le coup ne serait-ce que pour la Gedächtniskirche (l'église du souvenir), amochée par les bombardements mais laissée telle quelle. Une autre église ultra moderne (la tour qu'on voit sur la photo) a été reconstruite juste à côté.


Quoi d'autre? Ciné et cocktails avec Uwe, expo Rembrandt à la Gemälde Galerie avec Nadine, latte macchiato of course (il faut bien trouver une alternative au café dégueu des allemands), flâner chez dussmann (le gibert de berlin), rejoindre Emilie et ses potes erasmus à Prenzlauerberg pour un restau, tranquillou... Laisser la soirée se passer, inviter les nouveaux berlinois à venir visiter Leipzig, abuser du vin blanc... Voilà ce que ça donne en fin de soirée:


Et puis rentrer chez Uwe à Kreuzberg; ce matin, dernière petite balade dans le quartier définitivement génial...


Voici le fameux photomaton à l'ancienne près de la Bergmannstr., dans lequel on peut faire 4 photos différentes... (évidemment, Uwe et moi avons remis ça; je les posterai la prochaine fois).

Malheureusement le temps n'a pas été idéal ce week-end, d'où les photos pas formidables que je vous montre. Il me tarde de revoir Berlin enneigée sous le soleil de février... ça reste un grand souvenir!

Tout a passé trop vite! Me voici à Leipzig, motivée pour aller courir avec Marine malgré le froid qu'il fait dehors (le parc est trop beau et trop grand, ce serait un crime de s'en priver), et ce soir petit dîner avec mes coloc. Avant le chaos universitaire qui commence demain... et que, j'avoue, je ne meurs pas d'envie d'affronter. Un peu peur de me planter, de prendre les mauvais cours ou de ne pas en prendre assez, peur d'entendre "c'est trop tard, on ne peut plus rien faire pour vous". Heureusement, demain la coloc envahit la Mensa (= le restau u) pour déjeuner, ce sera l'occasion de tirer un premier mini-bilan.

La suite au prochain épisode...

12 octobre 2006

Coup de coeur musical: die Kleingeldprinzessin

[ Petit clin d'oeil à Jenifer... "the" découvreuse de kleingeldprinzessin!]

Die Kleingeldprinzessin (la princesse de la p'tite monnaie, nom tiré de son expérience de chanteuse dans le métro), c'est Dota, chanteuse et guitariste, et trois jeunes musiciens berlinois. Leur musique est un savant mélange de chanson à textes, de folk, de bossa et de rythmes empruntés au rock et au reggae. Les textes sont drôles, parfois tristes, engagés, pertinents et toujours bien pensés. Le groupe n'en est qu'à ses débuts... Mais c'est vraiment un bon début!

Hier Dota était en concert à Leipzig, en duo avec son guitariste Jan Rohrbach [deuxième en partant de la gauche]; ça se passait au "Ilses Erika", un petit club en sous-sol, et à cause du cinéma alternatif qui se trouve juste au-dessus, Dota ne pouvait pas jouer avec tout le groupe sous peine de déranger la séance. Mais à vrai dire, cela n'a posé aucun problème: Dota et Jan ont assuré d'un bout à l'autre du concert, avec humour et vraiment beaucoup de talent... On a eu droit aux morceaux du nouvel album, ainsi qu'à quelques "classiques". On se rend compte rapidement que le groupe tourne énormément, et compte beaucoup sur la scène pour se faire connaître. Et ça marche: hier soir, la salle était bondée, les gens connaissaient déjà les paroles, bref: les vrais fans étaient là.

Un petit club, deux musiciens, et une becks: la recette tout simple pour passer une bonne soirée. Pour ceux qui sont en Allemagne ou qui y passeront, guettez les, ils tournent beaucoup en ce moment, et inutile de préciser que leurs concerts ne coutent vraiment pas grand chose...

11 octobre 2006

Petit tour dans "meine Stadt"... Leipzig!

Voici d'abord la Thomaskirche "by night", l'église de Bach. Il a sa statue juste à gauche de l'église, et un centre d'archive lui est dédié juste à côté; c'est l'étape touristique quasi-obligatoire.




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Le petit évènement qui a eu lieu dans le centre lors de mon arrivée: l'ouverture du nouveau Karstadt, l'équivalent des galeries lafayette. D'après les explications de ma coloc Nale, la façade du bâtiment est classée historique, mais l'intérieur était vétuste. Les travaux ont donc coûté une fortune, le résultat est assez impressionant et attire beaucoup de curieux.



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Voici la Hauptbahnhof, la gare centrale; c'est une des plus grandes d'Europe, elle est très massive, assez impressionante - ce que vous voyez n'est qu'une "petite" partie du bâtiment. A la gare, on trouve absolument tout ce qu'on veut, parce que c'est aussi un centre commercial géant, ouvert plus tard que tous les autres magasins du centre. Voilà comment on se retrouve à dire "je vais à la gare faire quelques courses"...
La gare est aussi le "point central de correspondance" (dixit la voix synthétique qui répète ça à longueur de journées dans le tram, en français s'il vous plaît), où se croisent les nombreux trams de la ville.



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Leipzig est une ville étudiante, et pour cause: voici la bibliothèque universitaire Albertina, qui se trouve à 10 minutes à pied de chez moi. Un endroit vraiment très beau et très grand, rénové dans les années 90, que Julia, coloc' de Marine, nous a fait visiter.

Voilà pour le premier aperçu!

La suite bientôt...

09 octobre 2006


Juste pour vous dire que j'ai enfin trouvé comment modifier les paramètres de ce blog... Maintenant tout le monde peut laisser des commentaires sans s'inscrire avant.
Alors, à l'instar de Marine, Gloria, Ana, Julia et moi: lâchez-vous!!

(et vive les soirées erasmus...)

04 octobre 2006

Aujourd'hui fut une journée... éprouvante.

Je savais par expérience que où que l'on soit, l'inscription dans une fac est toujours un peu chaotique; mes "collègues" seront d'accord pour dire qu'à paris IV, on est même plutôt gâtés!
Me voilà donc arrivée à 9h à la fac de Leipzig... pour en sortir à 16h!! 7 heures passées à aller de bureau en bureau au AAA (akademisches ausland amt), jusqu'à devenir folle. Dans l'ensemble, tout est plutôt bien organisé, mais pour 50 personnes, pas pour 300!! Je crois que je n'ai jamais autant poireauté en une journée. L'avantage dans tout ça, c'est ce magnifique sac gris qu'on vous donne, rempli de choses sympa et utiles telles qu'un jeton de caddie, un préservatif et... une éponge!! (ceci n'est pas une blague); l'autre avantage c'est qu'à force de faire la queue, on finit par sympathiser avec le voisin ou la voisine, et quand on ressort, on connaît déjà pas mal de monde. Que des étrangers, évidemment... J'apprend à comprendre l'allemand avec un fort accent espagnol, polonais, italien, slovène... et quand j'entend "heu, antschouldigoungue, ich habeuh nichte verstanden", je sais tout de suite que mon compagnon de galère est français!

Les français, justement, j'essaye de ne pas trop les voir et inversement (à part marine mais c'est un cas à part!), histoire de ne pas succomber à la tentation de parler et rester entre nous. Idem pour les erasmus: les soirées internationales sont très sympa et c'est une bonne occas' de faire connaissance (en plus les consos ne coûtent quasiment rien, et les endroits choisis pour faire la fête sont biens), mais l'inconvénient c'est qu'on reste entre erasmus... D'où l'avantage d'habiter en coloc avec des allemands: je parle avec eux, je fais la fête avec eux... bref, je vis avec eux. Rien de mieux pour faire des progrès. Surtout quand ils sont aussi sympas que les miens!

Après cette dure journée j'ai renoncé à tous mes plans de départ (jam session dans un club de jazz, ou boire un verre avec mes compagnes de galères italiennes...), pour finalement opter pour des spaghetti bolognaises avec mon coloc Micha, au chaud dans ma petite WG douillette.

Car oui, décidément, je me sens tellement bien dans cet appart que parfois je me surprends à ne pas vouloir le quitter...